‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 18 sur 56 · VIOLACÉES · texte numérisé non relu

VIOLACÉES

S. pubescens ( saltem in brasiliensibus speciminibus ) ; caulibus suffruticulosis , ascendentibus , debilibus y foliis inferioribus oppositis, caulinis alternis , omnibus serratis , basi acutis / stipulis brevibus, linearibus , acutis, integerrimis ; floribus parvis ; petalo inferiore late obcordato.

Ionidium parviflorum. Vent. Malm., p. -i^.—Rœm. et Scliult. , vol. V3 p. 3c)i.—Kunth]Sov. gen., vol. V, p. 3^5.— Gin. in Dec. Prçd. , vol. I, p. 3 io.

Viola paryiflora. Lin. Sup., p. 3g6 — Cav.Ic. VI, p. 21.

Description. Racine cylindrique , jaunâtre , de la grosseur d’une plume de corbeau. Tiges à peine ligneuses, longues de 8 à 16 pouces, cylindriques, grêles, faibles, ascendantes, un peu diffuses , rameuses ou très-rameuses, pubescentes, jamais sarmenteuses : rameaux alternes, très-grêles ou filiformes, un peu étalés, pubescens. Quelques-unes des Feuilles inférieures sont opposées, les autres feuilles sont alternes ; toutes portées par un court pétiole , stipulées, nombreuses, rapprochées, longues d’environ 6 à 9 l., ovales-ïancéolées, un peu obtuses au sommet, munies sur les bords de 5 à y dents aiguës , entières à leur base qui est aiguë et un peu en forme de coin, plus ou moins pubescentes sur les deux faces, d’un vert gai , diminuant de grandeur depuis la base de la tige jusqu’à son sommet-, les supérieures auxquelles on peut donner le nom de bractées à peine longues de 2 1. et velues : pétiole à peine long de 2 1., con vexe en dessous, à peine canaliculé en dessus. Stipules latérales, courtes, linéaires, aiguës, parfaitement entières, pubescentes, tantôt plus courtes et tantôt plus longues que le pédoncule. Fleurs axillaires, solitaires, longues d’environ une ligne et demie, penchées, de cou-

leur blanche. Pédoncules capillaires, pubescens , courbes au sommet, un peu roides , moitié plus courts que les feuilles inférieures, plus longs que les supérieures, sans bractées, articulés au-dessous du sommet qui est un peu épaissi , ascendans quand ils portent des fleurs, presque horizontaux quand ils portent des fruits, persistans au-dessous de l’articulation. Calice profondément 5-partite , inégal; à divisions oblongues-lancéolées , acuminées , un peu aiguës , membraneuses sur les bords , pubescentes. Pétales au nombre de cinq , évidemment périgynes : deux supérieurs ovales-elliptiques , un peu obtus, minces, glabres, à une seule nervure: deux intermédiaires irréguliers, linéaires, élargis, trinervés, terminés par une pointe particulière oblique un peu plissée et obtuse : un cinquième inférieur plus grand que tous les autres, onguiculé, pubescent en dessous, dont l’onglet , un peu large à la base et un peu canalicule , est a trois nervures ; dont la lame est large de 3 lignes , a peine longue d une ligne, en cœur renversé, fort élargie, arrondie sur les côtés et veinée. Deux Écailles très-petites, à peu près triangulaires (et non en massue) soudées àleur base, et placées entre les étamines inférieures et le grand pétale. Anthères au nombre de 5, périgynes, presque sessiles , soudées entre elles , un peu inégales , fort petites , aplaties , vertes , terminées par une membrane, ayant deux loges qui sont tournées vers l’ovaire et s’ouvrent longitudinalement; les deux anthères inférieures à peine appendiculées à leur base. Style court , courbé , épaissi au sommet, persistant. Ovaire ovoïde, glabre, renfermant 6 ovules. Capsule entourée par le calice, les étamines et les pétales qui persistent , presque globuleuse , trigone , glabre, uniloculaire , à trois valves naviculaires qui portent les semences dans leur milieu. Semences ovoïdes-globuleuses, un peu comprimées, noirâtres, luisantes, marquées au sommet d’une chalaze enfoncee. Ombilic placé un peu latéralement à l’extrémité de la semence. Tégument propre double; l’extérieur crustacé ; l’intérieur membraneux. PÉrisperme jaunâtre, charnu-succulent. Embryon droit, place dans l’axe dupérisperme et ayant à peu près salongueur : cotyledonsor i-

culaires, planes: radicule cylindrique, pluslongue que les cotylédons.

Localités. Cette espèce croît au milieu des pâturages du midi de cette partie de la province de Saint -Paul qu’on appelle Campos - Geraes. Elle fleurit en février.

Propriétés. On sait que Y Ionidium parviflorum est employé par les Espagnols-Américains pour remplacer Fipécacuanlia, Je ne sache pas que les Brasiliens en fassent usage; mais j’ai cru devoir le leur indiquer, parce qu’il peut devenir une utile succédanée dans les environs de Castro , Curitiba, et en général dans les parties les plus méridionales de la province de Saint-Paul, où l’on ne trouve ni le véritable ipécacuanha, ni Y Ionidium Ipecacuanha 3 ni Y Ionidium poayUj etc.

Observations botaniques. §1. Caractères spécifiques . — La plante du Brésil, comparée avec des échantillons authentiques qui viennent du Pérou et du Chili, présente quelques légères différences; mais elles ne peuvent constituer tout au plus que deux variétés. Ainsi les échantillons de Dombey et de M. de Hnmboldt n’ont de poils que sur les rameaux, et ces poils sont disposés sur deux rangs. Les racines de mes échantillons ne sont ni grises ni cendrées comme celles de la plante de Mutis; leurs feuilles ne sont point membraneuses; les pétales ne sont point pourpres au sommet; l’inférieur enfin n’est pas deux fois , mais trois fois plus long que le calice. — Linné fils attribuait à Y Ionidium parviflorum, des tiges un peu volubiles : -c’est une erreur qui semble avoir déjà été relevée parle silence des autres auteurs. — M. de Gingins indique les ovaires comme bilobés : il est bien évident que ceux qu’il aura eus sous les yeux avaient éprouvé quelque avortement; en effet un ovaire parfait de Violacée , ne peut être à deuxlobes, puisque la capsule s’ouvre en trois valves naviculaires qui portentles semences dans leur milieu, il arrive quelquefois à la vérité queles 3 lobes se font peu sentir dans l’ovaire des Violacées , et alors il paraît à peu près globuleux ; mais, pendant la maturation, les lobes se dessinent peu à peu et la capsule finit par présenter une forme trigone : c’est ce qui arrive pour Ylonidium parviflorum.

§ II. Affinités spécifiques. — L’existence des deux écailles, placées entre les étamines et le pétale inférieur, ajoute encoi-e aux rapports déjà si sensibles des 7. parviflorum et glutinosum , et elle ne permet pas qu’on éloigne ces deux espèces.

N. B. En démontrant ( Plantes usuelles } n° XI) la nécessité de réunir le genre Pombalia au genre Ionidium ; j’ai eu le tort de tirer mes preuves de plantes que

je n’avais pas encore décrites , et il serait possible qu’on eût eu quelque peine à comprendre la suite de mes raisonnemens. J’ai donc cru devoir revenir sur ce sujet dans la septième livraison de mes Plantes les plus remarquables du Brésil et du Paraguay , après avoir donné une description détaillée des espèces dont il s’agit.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Pétale supérieur. — 2. Pétale intermédiaire. — 3. Pétale inférieur. — 4* Écailles. — 5. Deux des anthères. — 6. Pistil.

SOLANUM PSEUDOQUINA.

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