N° XXIV
cotonneux : péclicelles solitaires ou rarement disposés deux à deux ou trois à trois, longs d’environ 3 1. , uniflores, cotonneux: une petite bractée longue de 2 L, ovale, très-concave, cotonneuse, placée à la base de chaque rameau de la grappe ou de chaque pédicelle. Poils en même temps simples et étoilés. Calice étalé, velu, persistant; à 4 folioles opposées par paire , ovales-arrondies, très -obtuses, concaves, réfléchies; deux extérieures plus petites. Pétales au nombre de quatre , hypogynes , alternes avec les divisions du calice , un peu orgniculés, obovés, très-obtus, denticulés , glabres, blancs, très-caduques. Étamines nombreuses, hypogynes, glabres, persistantes : filamens filiformes , à peine épaissis au sommet : anthères continues, immobiles, tournées vers le pistil, oblongues, obtuses, 2-loculaires : connectif presque égal dans sa longueur : loges s’ouvrant verticalement. Ovaires au nombre de deux , globuleux, d’abord très- velus, bientôt hérissés, soudés à leur base, uniloculaires , 2 -spermes ( on pourrait presque dire un ovaire unique , profondément 2 -lobé et en cœur renversé). Ovules ascendans, attachés tout au bas de la paroi du péricarpe, du côté qui regarde le centre de la fleur : cordon ombilical cylindrique, assez court. Styles en nombre égal à celui des ovaires , un peu latéraux, filiformes, glabres, persistant Stigmates en nombre égal à celui des styles, peltés, un peu échancrés d’un côté et ombiliqués. Capsules au nombre de deux, globuleuses, hérissées de poils rudes, soudées à leur base , portées par un pédicelle commun court et épais ; elles sont uniloculaires , 2 -spermes-, et s’ouvrent à leur face en une seule valve. Semences obovées, très-obtuses, munies d’un arile.
Localités. Cet arbre est commun dans la partie occidentale de la province des Mines, partie que l’on appelle Certaô. Il croît tout à la fois dans les pâturages parsemés d’arbres tortueux et rabougris ( tabuleiros cobertos ) , et dans ces bois nommés cattnigas > qui perdent leurs feuilles tous les ans.
Étymologie. Le mot Çambcàba veut dire, comme je l’explique au N°XXI1I, arbre qui fournit les rameaux propres à faire despié-
ges pour prendre le poisson. Il 11e me paraît guère vraisemblable cependant que les branches assez cassantes de l’espèce de Curatella dont il s’agit ici , aient jamais été employées à cet usage. Je présume que les Indiens se servaient principalement des tiges flexibles du Davilla rugosa ; mais les aventuriers Paulistes qui ont en grande partie peuplé le Certaô , et parlaient la Lingoa geral au moins aussi souvent que leur propre langue ; les Paulistes, dis - je , frappés de la ressemblance de la fleur du Curatella Çambaïba avec celle du Davilla rugosa qu’ils avaient vu dans leur pays, auront transporté le nom de ce dernier au Curatella y et. ensuite on aura ajouté la terminaison diminutive au nom de la liane, pour la distinguer de la plante arborescente.
Propriétés. Chez nous on lave souvent les plaies avec une décoction de quinquina : dans le Certaô ou Désert on fait un usage semblable de la seconde écorce du Çambaïba. Nous retrouvons encore ici une heureuse application des propriétés du principe astringent, et par conséquent nous ne pouvons que recommander aux Brasiliens la continuation d’une pratique que le seul hasard aura sans doute introduite parmi eux.
Observations botaniques. — § I. Caractères génériques : Calice étalé , persistant; à 4 ou 5 folioles plus ou moins arrondies , inégales. Pétales au nombre de 4 ou 5 1 hypogjnes , alternes avec les divisions du calice. Etamines nombreuses , hypogjnes, glabres, persistantes : filamens filiformes , légèrement épaissis au sommet : anthères continues avec le filet, immobiles , tournées vers l’ovaire , a deux loges qui s’ouvrent longitudinalement : connectif presque égal dans sa longueur. Ovaikes au nombre de deux , globuleux , hérissés, soudés a la base, uniloculaires, 2 -spermes. Ovules ascendans , attachés au bas de la paroi du péricarpe du côté qui regarde le centre de la fleur : cordon ombilical cylindrique , fort court. Styles en nombre égal a celui des ovaires , un peu latéraux , filiformes , persistans. Stigmates en nombre égal a celui des styles , peltés , échancrés et ombiliqués du côté qui regarde le centre de la fleur. Capsules au nombre de deux , globuleuses , hérissées , un peu soudées a leur base , portées par un pédicelle commun ( gynophore ) , uniloculaires, 2- spermes , s’ouvrant à la face en une seule valve. Semences obovées , munies d’un arile.
§ 11. De la position de l’anthère dans la famille des Dilléniacées. — Le savant auteur du Systema vegetabilium avait cru que les Dilléniacées se distinguaient des Renonculacées par des anthères tournées vers les pistils {intror sæ). S’il en est ainsi des espèces de la Nouvelle-Hollande et du Curatella , il est incontestable que les anthères des Davilla, Retracera, Empedoclea, Doliocarpus , regardent les pétales. La position de ces organes n’est donc pas plus un caractère de famille dans les Dilléniacées que dans les Magnoliées. Cependant nous devons avertir que, pour bien reconnaître la situation de l'anthère dans beaucoup de Dilléniacées , il est nécessaire de l’étudier dans le bouton, parce que plus tard on peut aisément se méprendre sur ce caractère.
§. III. Différences spécifique s. — Les Curatella Çamba'iba et Americana ont de très-grands rapports. Celui-ci cependant diffère du premier en ce que ses jeunes rameaux ne sont point cotonneux, mais rudes au toucher, et simplement pubescens tout -à-fait au sommet; en ce que les feuilles, également variables, sont plus grandes; que, des deux côtés, elles sont rudes au toucher et sans poils; que les dents sont plus larges, plus marquées, et méritent davantage le nom de crénelures; en ce que les jeunes feuilles sont pubescentes et non laineuses; en ce que les rameaux de la panicule, les bractées, les pédicelles et les calices sont simplement pubescens, les fleurs plus petites , les pétales non caduques.
EXPLICATION DE LA FIGURE
ï . Fleur un peu grossie. — 2. Pétale tr.ès-grossi. — 3. Étamine vue de face. — 4* Pistils.
ECHITJM PLANTAGINEUM.