FAMILLE DES A N ONE ES
X. caule arboreo y ramulis rufo -tomento sis foliis lanceolatooblongis y longe acuminatis 3 supra glabris } subtus senceoargenteisj pedunculis brevissimis } 3-floris / petalis ^ei ectis} exterioribus oblongo-lmearibus obtusis } interioribus dt-fjuetns , baccis paucis j subsiccisj levibus , i -valvibus.
Embira j Pindaíba. Pis. Bras. 71, ic.
Ibira. Macg. Bras. 99, ic.
Unona carminativa. Arud. Diss. 4$.
Description. Arbre assez ëleve : ramules distiques, cou\eits de poils roux , ayant sous ces poils une écorce noirâtre parsemée de points blancs. Eeuilles sans stipules, alternes, ties-i approchées, distiques, souvent réfléchies en arrière, longues de 4 à 4 pouces 1/2, larges de 9 a 10L, lancéolées-oblongues , longuement acuminées, parfaitement entières , glabres et luisantes en desssus , glauques a la surface inférieure qui paraît argentée à cause des poils blancs longs et serrés qui la couvrent : pétiole long d environ 2 lig. , convexe en dessous, canaliculé en dessus. Pédoncules axillaiies, foit courts , velus , chargés de trois à quatre fleurs et munis de bractées : bractées imbriquées, ovales, obtuses, concaves, velues . pédi— celles extrêmement courts et chargés de bractées semblables à celles des pédoncules. Poils simples. Calice profondément tiipartite, court, triangulaire, en forme de coupe, coriace, velu, roux, caduc. Pétales au nombre de six, insérés sous le gyno- XXXIII. T
phore , disposés sur deux rangs , dressés , un peu soudés à leur base, un peu pubescens, d’une couleur blanche; les extérieurs longs d’environ io lig. , larges de 2, oblongs-linéaires , obtus, resserrés au-dessus de la base qui est concave, munis d’une côte sur le dos ; les intérieurs plus courts et plus étroits , prismatiques-triangulaires , linéaires-oblongs , aigus , concaves à leur base qui est plus large, en forme de cuiller et recouvrant les organes sexuels. Gynophore mince, profond, en forme de coupe, s’élevant presque jusqu’à” sommet des ovaires qui sont renfermés dans sa cavité. Étamines attachées à toute la surface extérieure du gynophore, extrêmement nombreuses , libres mais serrées les unes contre les autres, linéaires, un peu en forme de clou, plus larges à leur sommet qui est charnu, tronqué et anguleux, à peine longues d’une demi -ligne, glabres, de couleur blanche, caduques: filamens extrêmement courts, aplatis : anthères continues, immobiles , un peu aplaties sur le dos , munies d’une côte sur le milieu de la face; les étamines supérieures très-aplaties , stériles. Ovaires au nombre de quinze environ, attachés au fond du gynophore, oblongs, anguleux, convexes sur le dos, très-velus, uniloculaires, 4 -spermes , réellement libres, mais en quelque sorte soudés par le moyen de leurs poils qui se feutrent. Ovules attachés par le moyen d’un cordon ombilical fort menu dans l’angle de l’ovaire qui regarde le centre de la fleur, disposés sur un seul rang, ascendans, petits, d’une forme ronde. Styles en nombre égal à celui des ovaires , longs d’environ 3 lig. , filiformes, un peu en zigzag, glabres, soudés en une colonne prismatique, triangulaire, épaissie à sa base qui est plus large que le sommet de la masse des ovaires. Stigmates en nombre égal à celui des styles, à peine distincts de ces derniers et terminaux. Baies attachées sur un réceptacle fort petit , très-peu nombreuses à cause de l’avortement de la plupart des ovaires, longues de 6 lig. , peu charnues, portées par un pédicule court, obovées, obtuses, lisses, à peine pubescentes, d’un rouge obscur , uniloculaires, s ou-
vraiit en une seule valve clu côté qui regarde le centre de la fleur. Je n’ai pas vu la graine.
Localité. Cette plante n’est pas très-rare dans les forets montueuses qui avoisinent Rio de Janeiro, et dans d’autres parties du Brésil. C’est au mois de novembre que je l’ai trouvée en fleurs.
Etymologie. Le mot Pindaïba 3 qui s’applique aussi au Guatteria villosissima et à d’autres arbres, est un composé de deux mots indiens : pinclaï 3 perche pour pêcher le poisson , et ïba 3 arbre à fruit (l’arbre à fruit qui produit des perches pour pêcher le poisson.) Quant au mot embira, les Brasiliens-Portugais l’appliquent à toutes les écorces dont on peut se servir pour faire des liens, et, à ce mot, ils joignent le terme portugais pour désigner les arbres qui produisent ces mêmes écorces. Dans la réalité, le mot embira n’est qu’une corruption du mot indien ibira3 qui signifie , en général , un arbre ; et il est assez vraisemblable que les premiers conquérans portugais, ayant souvent entendu les indigènes appliquer ce terme aux arbres dont l’écorce fournit des liens , auront cru qu’il n’avait pas une signification plus étendue.
Usages. Il existe dans les forêts du Brésil une foule d’arbres dont l’écorce tenace et flexible est employée par les habitans, pour faire des liens, et pourrait fournir des câbles et d’ excellens cordages. De ce nombre est l’espèce qui vient d’être décrite. Cependant il serait très-fâcheux qu’on l’employât à cet usage, parce qu’elle peut être d’une utilité bien plus grande encore (1), et qu’au lieu de la détruire , comme il faudrait le faire pour la dépouiller de son écorce , on devrait tâcher de la multiplier. En effet, ses fruits, très-aromatiques, ont Fodeur du poivre; et si leur goût n’est pas tout-à-fait
(i) Aruda fait la même observation sur son Anona carminativa , qui , comme je le dirai bientôt , ji’est probablement pas autre chose que ma plante.
aussi fort, il est peut-être plus agréable. Plus connus, ces fruits seraient certainement recherchés comme épicerie, et pourraient donner lieu à une nouvelle branche de commerce; mais les Brasiliens se sont malheureusement accoutumés à dédaigner tous les bienfaits dont la nature les a comblés , et dans la destruction des forêts, qui fait des progrès si rapides, l'arbre que je viens de faire connaître n est pas plus épargné que tant d’autres espèces précieuses qui finiront peut-être par disparaître entièrement.
Observations botaniques. -§ I. Caractères génériques du genre Xylopia —Jusqu'à présent on n’avait étudié que les fruits des différens genres de la la, ni le des Anonées, et l’on n'avait fait aucune attention à leurs pistils. C est cependant cette partie de la fleur qui , dans cette famille , paraît fournir les caractères les plus surs ; c’est elle qui doit y être considérée comme la véritable pierre de touche des associations génériques. Après avoir étudié les organes femelles des especes qui appartiennent bien réellement au genre Xylopia, j’ai tracé les caractères de ce genre de manière suivante : Calice 3 -Jide ou 3 -partitk, le plus souvent cupuhforme coriace, caduc. Pétales, au nombre de 6, insérés sous le gynophore, dèsposés sur deux ranges les extérieurs plus grands alternes avec les dm du calice ; les intérieurs triquètres , alternes avec les exteneurs toi p souvent dressés, oblongs-Unéaires , concaves a leur base qm est pl , e„0UE mince, profondément concave, en forme de coupe 0UP^j‘°^u Étamines très - nombreuses , caduques, attachées a la surface extern n gynophore, libres, très-rapprochées , linéaires un peu en .forme larves à leur sommet qui est charnu tronque et anguleux : filament lies courts, aplatis : anthères continues, immobiles, un peu p ânes a eur o • , munies d'une côte au milieu de la, face. Ovai.es assez nombreux, attaches au fond du gynophore, le plus ordinairement entièrement renfermes dans sa cavité ou ^quelquefois sortant à leur sommet, libres, oblongs, anguleux convexes sur le dos, velus, . - local aires , 4- spermes. 0 ^ascenAans attachés sur un seul rang au côté du péricarpe qm regarde h ce fleur Styles en nombre égal à celui des ovaires, soudes en une colonne piismatique-triangulaire. Stigmates en nombre égale à celui des styles a peine
llistbiets. de ces derniers et terminaux. Baies peu noln^re^f.eS tement de la plupart des ovaires, portées parmi court pedwe le peu chuin tes Zts, obtJs (ex. auct.), s’ouvrant du côté du centre de lajleur, umvalves , quelquefois o-valves ou rarement monospermes ou dupermes (ex. •)•
§ II. Du nouveau genre Anaxagorea.— Ce gynophore staminifère et eupuliforme qui enveloppe et cache des ovaires à semences parietales ; ces styles intimement soudés en une colonne triangulaire constituent, comme je le dis ailleurs, un ensemble de caractères qui, se trouvant unis dans sept espèces avec le même port et la même forme de fleurs et de fruits, exige qu’on exclue du genre Xylopia les espèces qui présentent une organisation différente. Il sera donc nécessaire qu’on revoie soigneusement toutes celles que l’on a jusqu’ici fait entrer dans ce genre-, mais en attendant qu’on se livre à ce travail indispensable, je puis déjà indiquer le Xylopia prinoïdes Dun. , comme ne pouvant rester avec les vrais Xylopia. Averti par le port de cette plante , qui n’est celui d’aucun genre connu à’Anonée (1), j’ai cru devoir faire une analyse détaillée de la fleur; et voici quel en a ete le resultat : Un calice muni d’une bractée à sa base, à peu près égal à la corolle, et divisé si profondément qu’on pourrait le décrire comme triphylle; 6 pétales oblongs dont les extérieurs un peu plus grands ; des étamines en nombre peu considérable , insérées sous le gynophore et à sa base , et soudees avec la base des pétales ; des filets fort courts; des anthères linéaires, très - aplaties , ligulées au sommet , i-loculaires , tournées en dehors, s ouvrant longitudinalement; des ovaires insérés sur un gynophore à peine sensible, soudés , très-sensiblement stipités , 1 - /oculaires , dispênnes; deux ovules attachés au fond de la loge; des styles courts , impeu soudés; des stigmates en tête; une capsule longuement stipitée, disperme , s’ouvrant du côté intérieur en deux valves. De tels caractères éloignent le Xylopia prinoïdes des autres Xylopia, peut-être plus que de tous les genres d ' Anonees . Il est évident aussi qu il ne peut pas entrer dans les genres Anona, Porcelia et A simma , dont le fruit est indéhiscent , polysperme , et où les semences sont pariétales. ( V, . Dunal , de Candoîe , etc. ) On ne peut pas non plus le placer dans le genre U varia, qui, avec des caracteres semblables , offre un péricarpe multiloculaire. Les Anonas ont, comme lui , 1 ovule dressé-, mais cet ovule est unique, et l’ensemble de leurs ovaires se change en une baie. De tous les genres d Allouées, le Guatteria est réellement celui qui se rapproche le plus du Xylopia prinoïdes , parce que la situation de f ovule y est la même que dans la plante dont il est question, et que le fruit y est stipité; mais il y a encore cette différence que , dans les Guatteria , l’ovule est solitaire au fond de sa loge, et le fruit indéhiscent. Puis donc que le Xylopia prinoïdes ne peut être admis dans aucun des genres connus , il devient absolument necessaire d en faire un genre particulier, et la formation de ce genre devient d’autant plus nécessaire, que la plante dont il s’agit, présente un caractère dont je n’ai pas encore parlé, et qui jusqu ici est unique dans les familles des A nouées. Son tégument propre ne se prolonge
(i)Ce port est si différent de celui des autres Anonëes , que la plante avait été étiquetée originairement Ochnacée dans l’herbier du Muséum. >
nullement en lames , et ne s'enfonce point dans le périsperme. J’exprime les caractères du nouveau genre de la manière suivante :
ANAXAGOREA. Calyx subtriphyllus , basi i-bracteatus, corollce subeequalis , deciduus. Petala 6, infrà gjnophorum inserta, duplici ordine disposita, oblonga ; exteriora cum laciniis caljcinis , interiora cum exterioribus alternantia, pauló majora ; omnia integerrima, carnoso-coriacea, decidua. Gynophorum vix manifestum. Stamina subnumerosa, infrà gjnophorum ejusdemque basi inserta, imis petalis subcoalita, linearia, complanata , apice ligulata (ex connectivi processu) : filamenta brevissima : antheræ continuer, immobiles, %-loculares , extrorsce, longitrorsùs dehiscentes. Ovaria haud numerosa , parva, stipitata, coalita, unilo culari a , i-sperma. Ovula i, fundo loculamenti affixa, erecta. Styli breves, subcoaliti. Stigmata capitata. Capsula longé stipitata, intus dehiscens , unilo cularis , disperma. Semina 2, fundo capsulce affixa, invicem adpressa, pjriformia, hinc convexa, inde plana. Integumentum simplex, in lamellas nullo modo productum. Umbilicus ad angustiorem seminis extremitatem terminalis. Perispermum magnum, carnosum, subrugosum. Embryo longiusculus , rectus, in basi perispermi : cotyledones plance, ovatæ : radicula iisdem longior, umbilicum sub attingens , infera.
Nomen ab Anaxagora, celeberrimo philosopho atheniensi, qui, teste Aristotele, de generatione vegetabilium disseruit.
§ Ili. D'un caractère indiqué comme général dans la famille des Anonées. — Sachant que, dans plusieurs genres de la famille des Anonees, les semences sont attachées à fa paroi du péricarpe, et raisonnant par analogie, le célèbre auteur du Systema vegetabilium avait cru pouvoir indiquer l’insertion pariétale comme un des caractères généraux de la famille. Par ce qui a été dit plus haut, on voit qu il n'en est pas ainsi, puisque les ovules sont dressés dans les genres Anona, Guatteria et Anaxagorea. 11 est au reste fort remarquable que les caractères tirés du mode d’adnexion des ovules aient moins d’importance dans les familles les plus élevées du règne végétal que dans celles d’un ordre inferieur.
§ IV. Affinités spécifiques,- synonymie. —'Le X. sericea a des rapports avec le setosa ; mais ses feuilles sont au moins deux lois plus grandes , et ont une forme un peu différente 5 les tiges sont cotonneuses et non velues ou presque hérissées, et les fleurs ont une grandeur presque double. Il me paraît évident, d’après la figure et la description de Marcgraff et surtout celles de Pison , que c’est à cette plante , et non au setosa que doivent être rapportés les synonymes de ces anciens botanistes. Je ne puis être aussi sûr de l’identité de mon espèce et de YUnona carminativa d’Aruda, parce que cet auteur n’a point décrit sa plante-, mais ce qu’il dit des lieux
où elle se trouve, et de ses usages, me porte à croire qu’elle ne diffère pas de mon espèce. Quant au X. brasiliensis Spreng. , ce n’est évidemment pas le sericea, puisqu’il a des pédoncules allongés et uniflores.
EXPLICATION DES FIGURES
ï . Calice grossi : a bractée. — 2. Pétale inférieur vu du côté de la face et un peu grossi. — 3; Pétale supérieur vu de face, id. — 4* Anthère vue de face, très-grossie. — 5. Id. , vue du côté du dos et très-grossie. — 6. Gynophore et pistils , id. : a. Gynophore : b. Ovaires : c. Styles soudés en colonne prismatique. — 7. Gynophore coupé verticalement, afin de laisser voiries ovaires : a. une des étamines attachée à l’extérieur du gynophore.
CISSAMPELOS OVALIFOLIA.
CISSAMPÉLOS A FEUILLES OVALES.
FAMILLE DES mÉnISPERMEES.
c. caulibus suffruticQsis , erectis , simplicibus J tomentosis ; foliis breviter petiolatis ovatis , apice obtusiusculis , subrepan dis, utrinque subtiisve petioloque et racemis femineis tomentosis ; corymbis masculis subternis , hispidis ; petalo femineo subdis villosiusculo.