‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 39 sur 56 · VERVEINE DE LA JAMAÏQUE · texte numérisé non relu

VERVEINE DE LA JAMAÏQUE

FAMILLE DES V E RB É N A C É E S.

V. diandra; foliis ovatis , dentato - serratis y spicis suhcarnosis ;

bracteis subulatis canaliculatis , marginibus inferne membranaceis.

Verbena Jamaïcensis. Lin. Sjst. veg. 66. — Jacq. Obs. l\ , t. 86. — JVild. Sp. i, p. ii 5. — V ell. FI. Flum. Mss.vol. i, p. 25, t. 35. — - Mart. Reis, i p. 284.

Verbena folio subrotundo , serrato \ flore caeruleo. Sloan. Hist. 17 1 , t. 107 , f. i.

Zapania Jamaïcensis. Lam. III. vol. 1 , p. 5g , JV0 255. — - Poir. Dict. VIII , p. 842.

Stacbytarpbela Jamaïcensis. Vahl. Enum. 1 , p. 206.

Noms vulgaires : Gervaô; Urgevaôj Orgibaô.

Description. Sous-Arbrisseau rameux ou très-rameux, haut de deux ou trois pieds \ dont la tige est arrondie du moins à la base, et dont les rameaux sont tétragones , Tune et surtout les autres chargés de quelques poils épars. Feuilles opposées , simples , sans stipules, nombreuses, longues d’environ un pouce et demi à deux pouces, larges de 9 à 12 1., ovales ou ovalesoblongues, légèrement aiguës ou un peu obtuses, dentées, déçu rrentes sur le pétiole, glabres en dessus, chargées en dessous de quelques poils, surtout sur les veines et les nervures : pétiole long de 4 à 6 lig. , large au sommet d’environ 2 lig., diminuant ensuite de largeur jusqu’à la base, aplati, chargé en dessous de quelques poils. Épis floraux courtement pédonculés , terminaux, un peu charnus, longs d’un demi-pied ou davantage : pédoncule et axe chargés de quelques poils \ le dernier garni

de fossettes nombreuses, alternes et allongées, sur la base des» quelles naissent des fleurs sessiles et où elles sont enfoncées latéralement : une bractée longue d’environ 3 lig-, étroite, subulée, très-aiguë, canaliculée , membraneuse à sa base sur les bords, ciliée, placée devant la fleur à la base de chaque fossette : avant le développement des boutons les bractées paroissent imbiiquées. Calice long d’environ 3 lig., tubuleux , quadridenté , un peu arqué , anguleux , chargé de quelques poils , releve de deux cotes principales qui répondent aux deux dents les plus longues , membraneux surtout entre les côtes : deux dents calicmales plus grandes et deux plus petites placées par paire entre les deux autres à la partie antérieure du calice. Corolle un peu plus longue que le calice, monopétale, tubuleuse, hipocratériforme , glabre à l’extérieur, d’un bleu-violet ou d’un bleu pâle; dont le tube arqué est velu intérieurement à son sommet ; dont le limbe est à cinq lobes profonds , deux plus grands et trois plus petits. Étamines insérées à la partie supérieure du tube , incluses , au nombre de quatre , deux fertiles et deux réduites a autant de filets greles , assez courts , velus inférieurement , glabres tout- à -fait au sommet : filamens des étamines fertiles un peu plus courts et un peu plus épais que ceux des étamines stériles : anthères 2-partites , attachées par le dos entre leurs lobes; ceux-ci divergens , disposés sur une même ligne 1 un par rapport à l’autre, et en même temps placés dans une position verticale relativement au filet, de manière que ce dernier et le lobe inférieur se trouvent parallèles. Ovaire libre , sessile , long d’environ ï lig. 1/2 , oblong , étroit , un peu aigu au sommet , aplati, glabre, 2-loculaire , à loges monospermes : cloison placée dans le sens le plus étroit de l'ovaire. Ovules oblongs , sessiles, attachés au fond de leur loge. Style sortant, grele , glabre , arqué à sa base dans le même sens que la corolle, et recourbé en sens contraire à sa partie supérieure. Stigmate en tête. Capsule entourée par le calice persistant , longue d envuon

une ligne et demie , à peine large d’une ligne , oblongue , aplatie , marquée d’un sillon sur les deux faces , parfaitement glabre , termine par la base persistante du style , se separant par le milieu en deux portions closes, ï -spermes, convexes au dos planes à la face : cloison pîace’e dans le sens le plus étroit de la capsule, et répondant à ses deux sillons. Péricarpe dur, crustacé. Semence attachée au fond de la loge , à peu près linéaire , conforme à la portion de péricarpe qui la renferme , remplissant exactement la cavité de cette meme portion, mais n’y adhérant point. Tégument propre mince, membraneux, blanchâtre. PÉrisperme nul. Embryon droit, dont la radicule aboutit à l’ombilic, et dont les

cotylédons sont linéaires, plus longs que la radicule.

Var. B ( laæa ),* cette variété se distingue parce qu’elle est plus molle; que ses feuilles sont moins serrées; qu’elles sont plus longues, plus aiguës; que les épis de fleurs sont plus allongés, les fleurs plus petites et plus pâles. De telles différences tiennent évidemment à ce que la plante a reçu moins souvent les rayons du soleil.

Localités. Le Gervaô se trouve avec une excessive abondance dans presque toutes les parties chaudes du Brésil , principalement dans celles qui furent autrefois couvertes de forets. Avec le Sida carpmifolia ( V assor a ) qui l’accompagne ordinairement , elle couvre dans les pays boisés le bord des chemins et les terrains qui avoisinent les maisons.

Usages. Cette espèce, croissant partout, a été nécessairement une des premières que les Brasiliens aient essayées dans leurs infirmités; mais, comme de tels essais ont dû être tentés dans une foule de maladies qui n’ont rien de commun entre elles, et qu’on ne manque jamais de faire honneur au remède de la guérison qui le suit , il est naturel qu’on ait fini par attribuer au Gervaô des propriétés fort différentes dans les diverses parties du Brésil. Cette plante est donc

considérée tour-à-tour comme stimulante, fébrifuge, vulnéraire, etc. , et l’on recommande à ceux qui ont reçu de fortes contusions de boire le'suc qu’on exprime de ses feuilles, ou une infusion qu’on fait avec elles. Mais, il faut l’avouer, on ne voit pas plus de raison pour ajouter foi à tant de vertus qu’à celles qu’on attribuait autrefois en Europe à la Verveine officinale. Quoi qu’il en soit , plusieurs personnes boivent avec plaisir l’infusion des feuilles de Gervaô , et en font usage en guise de thé. Il paraît qu’on s’est servi plus d’une fois de cette plante pour falsifier le thé de la Chine, et elle a même été apportée en Europe sous le nom de Thé du Brésil.

Observations botaniques. — §1. Caractère spécifique. — Les caractères que j’ai indiqués ont été fidèlement tracés d’après les échantillons que j’ai recueillis. Il ne faut pas s’étonner cependant si ma description n’est pas semblable en tous points à celles des auteurs qui ont traité de la même espèce. On doit admettre en thèse générale que les plantes qui croissent sous un grand nombre de latitudes diverses , se montrent souvent avec des différences sensibles, et parmi les espèces qui se trouvent dans ce cas, le Verbena Jamaïcensis est peut-être encore une de celles qui éprouvent le moins de variations.

§ II. Synonymie . — Il ne serait pas difficile de prouver que le synonyme de Brown cité par Wildenow ( Verbena procumbens, ramosa jjloribus majoribus ; spicis longissimis lateralibus. Jam. 116, N° i.) est plus que douteux ; mois cette discussion serait entièrement oiseuse. En général on devrait s’abstenir de citer les botanistes qui ont précédé Linné, toutes les fois que l’on trouve de l’ambiguïté dans leurs phrases et dans leurs descriptions : par là on épargnerait à ceux qui étudient des recherches qui consument un temps précieux , et dont il est impossible de deviner l’utilité.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Bractée, — ï. Calice. — 3. Corolle. — 4- La même ouverte pour montrer les étamines. - — 5. Étamine fertile. — 6. Ovaire avec la partie inférieure du style.

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VERBENA PSEUDOGERVAO.

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VERVEINE FAUX - GE R V AO. i: ■= ,

FAMILLE DES VEUBÉNACÉES.

V. tetrandra; foliis ovatis , acuminatis ^ acutissimis dentatis ; spicis haud carnosis , gracilibus ; bracteis calyce multo brevioribus; ovario i-spermo.

Nom vulgaire : Gervaô de folha grande.

Description . Sous- arbrisseau de 2 à 3 pieds \ dont la tige est rameuse et ordinairement décombante. Rameaux 4~§ones surtout au sommet, et présentant alternativement , d’une paire de feuilles à l’autre, deux faces à peu près planes et deux autres un peu canaliculées et pubescentes. Feuilles opposées, simples, sans stipules, assez nombreuses , longues de deux pouces et demi à quatre pouces, larges d’un à deux pouces, ovales, acuminées, extrêmement aiguës, rétrécies graduellement à la partie inférieure, décurrentes sur le pétiole, glabres en dessus, chargées en dessous de quelques poils peu visibles , entières tout-à-fait à leur base, garnies dans le reste de leur longueur de dents larges qui sont terminées par une petite pointe particulière fort aiguë : nervures moyennes et latérales proéminentes en dessous, laissant voir en dessus une empreinte enfoncée : pétioles longs d’environ neuf à quinze lig., plus larges au sommet, se rétrécissant graduellement vers la base, canaliculés , ciliés sur les bords ou presque glabres : une ligne transversale de poils s’étendant sur la tige d’un pétiole à l’autre. Épis floraux courtement pédonculés ou sessiles, terminaux, grêles, nullement charnus , longs d’environ cinq à huit pouces : axe 4-gone, pubescent, non marqué de fossettes. Fleurs le plus souvent assez rapprochées, sessiles ou presque sessiles, accompagnées à leur base de trois bractées qui sont subulées , légèrement pubescentes , un peu membraneuses sur les bords ; l’intermédiaire canaliculée ,

deux, trois ou quatre fois plus longues que les laterales; et n’ayant guère plus en meme temps que le cinquième ou le quart cle la longueur du calice. Calice long d’environ 5 lig., tubuleux, étroit , à peine dilaté de la base au sommet, légèrement arqué, à 4 ou plus souvent à 5 côtes , à 4 ou plus souvent à 5 dents écartées, un peu larges tout-à-fait à la base, mais bientôt étroites , aiguës au sommet, inégales entre elles, continues avec les côtes. Corolle plus longue que le calice, assez grande, tubuleuse, infondibuliforme , parfaitement glabre à l’extérieur; dont le tube est arqué et trèslégèrement pubescent à l’intérieur ; dont le limbe est plane et à 5 lobes profonds, deux supérieurs plus petits que les autres. Étamines au nombre de 4 ? toutes fertiles , incluses , glabres , insérées à la partie supérieure du tube ; deux plus grandes et deux plus petites placées au-dessous des autres : iilamens arqués : anthères cordiformes, attachées parla base entre leurs lobes; ceux-ci inégaux , très-membraneux ; connectif large. Ovaire long d’environ ï lig. ifi , porté par un court gynophore , ovoïde- oblong , aigu , aplati , parfaitement glabre , divisé en deux loges monospermes par une cloison placée dans le sens le plus étroit du péricarpe. Ovules oblongs , attachés au fond de leur loge et sessiles. Style capillaire, arqué, parfaitement glabre, élargi et en forme d’hameçon tout-à-fait à son sommet, aplati dans la partie élargie, stigmatique au bord supérieur de cette meme partie, qui est comme tronquée : un tubercule à peine sensible à la base de la partie courbée du style, et produit peut-être par la base de la troncature. Capsule entourée du calice persistant, portée par un court gynophore, longue d environ 6 lig., large d’une ligne et demie, oblongue , aplatie, striée , parfaitement glabre, terminée par la base persistante du style, marquée sur les deux faces d’un sillon qui répond a la cloison , se séparant parle milieu de celle-ci en deux portions closes, i-spermes, convexes au dos et planes à la face. Péricarpe dur, crustacé. Semence attachée au fond de la loge, à peu près linéaire, remplissant la cavité de la portion de péricarpe qui la renferme.

des exceptions; moins on en voudra souffrir, plus on en rencontrera ; et, en supprimant successivement toute alternative dans les caractères génériques, on finira souvent par arriver à l’espèce.

§ II. Caractère général de la famille des Verhénacées et de celle des Labiées , tiré de V ocule. — Si j’excepte le genre Avicennia qui, quoique trèsvoisin des Verhénacées, ne saurait pourtant être groupé avec elles (i)“, toutes les plantes de cette famille offrent comme les V. Jamaïcensis , etc., un ovule dressé et sessile au fond de chaque loge. J’ai fait l’analyse d’un nombre prodigieux de Verhénacées , et je n’ai trouvé aucune exception à ce caractère. 11 doit servir à faire distinguer cette famille des Labiées dont on a dit qu’elle ne différait nullement. Dans ces dernières , le fond de chaque loge présente presque généralement une cavité conique ; un cordon ombilical dressé, et ordinairement aplati , naît du point de la loge le plus voisin du style ; un ovule élargi au sommet péricarpique , aigu a la base , se rattache vers le tiers , le quart ou la moitié de sa longueur au cordon ombilical, et V extrémité aiguë , de ce même ovule, trouve un second point d’attache au fond de la cavité de la loge où il va s’enfoncer. Un genre de Labiées , les Salvia, présente, il est vrai , des ovules dressés ; mais ces ovules ne sont point sessiles (2).

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Calice. — 2. Corolle. — 3. La même ouverte pour faire voir les étamines. — U Style et stigmate. — 5. Coupe de l’ovaire.

(1) Dans mon second mémoire sur le Placenta central imprimé parmi ceux du Muséum , j’ai montré que les ovules de V Avicennia étaient suspendus ; j’ai fait voir que, dans ce genre, il existait un placenta central libre après la fécondation ; j’ai donné l’histoire des développemens singuliers de la semence, et j’ai prouvé qu’elle n’était pas, comme on l’avait cru, privée d’un tégument propre.

(2) J’ai passé un grand nombre d’années à réunir les matériaux d’un vaste travail sur Povaire et le fruit des Labiées, Il ne me reste plus qu’à rédiger les faits extrêmement curieux que j’ai eu occasion de recueillir.

Localité. Cette espèce croît dans les parties des provinces des Mines et de Saint-Paul, qui furent autrefois ou qui sont encore couvertes de forets. Elle se trouve dans les bois , et meme autour des habitations; mais elle n’est. pas fort commune.

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Usages. Les jeunes feuilles de cette plante froissées entre les doigts sentent mauvais. Cependant quelques personnes, frappées de sa ressemblance avec le véritable Gervaô , ont essayé de s’en servir églement pour remplacer le thé ; mais la boisson qu elle fournit n’a rien qui flatte le goût.

Observations botaniques. — §1. Du genre Stachjtarpheta. Toüsle

nistes savent que, sous le nom barbare de Stachjtarpheta, on a separe des Verveines les espèces qui présentent un axe forai charnu et allonge, 2 étamines fertiles et x stériles, enfin un fruit à deux loges. Si .prenant ces caractères pour pierre de touche, je veux savoir auxquels dés eux g Verhena et Stachjtarpheta je dois rapporter la plante décrite plus tau et nue je commence par examiner 1 axe des fleurs , je dirai . nia p . est un Verhena, puisque son axe n’est ni charnu , ni marqué de fossettes. Si ensuite j’observe le nombre des loges de l’ovaire et du fruit, il faudra que j’en fasse un Stachjtarpheta. Elle redeviendra un Verhena pour peu que ,e compte ses étamines fertiles qui sont au nombre de quatre. Enfin ,e serai tente d’en faire un Stachjtarpheta si jeneconsulle que sa ressemblance pnrlicu icr avec le V. Jamaicensis; mais je préférerai la réunir au V erbena ^ pour peu nue le la compare avec la série des plantes qu’on a laissées parmi les Verveines . . Voill donc une espèce qui peut être également revendiquée par ’ es=; Verbena et Stachjtarpheta , et qui prouve par conséquent que le dememto ment des Ve, ve/, tes, désignésouslenomde.W^ hj, un autre observateur l’avait déjà pensé, être raisonnablement admis (,).

U Le botaniste doit tout voir et tout décrire! mais il n est pas necessaire qud sionale chaque modification par une coupe nouvelle. Les genres de Linné e de Jussieu largement tracés, quoiqu’en général très-naturels, admettent sans pe

(0 M. Martius paraît être de I. même opinio» , puisqu’il a indiqué lo V. Janatcenü, par ta noin linuéen. „

TROPÆOLUM PENTAPHYLLUM.

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