‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 40 sur 56 · CAPUCINE A CINQ FOLIOLES · texte numérisé non relu

CAPUCINE A CINQ FOLIOLES

FAMILLE DES GÉEANIACÉES.

T. foliis peltato - digitatis ; foliolis 5 ovatis ovato- ve lanceolatis , petiolulatis; petalis duobus y laciniis calj cinis brevioribus, ovatis, obtusis, integerrimis.

T. pentaphyllum. Lam. Dic. I, p. 6o5. — Illustr. t. 177. — fVilld. Sp. ii, p. 299. — Vers. Sjnops. 1 ,p. 4.0 5.—™Dc. Prodr. 1 ,

Nom Portugais : Chagas cia Miuda.

Description. Herbe très-glabre, à tiges volubiles, très-hautes, rameuses, cylindriques, faibles. Feuilles d’environ un pouce de diamètre, digitées : folioles au nombre de 5, pétiolulées, ovales ou ovales-lancéolëes, légèrement crénelées, et marquées de points pellucides lorsqu’on les regarde avec une forte loupe, aiguës, inégales ; les deux inférieures plus petites, la supérieure plus grande que les autres : pétiole long d’environ un pouce : pétiolules longs d’environ une ligne, aplatis. Pédoncules axillaires, solitaires, uniflores , courbés de diverses manières. Calice long d’environ 12 à i5 lignes, divisé en cinq segmens, irrégulier, terminé par un long éperon; segments longs d’environ 5 lignes, aigus, légèrement glanduleux au sommet, marqués de 5 nervures, colorés de vert et de rouge; le supérieur linéaire-lancéolé , étroit; les deux intermédiaires ovales-dentiformes, obliques; les deux inférieurs ovales; éperon long d’environ 9 lignes, tubuleux, d’environ 3 lignes de diamètre, graduellement aminci depuis sa base jusqu’au tiers de sa longueur, rétréci ensuite tout à coup, recourbé en haut à sa base, obtus, rouge. Pétales au nombre de 2, insérés au sommet du tube du calice, alter-

nes avec le segment supérieur, opposés aux organes sexuels, longs <T environ ï à 2 lignes, unguicules, ovales, obtus, tres-entiers. Etamines au nombre de 8, hypogynes, legerement soudees entre elles à leur base , inégales : filamens longs d environ 3 lignes, plus ou moins aplatis à leur base, subulés : anthères percées à leur base d’une fossette profonde, attachées dans le fond de cette fossette, mobiles , largement elliptiques, tronquées à leur base , légèrement émarginées et obtuses a leur sommet, aplaties, 2-loculaires , presque inéquilatérales. Nectaire nul. Ovaire paitage piesque jusqu à 1 axe central en 3 lobes inégaux obtus, 3-loculaiie, renfermant 3 ovules; péricarpe épais. Ovules axiles dans chaque loge , suspendus, obtus des deux côtés. Style a trois cotés, tiifide au sommet; segments continus avec les côtes, aigus, alternant avec les lobes de l’ovaire. Stigmates au nombre de 3, terminaux, à peine visibles.

Localités. Cette plante se trouve dans les lieux sablonneux des provinces Cisplatine et Rio- Grande do Sul. Elle fleurit depuis le mois d’août jusqu’au mois de décembre.

Propriétés. Le Brésil, si riche en plantes purgatives et fébrifuges, ne présente qu’un nombre extrêmement petit d’anti - scorbutiques. Nous croyons donc devoir indiquer aux Brasiliens le Tropœolum pentaphjllum . A la vérité , il ne croît point naturellement au nord de la province de Rio - Grande y mais nous pensons qu’on pourrait l’élever facilement dans les parties élevées de plusieurs autres provinces plus septentrionales. 11 deviendrait une très-jolie plante d agrément, et pourrait surtout former d’élégans berceaux.

Observations botaniques. — § I. Caractères du genre Tropœolum . Calice à cinq divisions, irrégulier, terminé en éperon au-dessous de la division inférieure, coloré, caduc j éperon libre, s’entrouvrant au-dessus des organes sexuels. Pétales au nombre de 5 , rarement au nombre de 2 , alternant avec

les divisions du calice, inégaux , caducs; les deux supérieurs éloignés des inférieurs, insérés sur le calice. Étamines au nombre de 8 , hypogynes , libres: filamens subulés; anthères mobiles, biloculaires. Nectaire nul. Ovaire 5lobé 3-loculaire, à loges monospermes. Ovules attachés à l’axe central, suspendus. Style à trois côtes, trifide au sommet. Stigmates au nombre de trois, terminaux, à peine visibles. Fruit à trois coques spongieuses, indéhiscentes. Tégument adhérent au péricarpe. Périsperme nul. Embryon droit : cotylédons très - distincts et demi - orbicuîaires dans Fovule non encore mûr ; plus tard ovales et munis à leur base de deux oreillettes; enfin soudés entre eux après la maturité de la graine , et pourvus alors de deux oreillettes trèssaillantes au -dessous du collet, épaisses, dentilormes, rapprochées mais libres , et renfermant au milieu d’elles une radicule supérieure tournée vers

l’ombilic.

§ IL Du disque dans le genre Tropœolum. On attribue au genre Tropœolum un disque ou nectaire chargé des étamines , et l’on a demandé si ce disque n’était point périgyne. Nous avons reconnu que ce disque n’existait point, et que les étamines étaient simplement insérées sous l’ovaire.

§ III. Du nombre des pétales dans le Tropœolum pentaphjllum. Si l’on ne trouve que deux pétales dans le T. pentaphjllum , ce n’est point, comme on paraît l’avoir cru , qu’il y en ait trois qui tombent plus promptement que les autres. Dans le bouton, comme dans la fleur, nous n’avons trouvé que deux pétales.

§ IV. De la préjloraison dans le genre Tropœolum. Dans le Tropœolum pentaphjllum la préfloraison des divisions du calice est valvaire, cestà-dire, que ces divisions se touchent simplement par leurs bords sans se recouvrir mutuellement. Cette disposition est remarquable en ce quelle ne se retrouve pas dans les autres espèces du même genre que nous avons eu occasion d’examiner (T. majus, minus, peregrinum, tuberosum ) : dans toutes celles ■ ci ( comme dans toutes les Géraniacées proprement dites ) la préfloraison du calice est cette modification de la préfloraison imbriquée que M. de Candolle a nommée quinconciale : deux divisions sont extérieures, deux intérieures, la cinquième intermédiaire. L’éperon se montre d’abord comme une bosselure sous le calice, et s’allonge graduellement. Dans le bouton encore très-jeune on trouve les anthères déjà bien formées et dressées; mais les filets , droits également, sont extrêmement courts. La correspondance qui a généralement lieu dans le développement des filets, et dans celui des pétales, se fait

remarquer clans ce genre. Les petales en effet paraissent sous la forme de lames ou de filets membraneux, d’abord à peine perceptibles, long-temps trop petits pour se joindre par leurs bords (de même cjue cela a lieu dans les Géranium , les Malvées , etc.). Lorsqu’ils ont acquis assez de largeur pour s’imbriquer (par exemple dans le T. majus), ce sont les deux pétales insérés sur l’éperon qui recouvrent les trois autres, dont la préfloraison est tordue. Observons que ce sont ces trois derniers pétales qui , ordinairement plus petits , avortent quelquefois complètement, notammentdans l’espèce qui nous occupe. Observons encore que les pétales extérieurs dans la préfloraison répondent ici aux divisions extérieures du calice : c’est une loi qui paraît générale. Dans les espèces de Tropœolum , où les pétales sont grands, ils se présentent irrégulièrement chiffonnés à leur sommet avant la floraison : quelques auteurs avaient , pour designer cette disposition, proposé le nom de préfloraison chiffonnée ( prcefloratio corrugata). Mais ce doit être la situation relative des pétales dans le bouton qui constitue la préfloraison, et non l’apparence de chaque pétale en particulier; et en conséquence ce mode et ce nom ne nous paraissent pas devoir être admis. Quant au T. pentapliyllum , ses deux pétales, qui ne se touchent par leurs bords à aucune époque, se montrent dans le bouton chacun plissé sur lui-même dans sa longueur. A l’époque où la fleur s’ouvre, les pétales s’étalent : ils ont acquis leur parfait développement, ainsi que les filets que nous avons vus primitivement dressés et qui se recourbent alors. La déhiscence des anthères a déjà eu lieu.

ï. Fleur entière vue en dessus. — 2. Fleur vue de profil et coupée longitudinalement. — 3. Anthère. — 4* Coupe longitudinale de l’ovaire.

COCCULUS PLATYPHYLLÁ.

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COCCULUS A LARGES FEUILLES.

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