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OXALIS RAMPANT

FAMILLE DES GÉRANIACÉES.

O. caulibus prostratis j radicantibus, ramosi s, foliosis , hirtellis y foliis 3-foliatis ; foliolis subsessilibus , laie ob cordatis , ciliatis y pedunculis axillaribus , subbijloris, pilosis ; staminibus glabris ; pistillo intermedio ; capsulâ columnari , pubescente.

O. repens. Thunb. Ox. ii ,t. i , f. 5. — Jacq. Ox. n° n,t. 78, f. i. — Dc. Prodr. 1 , p. 698.

Noms vulgaires : Aredinha; Frero.

Usages des Oxalis en général et leur nom vulgaire. Tout le monde sait que les feuilles d’un très-grand nombre d 7 Oxalis sont douées d’une acidité dont la médecine peut tirer un parti utile. Cette qualité n’a point échappé aux Brasiliens , car ils emploient avec raison l’ Oxalis dans les fièvres ataxiques {malinas). On sent qu’il est impossible que les nombreuses espèces qui croissent au Brésil n’aient pas été souvent confondues; que, présentant les mêmes vertus, elles n’aient pas été appliquées indifféremment aux mêmes usages , et que, par conséquent, le nom vulgaire Aredinha , qui doit signifier proprement petite plante acide , ne soit pas devenu une sorte de nom générique.

Nous nous contenterons de décrire ici trois espèces, Y Oxalis repens , qui est particulièrement employé dans le district des Diamants , non-seulement sous le nom d’ Aredinha, mais encore sous celui de Frero (trèfle) ; l’ Oxalis fulva :$ dont les feuilles sont d’une extrême acidité ; enfin l’ Oxalis cordata,, sur laquelle nous n’avons point cherché à vérifier cette qualité, mais qui intéressera les botanistes par la forme particulière de ses feuilles.

Description. Racine noirâtre , émettant plusieurs tiges couchées , rampantes, fines, souvent rameuses, chargées de feuilles, hérissées de quelques poils, d’un rouge pourpré. Feuilles nombreuses : folioles longues de 2 à 4 lignes, larges de 4~6 lignes, très-courtement pétiolulées , largement ohcordées, ciliées, glabres ou plus rarement parsemées de quelques poils en dessus, velues en dessous : pétiole long d’environ 8 à 12 lignes, presque filiforme, hérissé de quelques petits poils, dilaté et membraneux à la hase, articulé au-dessus de la partie dilatée. Pédoncule axillaire, tantôt plus long, tantôt plus court que le pétiole, uniflore et articulé au-dessus du milieu ou biflore, pourvu de deux à quatre bractées insérées au - dessous de l’articulation ou des pédicelles géminés : bractées longues d’environ 1 1/2 ligne , linéaires - subulées , étroites, couvertes de poils couchés. Calice long d’environ 2-1/2 lignes, presque membraneux, parsemé d^un petit nombre de poils couchés, d’un vert jaunâtre, à divisions oblongues, manifestement inégales, à peine barbues au sommet. Pétales très - obtus, jaunes. Étamines toutes glabres; les petites dépassant l’ovaire, les grandes un peu plus longues que les styles : anthères très-petites , jaunes. Styles couverts de poils couchés. Stigmates 2-fides, à segments laciniés. Ovaire oblong, légèrement pubescent. Capsule longue d’environ 6-8 lignes , prismatique , à cinq angles mousses que séparent autant de sillons, pubescente, divisée intérieurement en cinq loges, dans chacune desquelles sont 8-10 graines suspendues à l’angle interne, relevées de cinq angles dans leur longueur et transversalement rugueuses, mais ovales, aplaties et membraneuses par la dessiccation qui fait disparaître leur couche charnue. Embryon presque aussi long que le périsperme : cotylédons elliptiques, plus courts que la radicule.

Cette espèce diffère de celle du même nom recueillie à Java par Commerson, en ce quelle est généralement moins grêle, et que ses pédoncules sont plus longs.

Localités. Cette plante croît à Rio de Janeiro, dans le district des Diamants, et probablement ailleurs.

Observations botaniques. — § I. Caractères du genre Oxalis. — Calice à 5 divisions, persistant. Pétales au nombre de 5, insérés au-dessous du gynophore, alternes avec les divisions du calice , libres ou soudés entre eux un peu au-dessus de leur base, caducs. Étamines au nombre de io, insérées sur un court gynophore, soudées entre elles à leur base, 5 plus courtes opposées aux pétales, 5 plus longues alternant avec eux : anthères insérées par le dos, mobiles, à deux loges. Nectaire nul. Styles au nombre de cinq, libres ou soudés entre eux à leur base, persistants. Stigmates en forme de tête, quelquefois 2 - fides ou 2 - lobés. Ovaire unique, inséré sur le gynophore, à cinq loges contenant chacune de ï à 12 ovules. Ovules attachés à l’angle interne des loges. Capsule prismatique, ovoïde, ou globuleuse, à51oges, s’ouvrant en 10 valves attachées comme avant la déhiscence à l’angle central. Graines plus ou moins aplaties, très - aiguës à leur base. Tégument extérieur charnu , la partie extérieure charnue (arille des auteurs) se séparant avec élasticité; l’intérieur crustacé, souvent strié. Périsperme charnu, souvent coloré. Embryon droit ou légèrement courbé, axile : cotylédons plus larges que la radicule, d’ordinaire elliptiques : radicule supérieure, se prolongeant presque jusqu’à l’ombilic.

§ II. De F arille en général et en particulier de celui des Oxalis. Richard avait déjà démontré que , sous le nom d’arille, on avait confondu plusieurs organes différents ; il avait dit que c’était une expansion du cordon ombilical, et que le hile était situé en dedans de i’arille. Cette définition excellente n’a point été assez méditée; car si, depuis ce botaniste, on ne prend plus pour arille des parties qui appartiennent au péricarpe , on a souvent donné ce nom à la partie extérieure du tégument qui, comme l’a remarqué M. deCandolle, est souvent différente pour la consistance de la portion intérieure; mais dans ce cas il y a continuité cellulaire et vasculaire entre les deux parties , ce qui n’arrive pas dans l’arille véritable qui est simplement appliqué sur la semence , et l’ombilic doit être à l’extérieur de la partie charnue. Enfin nous pouvons signaler un caractère distinctif du véritable arille, et qui doit à jamais empêcher de le confondre avec le faux arille (1); c'est que le premier n’est jamais

(1) Cette observation est due à M. Pelietier, d’Orléans , qui a si profondément étudié l’organisation végétale.

sans ouverture, tandis que l’autre, faisant partie du tégument, recouvre la graine et n’est nullement ouvert ; car on ne peut considérer ici comme ouverture le hile destiné au passage des vaisseaux du cordon ombilical. L’arille véritable enveloppe quelquefois la graine tout entière dans quelques Fusains , mais il n’en reste pas moins ouvert à son extrémité, et est simplement plissé sur le sommet de la graine à l’endroit de son ouverture. Nous dirons donc que l’arille véritable est un sac ouvert à son extrémité, et le faux ariile un sac sans ouverture comme le tégument dont il fait partie. Ainsi il J a ariile dans le Passiflora , 1 ' Évonimus , les Dilléniacées , etc. : il n’y a point d’arille dans 1’ Euphorbia , le Ribes , le Punica, certains Iris, etc., quoique l’extérieur de leur graine soit plus ou moins charnu. Les caroncules que l’on remarque dans plusieurs semences, telles que celles du Corjdalis bulbosa, du Phaseolus, etc., ne sont autre chose qu’une expansion ou boursoufflement du tégument propre. D’après tout ceci, il est évident que les Oxalis n’ont point d’arille véritable; car la partie à laquelle on a donné ce nom renferme la semence tout entière; la partie crustacée qui se trouve dessous n’est jamais lisse, et le prétendu ariile porte en dedans des empreintes analogues à celles de la partie crustacée. Il doit arriver, pour les graines de l’ Oxalis , ce qui a lieu pour le péricarpe de l’ Amandier ; dans l’un et dans l’autre la partie charnue se sèche, se rétrécit, s’ouvre et laisse échapper la partie dure. Si cela n’arrive pas dans d’autres graines charnues à l’extérieur, c’est probablement parce que cette partie charnue est trop succulente pour se dessécher, ou même qu’elle est , comme dans la Groseille, protégée par un péricarpe qui lui-même est succulent.

g III. — Des étamines dites extérieures et intérieures dans F Oxalis. — H n’y a réellement pas à' étamines extérieures et intérieures dans les Oxalis , quoique les auteurs se soient servis de ces expressions. Toutes les étamines en effet partent du bord d’un même godet;, mais la distinction qui a été faite vient de ce que les anthères des unes se reportent sur le filet des autres quelles dépassent en largeur.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Fruit muni de son pédoncule et de son calice. — 2. Le même séparé du calice , et dont on a coupé longitudinalement une loge pour montrer l’attache des graines. — 3. Graine. — même coupée longitudinalement.

OXALIS FULVA.

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