FAMILLE DES M É K I S P ER M É ES
C. foliis late cordiformibus > obsolete crenatis , subtus tomentosis
incanis .
Nom vulgaire : Butua.
Description. Tige ligneuse, grimpante; cylindrique, striée, glabre à la base ; légèrement aplatie, presque anguleuse, tomenteuse , ferrugineuse au sommet. Feuilles alternes, longues d’environ 3 1/2 à 6 pouces , larges de 4 1/2 à 6 pouces , cordiformes , plus ou moins obtuses, légèrement crénelées, glabres en dessus, tomenteuses et blanchâtres en dessous, et marquées de nervures proéminentes et brunes; pétioles longs d’environ 3-5 pouces, aplatis, striés, légèrement tomenteux, bruns, insérés environ une ligne en dedans du bord inférieur de la feuille.
Localités. On trouve cette plante dans les forets de la partie septrionale de la province de Minas-Géraes , dans le district d eMinas- Novas.
Etymologie. Il est très - vraisemblable que le mot Butua appartient à la langue des Guaranis, et l’on ne saurait guère douter qu’il n’ait une origine commune avec le mot Abuta , appliqué , par les habitans de la Guyane, à une plante voisine du Butua du Brésil. Tandis qu’à fort peu de distance de la côte on trouve des langues entièrement différentes du guarani, cet idiome, descendant du Paraguay, s’étend sur le littoral dans une immense étendue de pays en s’avançant fort loin vers le nord, et éprouvant en même temps de grandes modifications. Le peu que nous avons eu occasion d’entre-
voir de la langue des Indiens de la Guyane nous a paru fort différent du guarani *, mais ce qui nous a frappé, c’est que ces langues semblent avoir un point de contact par des noms de plantes.
Usages. Cette plante est employée par les Brasiliens dans le traitement des fièvres intermittentes ; ils la regardent aussi comme un puissant spécifique contre les maladies du foie. Ses vertus, ainsi que celles du Cocculus cinerescens, Aug. S. -Hil., qui porte aussi le nom vulgaiie de Butua, sont extrêmement vantées au Brésil’, etparaissent dues aux principes amers et toniques que renferment ces végétaux. Des propriétés analogues ont déjà été signalées dans les racines du Cocculus palmatus De. ( columbo des matières médicales) , des Cissampelos o valifolia De., et pareira Linn. (/ vareira brava des matières médicales) , et dans celles de plusieurs autres plantes de la famille des Ménispermées. Le Cocculus cordifolius De., employé dans l’Inde contre l’ictère et comme tonique et fébrifuge, présente par conséquent les mêmes vertus, et sert aux mêmes usages que les nôtres. Cette observation, fondée sur de nombreux faits, que des piopiietes différentes, soit par la nature, soit par l’intensité des principes, résident dans les diverses parties d’une même plante, est confirmée par l’examen des Ménispermées. En effet, c’est dans les graines d’une espèce de cette famille, le Cocculus suberosus Dc.^ qu on trouve un principe amer, cristallisable , de nature vénéneuse, auquel M. Bouîay a donné le nom de picrotoxine.
Observations botaniques. — § I. Des affinités du Cocculus platjphjlla. M. Aug. de Saint-Hilaire n’a pu se procurer les fleurs de cette plante; cependant son importance dans la médecine domestique des Brasiliens nous fait un devoir de la mentionner dans cet ouvrage. La ressemblance de son port et de son feuillage avec ceux des Jbuta rufescens et candicans , et même 1 identité de noms et de propriétés nous portent à croire quelle doit appartenir au même genre que les deux plantes de la Guyane. Après une analyse exacte, faite sur un échantillon authentique de VA. rufescens , M. Aug. de Saint-
Hilaire s’est convaincu que ce genre devait être réuni au Cocculus, dont il ne diffère que par l’absence de la corolle.
§11. — Caractères du genre Cocculus . — Fleurs dioïques, très-rarement monoïques. Males : Galice à 6 ou g divisions disposées sur deux, ou plus rarement, sur trois rangs. Corolle composée de 6 pétales disposés sur deux rangs, ou nulle. Étamines au nombre de 6, opposées aux pétales. Ovaires nuis, ou rudimentaires. — Femelles : Étamines nulles, ou au nombre de six, stériles. Ovaires au nombre de 3 à 6, terminés chacun par un style souvent bifide au sommet. Drupes comprimées, attachées vers l’un des angles de leur base, et présentant à cette même base, mais du côté opposé au point d’attache , ia base persistante du style, divisées intérieurement par une fausse cloison incomplète, monospermes. Semence unique, courbée en fer à cheval, et attachée par le milieu de la courbure au sommet de la fausse cloison.
EXPLICATION DES FIGURES
ï. Rameau réduit au quart de sa grandeur naturelle. — 2. Fragment de feuille vu par-dessous et très-grossi.
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