‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 44 sur 56 · OXALIS A FEUILLES EN COEUR · texte numérisé non relu

OXALIS A FEUILLES EN COEUR

FAMILLE UES GÉRANIACÉES.

O. caule suffruticoso , folioso y foliis trifoliolatis y foliolis cordatisy marginibus puberulis , lateralibus sessilibus , intermedio petiolulato y pedunculis axillaribus , complanatis , pubescentibus, subbijido - umbelliferis y pistillo intermedio y ovario 5 - loculari , 5-spermo.

Description. Sous-arbrisseau à tige noirâtre et feuillée. Feuilles à trois folioles : folioles latérales sessiles, la supérieure portée sur un pétiole assez long , toutes longues d’environ ï pouce à ï pouce 1/2, en forme de cœur, obtuses, couvertes d’un léger duvet sur leur bord et sur leur nervure médiane ; nervures proéminentes en-dessous : pétioles longs d’environ 2 pouces , à peine pubescents,, d’un rouge noirâtre, presque de la grosseur d’une plume de pigeon : pétiolule semblable au pétiole. Pédoncules axillaires, longs de 2 pouces, aplatis, pubescents, d’une couleur jaunâtre, portant des ombelles à peu près bifides et composées de plusieurs fleurs : ombelle munie de bractées longues d’environ 3 lignes , linéaires, aiguës, pubescentes :pédicelles courts, pubescents. Calice pubescent, à divisions aiguës. Pétales longs d’environ 5 lignes, jaunes, légèrement ciliés sur les bords. Filets les plus courts n’atteignant pas la hauteur du pistil, glabres; les plus longs dépassant le pistil, hérissés de petits poils raides : anthères orbiculaires-ellip tiques, à peine tronquées. Styles hérissés de quelques poils. Stigmates en tète. Ovaire à cinq tètes, glabre, 5-loculaire, à loges monospermes*

Localités. Cette espèce se trouve sur le monticule dit Morro do Tisao, non loin du village de Corumba , dans la partie mé- XLV. ï

ridionale de la province de Goyaz. Elle était en fleur au mois de juin.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Pistil. — 2. L’une des loges l’attache de l’ovule.

de l’ovaire coupée longitudinalement pour montrer

, STERCTJLIA CHICHA.

STERCULIA CHICHA.

FAMILLE DES MALVACÉESJ TRIBU DES STERCULIÉES.

S. foliis trilobisj cordatis j supra glabris , subtus tomento sis ; petiolo glabro ; panicula terminali , lata > tomentosâ, ferruginee genitalibus stipitatis: ovarii villossimi loculis 8 -spermis.

Sterculia chicha. Auguste de Saint - Hil. Mss. — Turp . Ati. Dict. scienc. natur.

JSfom vulgaire : Chichà.

Description. Arbre de 3o à 4o pieds ; à tige droite , peu feuillée ; â écorce grise , presque lisse. Rameaux glabres , nus , portant seulement à leur extrémité un très-petit nombre de feuilles. Feuilles longues de 6 à ii pouces, larges de n à 20 pouces, profondément trilobées , en cœur à la base , glabres en dessus , couvertes en dessous de poils cotonneux, étoilés et couleur de rouille : lobes s’étendant au-delà du tiers ou du quart de la feuille ; l’intermédiaire régulier, à peu près ovale, un peu aigu; les latéraux très-irrégulièrement ovales, un peu aigus, a cotes foit inégaux dont l’extérieur, beaucoup plus grand que 1 autre, descend plus bas, et est très - arrondi à la base : nervures primaires au nombre de 3, une pour chaque lobe, celle du lobe moyen parfaitement intermédiaire, celles des lobes latéraux bientôt divisées en 3 branches, dont l’une partage le lobe en deux parties inégales, et dont les deux autres moins longues s’étendent dans le côté extérieur du lobe : nervures secondaires parallèles, écartées, manquant au coté intérieur des 2 branches latérales de la nervure primaire des lobes latéraux; toutes ces nervures fort proéminentes en dessous, beau- XLVI. ï

coup moins en dessus : veines transversales proéminentes en dessous; un peu enfoncées en dessus 5 pétiole long d’environ 4 à 7 pouces, ayant à peu près 2 à 3 lignes de diamètre, convexe en dessous, un peu concave en dessus , glabre. Stipules caduques. Panicules terminales , larges d’environ 9 à i3 pouces, longues d’à peu près 6 à 8, étalées, chargées de ileurs très-nombreuses : rameaux primaires partant presque du même point et aboutissant à peu près à la même hauteur, aplatis, un peu anguleux : rameaux secondaires, tertiaires et quaternaires assez nombreux, aplatis, chargés, ainsi que les primaires, d’une bourre cotonneuse et couleur de rouille qui se compose de poils étoilés : bractées solitaires, placées à la base des rameaux secondaires, etc., longues d’environ 3 à l\ lignes , ovales - subulées, tronquées semi-circulairement à leur base, canaliculées, cotonneuses, et couleur de rouille en dehors, pubescentes en dedans. Fleurs monoïques , fort rapprochées et presque gloméruîées : pédoncules uniflores, longs de 2 à 3 lignes, épais et chargés d’une bourre semblable à celle du reste de la panicule. Fleurs males : Calice long d’environ 5-6 lignes, campanulé, 5-fide, un peu aigu à la base, très-ouvert au sommet, strié, cotonneux en dehors, mêlé de jaunâtre et de couleur lie de vin; divisions du calice ne s’étendant pas jusqu’à sa moitié et offrant une forme à peu près triangulaire : poils du calice petits et étoilés. Gynophore pédicelliforme , courbé en manière d’S , à peine chargé de quelques petits poils , portant à son sommet les organes sexuels. Étamines au nombre de 12-10 , à peine longues d’une ligne; filets légèrement pubescens, réunis à leur base par un godet large et étalé, commençant à se diviser à des hauteurs différentes, inégaux entre eux pour la longueur, courts , épais dans leur partie libre : anthère terminale , horizontale, immobile, composée d’un connectif épais, continu avec les fdets et de 2 loges parfaitement distinctes , inégales , oblongues , qui s’ouvrent dans leur longueur, et dont la fente est tournée vers

le sommet de la fleur. Rudiment du pistil placé au centre du godet des étamines, caché par elles, composé de 5 petits ovaires à peine soudés au centre, irrégulièrement ovoïdes, glabres, terminés par un rudiment de style et présentant à l’angle interne d’une seule loge quelques rudimens d’ovules. Fleurs femelles : Calice semblable à celui des fleurs mâles. Gynophqre plus court, plus épais, moins sensiblement courbé en S. Étamines soudées de meme en un godet, ombiliqué en dessous, étalé tout-à-fait à la base de l’ovaire : anthère à peu près semblable à celle des fleurs mâles. Ovaire oblique au sommet du gynophore, long d’environ 3 lignes, presque globuleux , très-velu, à 5 lobes peu profonds, à 5 loges 8 -spermes : ovules attachés sur deux rangs dans l’angle interne des loges. Style unique, épais, très-velu, réfléchi sur l’ovaire. Stigmate terminal, épais, un peu plane, plus large que le style. Des 5 loges de chaque ovaire, 4 avortent et une seule vient à maturité ; elle forme une capsule uniloculaire du volume de la tète d’un enfant naissant, de la forme d’un ovoïde légèrement comprimé et marqué latéralement d’un sillon longitudinal, transsudant une substance semblable à la gomme arabique. Péricarpe épais d’environ ï pouce 1/2, revêtu intérieurement de poils roides , se fendant longitudinalement par le milieu du sillon. Graines au nombre de 7, ovoïdes-ellipliques, obtuses, de la grosseur d’un œuf de pigeon. Ombilic orbiculaire, situé à 1 une des extrémités de la semence. Tégument propre double; l’extérieur cartilagineux, sans saveur, interrompu à l’ombilic ; b intérieur charnu, très-blanc, amer, sans adhérence avec le premier, assez mince , et revêtu d’une épiderme interne (périsperme ?) . Embryon droit , de même forme que la graine, à cotylédons très-grands, convexes sur le dos, un peu concaves sur la face, à radicule très-petite, en forme de mamelon obtus, antitrope, c’est-à-dire tellement dirigé que son extrémité cotylédonaire regarde l’ombilic, et son extrémité radiculaire l’autre bout de la graine.

Localités. Ce bel arbre croît dans la province de Goyaz. Il fleurit vers le mois de juin.

Usages. Les habitans du pays où croît le Chicha3 en mangent les semences qui sont d’un goût agréable. C’est encore un de ces nombreux végétaux qui, sans culture, fournissent aux Brasiliens de l’intérieur des fruits comestibles, et il est fort vraisemblable qu’avec quelques soins, ces fruits deviendraient encore meilleurs. Nous ne pouvons donc nous empêcher de conseiller aux habitans de la côte d’introduire chez eux le Chichàfil ornera leurs jardins par sa beauté, et ses fruits ajouteront à leurs jouissances.

Observations botaniques. — § I. — Caractères génériques . Fleurs monoïques. ( Hermaphrodites selon plusieurs auteurs ). Fleurs males : Calice à 5 divisions. Corolle nielle. Organes sexuels sessiles ou pédicellés . Étamines soudées à leur base en un godet court, libres a leur sommet : anthères au nombre de io a 20 , disposées sur un ou deux rangs ou rapprochées 3 à 3, continues avec le fdet, immobiles, horizontales , composées d’un connectif épais et de 2 loges distinctes. Un rudiment de pistil au centre de la fleur. Fleurs femelles .-Calice semblable j pédicclle plus court. Anthères stériles ? Ovaire 5-lobé , è-loculaire , a loges poly spermes (1), entouré a sa base du godet anthérif ère. Style unique. Stig-mate terminal. Capsules au nombre de 5 , ou en moindre nombre par avortement, résultant delà séparation des lobes de l’ovaire , parfaitement distinctes entre elles, s’ouvrant le long d’un sillon longitudinal qui regarde l’axe. Une ou plusieurs Graines à embryon antitrope, entourées d’un tégument interne ( périsperme des auteurs), a cotylédons grands et aplatis , à radicule trèscourte.

§ II. — Remarques sur les organes sexuels. Linné avait indiqué le genre S ter cul ia comme monoïque , et depuis il a été considéré comme hermaphrodite par les auteurs les plus célèbres. L’espèce brasilienne , décrite plus haut, prouve qu'il faut revenir à l’idée de l’immortel Suédois; mais elle montre

( ï ) Quelques espèces sont indiquées comme ayant un fruit monosperme , mais l’analogie indique que l’ovaire ne l’était pas; cependant ce caractère demandera à être revu.

en même temps combien il est facile d’être induit en erreur. Celui en effet qui se contenterait d’observer, dans le S. chicha , le rudiment de pistil des fleurs mâles, pourrait être tenté de le considérer comme un véritable pistil; mais la comparaison l’aura bientôt détrompé : car le rudiment, quoiqu’en apparence bien formé , est pourtant fort petit et caché par les étamines, tandis que le pistil véritable est bien nourri et laisse les étamines tout-à-fait à sa base. M. de Jussieu dit que les Sterculia sont hermaphrodites; mais sa description prouve qu’il a réellement vu des fleurs mâles et femelles; car il dit que l’ovaire est long-temps caché par les anthères, mais qu’il se montre ensuite en dehors des étamines, et que quelquefois il avorte. Des ovaires cachés par les étamines et qui avortent, et d’autres qui se montrent en dehors, c’est ce que nous avons observé nous-mêmes. Mais , dirat-on peut-être , M. de J ussieu a cru que, dans les plantes qu’il a eues en vue, i! y avait identité entre ces deux sortes d’ovaires, et qu’ils appartenaient seulement à deux époques différentes; n’en serait-il pas de même de l’espèce-brasilienne? Il est bien facile de prouver le contraire; car les ovaires cachés par les étamines, et que nous considérons comme avortés, ne diffèrent pas seulement des autres par îa grosseur, mais encore par la forme. En effet , leurs lobes sont à peine soudés au centre, et les lobes des véritables ovaires ne forment qu’un ensemble : dans les premiers il existe 5 styles distincts, grêles, fort courts, droits, sans stigmate apparent; dans les autres il n’y a qu un style épais, réfléchi sur l’ovaire et terminé par un stigmate; enfin, les ovaires avortés sont parfaitement glabres , et les autres sont très-velus. Quant aux anthères, celles des fleurs femelles sont certainement différentes de celles des fleurs à pistils avortés; elles laissent voir 1« connectif entre leurs loges, et elles nous ont paru stériles; mais lors même que nous nous tromperions, il faudrait regarder le S. chicha comme polygame. Au reste, l’analogie tendrait encore à confirmer la séparation des sexes dans le genre Sterculia ; car, outre ce genre, la tribu des Sterculiées en comprend deux autres, Triphaca et Heritier a, qui sont bien reconnus comme ayant des fleurs unisexuelles. (Hojez DC. Prodr.)

EXPLICATION DES FIGURES

ï . Fleur mâle, dont on a enlevé la moitié du calice. — 3. Urcéole des étamines avec le

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