XL VI
pistil rudimentaire central.— 3. Anthère vue par-dessous , de manière à montrer son connectif.— 4- Fleur femelle, dont le calice a été enlevé. — 5. Coupe horizontale de l’ovaire. — 6. Coupe longitudinale d’une des loges de l’ovaire : la surface des deux loges voisines a été rasée pour faire voir cpa’elles sont distinctes entre elles et montrer l’origine du style.
STERCULIA CHICHA
GUAZUMA ULMIFOLIA.
GUAZÜMA A FEUILLES D’ORME.
FAMILLE DES M ALVAGÉES J TRIBU DES BUTTNÉRIÉES.
G . foliis oblique ovato-lanceolatis , pube stellatâ plus minus adspersis; florum corymbis brevibus, axillaribus; fructus tuberculati pericarpio imperfecte loculicido-S-valvi..
JYoms vulgaires : Mutamba ; Mutombo.
r Description. C’est un arbre de moyenne hauteur, dont le feuillage varie beaucoup. Dans les échantillons que nous avons sous les yeux, et qui proviennent de localités diverses, on peut distinguer trois variétés principales de formes, que nous allons faire connaître successivement, en décrivant complètement la première , et nous contentant pour les autres d’une courte comparaison.
Var. a. Rameaux noirâtres, presque glabres ; jeunes pousses revêtues d’un duvet tomenteux et roux. Feuilles caduques, ovales-lancéolées ou arrondies, quelquefois même presque cordiformes à la base et acuminées au sommet, partagées par la nervure médiane en deux moitiés inégales (la supérieure plus grande), dentées inégalement en scie dans leur contour, presque glabres sur leur surface supérieure, ou parsemées seulement de quelques poils étoilés qui y forment comme des points blanchâtres , présentant sur l’inférieure ces mêmes poils plus nombreux, e t couvrant notamment d’ un du vet tomenteux et roussâtre les nervures moyennes et latérales qui font saillie } portées sur des pétioles couverts d’un semblable duvet, dont la direction se rapproche plus ou moins de l’horizontale, et légèrement dilatés de leur origine à leur terminaison : les feuilles qui accompagnent les fruits sont longues de 5-6 pouces, larges de 2-2 1/2, avec un pétiole long XL Y II. — XLVill. ï
de 6- 7 lignes ; celles des rameaux florifères longues d’environ 2-2 1/2 pouces, larges de 1-1/2 , avec un pétiole de 3-6 lignes. Stipules longues de 2-3 lignes, linéaires-subulées, plus ou moins tomen teuses. Pédoncules axillaires un peu plus longs que les pétioles et tomenteux comme eux, divisés par dichotomie, et souvent dès leur origine, en une sorte de corymbe, dans lequel la fleur terminale s'épanouit la première, puis après elle les fleurs moyennes des petits faisceaux placés au-dessous. Bractées subulées, extrêmement petites, insérées à la base des pédicelles. Calice couvert à l’extérieur d’un duvet tomen teux et roussâtre, presque glabre du côté interne, à cinq divisions réfléchies, qui, restant soudées les unes aux autres , le font paraître bi ou triparti. Pétales alternes avec ces divisions , longs de3~4 lignes, dressés, de couleurjaune-rougeâtre, etcomposésde deux parties différentes; l’une inférieure plus large, convexe et légèrement velue en dehors, concave en dedans, rétrécie à sa base en onglet, élargie au sommet et recourbée en un capuchon que termine une petite échancrure, parcourue par 5 nervures; l’autre, supérieure, continue à la précédente et un peu plus longue, linéaire, aplatie, marquée de 3 nervures, assez profondément bifide. Tube des étamines un peu plus court que la portion inférieure des pétales, comme campanulé, légèrement pentagone, glabre à l’extérieur, pubescent en dedans, partagé au sommet en 10 lobes, dont 5 un peu plus longs et plus larges, ovales-acuminés et légèrement réfléchis, sont stériles ; 5 autres, alternes avec les précédenset opposés aux pétales, se partagent en trois filets courts réfléchis et chargés chacun d’une anthère biloculaire, à loges presque distinctes : le petit paquet formé par les trois anthères est recouvert par le capuchon du pétale opposé, et la division du tube qui les porte étroitement embrassée par l’échancrure terminale de ce capuchon. Pollen globuleux et lisse. 5 Faisceaux de poils à la base et en dehors du tube des étamines, opposés à ses divisions stériles. 5 Styles long - temps soudés en un seul suhulé , glabre , jaunâtre, mais qui finissent quelquefois par se détacher
les uns des autres. Ovaire sessile, ovoïde, quinquélobé au sommet, tuberculeux sur toute sa surface, et couvert de poils étoilés, à 5 loges opposées aux pétales, qui contiennent chacune des ovules nombreux attachés à l’angle interne. Fruit globuleux, de la grosseur d’une cerise, à peu près tuberculeux, dont le sarcocaipe épais se fend, après la maturité, en 5 portions ou valves alternant avec les loges, et est formé à l’intérieur de ramifications ligneuses qui viennent entre les loges se rattacher à un axe central plus court que le fruit, également ligneux et fort épais. Loges au nombre de o, tapissées par un endocarpe mince et fragile, remplies d une substance mucilagmeuse, renfermantplusieurs graines disposées sur deuxiangs, et attachées àla partie supérieure de l’axe qui fait saillie dans la loge. Graines de la forme d’un ovoïde renversé, anguleuses par suite de leur pression mutuelle, grises ou noirâtres, marquées de dépressions nombreuses : 3 téguments, 1 extérieur mince et inégal ^ le moyen testacé} l’intérieur membraneux, dilaté dans la partie opposée au point d’attache en une calotte épaisse et brunâtre qui est la chalaze. PerispePiMe légèrement charnu, entourant 1 embryon d une couche mince et s’insinuant entre ses plis. Embryon suivant la direction de la graine , à cotylédons minces, en cœur renversé , plissés dans leur largeur et dans leur longueur, embrassant, par les oreillettes de îeui base, la radicule presque égale à eux, droite, cylindrique et terminée en pointe.
Var. g. Feuilles des rameaux florifères plus grandes d’un tiers environ dans toutes leurs dimensions , et portées cependant sur des pétioles plus courts, beaucoup plus pâles, plus souvent légèrement échancrées à la base et acuminées au sommet ; fleurs d’un jaune plus pâle et un peu plus nombreuses dans chaque corymbe.
Var. y . Feuilles des rameaux florifères un peu plus grandes , de même forme et de même teinte que dans la variété précédente, re-
vêtues d’un duvet plus épais en dessous; fleurs d’un jaune plus rougeâtre, plus grandes ainsi que leurs boutons. Même différence pour le volume de ses fruits.
Localités. Les échantillons de la variété « ont été recueillis en fleur et en fruit au mois de juin, dans le Mato Grosso de la province de Goyaz, dont les habitans la nomment Mutombo. Ceux de la varié té y l’ont été au mois de septembre dans les bois , près le Porto de Salgado 3 dans la partie occidentale de la province des Mines 3 nommée Certaô do Rio de S. Francisco : les habitans l’appellent Mutamba, et savent la distinguer de la variété $. Cette derniere se trouve auprès de Riachara et sur plusieurs autres points du désert du Rio de S. Francisco (Certaô).
Étymologie. Nous ne saurions dire avec certitude quelle est l’origine des deux noms vulgaires de cette plante. Nous ne trouvons rien qui s’en rapproche dans le précieux ouvrage intitulé : Tesoro de la lingoa Guarani et nous pensons que ces noms n’appartiennent pas à cet idiome ; une sorte d’analogie nous ferait soupçonner qu’ils sont africains , et, si ce soupçon se vérifiait, on pourrait en conclure, avec quelque raison peut-être, que quelque espèce de Guazuma croît également en Afrique.
Usages. Le fruit de cet arbre, quoique dur et presque ligneux, est rempli d’un mucilage d’une saveur douce et agréable, que l’on peut sucer avec plaisir et qui rappelle le goût des figues grasses. Peut-être mériterait-il les honneurs de la culture, qui contribuerait encore à l’ améliorer. Ce n est pas d ailleurs le seul avantage qu on pourrait en retirer: en effet, une note de Plée, conservée dans 1 Heibier du Muséum , nous apprend qu’à la Martinique, où le Guazuma ulmifolia est connu sous le nom d’orme pyramidal, on emploie son écorce de 1 5 à 8 mois pour clarifier le sucre : c’est du liber qu on
se sert particulièrement, en le laissant tremper dans l’eau, opération qui en dégage un mucilage épais plus filant que celui du lin. La vieille écorce du tronc passe, dans la même ile, pour un sudorifique excellent contre les maladies de la peau : on en fait bouillir trois ou quatre onces dans trois pintes d’eau qu’on laisse réduire à deux.
Observations botaniques. — § I. Caractères du genre Guazuma. — Calice quinquéparti , dont les divisions restent soudées 2 a 2 ou 3 « 5. 5 Pétales alternes avec ces divisions, recourbés inférieurement en capuchon, prolongés supérieurement en languette bifide. Tube des étamines ci i o lobes , dont 5 stériles, 5 opposés aux pétales, et chargés chacun de 3 anthères presque sessiles et biloculaires. 5 Styles soudés en un seul. Ovaire libre , à 5 loges multiovulées . Fruit tuberculeux a sa surface , ligneux en dessous , creusé de 5 loges polyspermes. Graines disposées sur deux rangs , attachées à l axe. Périsperme charnu , mince. Cotylédons phsses-chijfonnes. Radicule droite, dirigée du coté du hile.
§ II. Observations sur les espèces établies dans ce genre. — Outre les formes variées que nous avons signalées dans les échantillons recueillis au Brésil, on en peut observer dans les herbiers un assez grand nombre j et, comme il est fort difficile d’assigner des différences tranchées entre elles, quelles se nuancent par des transitions presque insensibles, M. de Saint - Hilaire en avait conclu naturellement qu’elles appartenaient à une seule et même espèce trèspolymorphe. C’est ce qui l’a porté à réunir, dans sa Flore (vol. 1 , p. 148) , les trois espèces établies avant lui, savoir : G. ulmifolia Lam. , G. tomen iosa Kunth, et G. polybotrya Cav.
Cependant, l’étude des fruits de Guazuma nous porte aujourdliui à modifier cette opinion. En effet, si l’on observe ceux du G. ulmifolia type de cette espèce, c’est-à-dire à feuilles luisantes et parfaitement glabies des deux côtés, on voit : i° Que le sarcocarpe, ou enveloppe extérieure charnue et tuberculeuse, se sépare par 5 fentes longitudinales en 5 parties alternant avec les loges. Les ramifications ligneuses qui séparent celles-ci viennent, après les avoir comme embrassées, se terminer derrière elles. Du reste , l’enveloppe ligneuse de chaque loge peut se séparer de celles des loges voisines, et ne leur est unie que parce qu’elle se rattache à un axe commun. 20 Que l’endocarpe mince qui tapisse la loge est lisse à sa surface in-
terne. 5° Que de la partie supérieure de l’axe saillante au- dedans de la loge partent à la maturité des filets ligneux et roides auxquels les graines sont adnées dans toute leur longueur. En étudiant ces filets avec soin et dans leurs rapports avec la graine, on reconnaît aisément qu’ils ne sont autre chose que les raphés de ces graines qui finissent par se solidifier, et s’en détachent alors avec la plus grande facilité. M. Gay a observé quelque chose d’analogue dans une" plante de la même famille, le Seringia platyphylla. (V oy, Mena, du Mus. 7, pl. 17, f. 14. ) /p Que le testa de la graine est mince et cassant. — Ce sont ces fruits et ces graines que nous avons figurés dans notre Pl. XL VIL
Maintenant, si à la description précédente on compare celle queM. Kunth donne du fruit de son G. tomentosa, on voit que ses fruits sont indéhiscens, et leurs loges coupées par des cloisons transversales incomplètes que forment des replis de l’endocarpe. M. Kunth ne parle pas de ces raphés ligneux qui n’eussent pu échapper àun aussi habile observateur; et nous nous sommes assurés, sur son échantillon même, que leraphé ne se montre que sous l’apparence d’une petite ligne blanchâtre intimement unie au testa, qui est épais et coriace; et qu’au lieu de 5 fentes alternant avec les loges qu’on remarque sur la surface du péricarpe du G. ulmifolia, on trouve tout au contraire 5 arceaux ligneux saillans en dehors, desquels il résulterait une déhiscence septicideet non loculicide, si le fruit pouvait finir par s’ouvrir. Ajoutons enfin que ces fruits sont plus alongés, que leurs loges renferment 9 graines seulement au lieu de 12-1 5, et que, dans la fleur, plus petite, les faisceaux de poils sont nuis ou presque nuis a la base du tube des étamines.
Il y a donc au moins deux espèces de Guazuma, qu’on peut distinguer par leurs fruits et leurs graines; pour indiquer d’autres différences spécifiques qui aident à nommer les échantillons variés de nos herbiers, c’est ce que nous ne pouvons. La grandeur , la forme et l’état de la surface des feuilles n’en fournissent pas. Car nous voyons nos échantillons brasiliens qui, par leur duvet, rentreraient dans le G. tomentosa , présenter dans leur fruit une déhiscence imparfaite en 5 valves, queM. de Saint-Hilaire a notée sur les lieux mêmes où il les recueillait. Quantaux raphés ligneux, il ne les a pas observés, sans doute parce que les graines, soumises à son inspection , n’avaient pas encore acquis tout leur développement. C’est probablement cette dernière circonstance qui lui a fait rencontrer des cotylédons presque planes et à peine chiffonnés ; car les plis ne se forment que par l’alongement progressif de
l’embryon, qui finit par excéder la longueur et la largeur de la cavité destinée à le loger.
Le Guazuma. a été observé sur beaucoup de points de l’Amérique équinoxiale, mais nous ne sachions pas qu’il ait été indiqué sur l’ancien continent. Cependant 1 herbier du Muséum en possède un rameau en fleurs, rapporté de l’ïnde par Sonnerai, et deux rameaux en fruit, recueillis par Leschenault sur la côte de Coromandel. Doivent-ils former une espèce distincte? Dans l’état actuel de nos connaissances, nous n’oserions les séparer du G . tomentosa, dont ils présentent les fruits et les fleurs. Celles-ci n’offrent aucune trace de poils fascicules a la base du tube staminifère. Les feuilles sont longues de 3 -4 1/2 pouces, obliques, cordiformes- lancéolées , dentées, légèrement ondulées, tomenteuses en dessous, parsemées en dessus de points blan es qui sont des poilsétoilës.
Quant au G. polybotrya Cav., que nous ne connaissons que par la figure des Icones ( t. 29g), il ne parait pas devoir former une espèce distincte, mais nous ignorons à laquelle des deux autres il peut être rapporté.
EXPLICATION DES FIGURÆS.
PI. XLVII. Elle représente un rameau de notre Guaiuma ulmifolia, var. a. Le fruit
provient d’un échantillon à feuilles glabres, recueilli aux Antilles. — 1. Fruit. 2. Le
même, coupé transversalement : dans 2 loges des graines ont été enlevées pour montrer les raphés ligneux persistans. — 3. Le même, coupé verticalement : on voit, d’un côté , la moitié d’une loge avec son endocarpe et ses graines ; de l’autre, les ramifications ligneuses qui vont de l’axe à l’exterieur dans l’intervalle des loges.— 4. Graine , avec son raphé. — 5. La même, coupée longitudinalement. — 6. Section transversale de la même.— 7. Amande séparée du testa , revêtue de la membrane interne et couronnée par la chalaze.. — 8. Embryon séparé, un peu étalé artificiellement pour faire voir la direction de ses plis.
PL XLVIII. Elle représente un rameau de notre Guazuma ulmifolia, var y. — 1 . Fleur. — 2. Tube des étamines. — 3. Anthère , avec son filet. — 4. Pollen. — 5. Pistil, avec la base des enveloppes florales et du tube staminifère coupé.
SIDA MICRANTHA.