‹ Plantes usuelles des BrasiliensChapitre 12 sur 23 · N° VIII · texte numérisé non relu

N° VIII

blables à la tige. Entrenœuds de i à 2 pouces. Feuilles opposées, pétiolées, longues d’environ 8 à 12 lignes, larges de 3 à 7 lignes, ovales ou ovales -lancéolées, plus rarement oblongues, décurrentes sur le pétiole, à peine aiguës, entières, un peu charnues, d’un verd gai, rudes au toucher surtout sur les bords : poils des feuilles couchés, courts, suhulés, durs, pressés et nombreux dans les jeunes feuilles, écartés et rares dans les anciennes, ceux des bords de la feuille plus longs : pétiole aj^ant environ 2 à 3 lignes de longueur, et chargé de poils semblables à ceux de la tige. Stipules intermédiaires, adhérentes aux pétioles des 2 feuilles voisines, arrondies au sommet, velues, membraneuses, divisées' jusqu’à moins de la moitié en lanières sétacées et écartées. Fleurs réunies en tète à l’extrémité des tiges et des rameaux , et accompagnées d’un involucre composé de 2 à 6 folioles ordinairement sessiles , et rudes au toucher ; quand il n’y a que deux folioles, elles sont ordinairement ovales, aiguës’, larges à la base; quand il y en a 4 ou 6, le plus souvent 2 ou 4 d’entre elles sont plus étroites, oblongues-lancéolées, un peu pétiolées ; toutes sont quelquefois semblables aux dernières qui viennent d’être décrites. Outre les têtes de fleurs terminales, il existe aussi quelquefois des verticilles de fleurs aux entrenœuds supérieurs. Réceptacle nu. Calice adhérent, obové-pyramiclal , 3-tétragone ; dont le tube est garni de poils courts , couchés , rudes , qui ont quelque chose de la nature des papilles; dont le limbe est 5-6-partite, à divisions semi-ovales, aiguës, ciliées, un peu inégales. Corolle longue d’environ une ligne et demie, infondibuliforme, 5-6-fide, blanche; dont les divisions sont ovales, aiguës, souvent un peu inégales , hérissées de quelques poils au sommet seulement. Étamines au nombre de 5-6, sortantes, glabres, blanches, insérées au sommet du tube de la corolle et entre ses divisions, un peu moins longues que ces dernières : filets capillaires : anthères étroites, vacillantes, attachées sur le filet à la moitié de leur dos, s’ouvrant longitudinalement. Style sortant, glabre, à trois divisions fort courtes. Stigmates au nombre de 3 et en tête oblongue. Nectaire épigyne, court, annulaire, entourant la base du style

sans y adhérer. Ovaire adhérent , triloculaire , à loges monospermes : ovules ascendans, attachés dans Tangle interne des loges, sans placenta particulier. Fruit capsulaire, se séparant par le milieu des cloisons en trois coques indéhiscentes , en cœur renversé , convexes à l'extérieur qui est garni de poils ou plutôt de papilles , concaves à la face interne qui est relevée d’une côte à son milieu. Semence à peine adhérente à la coque , absolument conforme à elle, applatie, peltée, un peu arquée. Tégument propre membraneux. Ombilic placé à la face de la semence, et correspondant au tiers inférieur de F axe. Périsperme grand , corné-charnu. Embryon un peu arqué comme la semence,, et placé dans l’axe du périsperme dont il occupe les deux tiers : cotylédons planes , orbiculaires-elliptiques, beaucoup plus courts que la radicule : radicule cylindrique, un peu aiguë , aboutissant presque au bord inférieur de la semence.

Localités. Cette plante est très-commune dans la province de Ri o-de- Janeiro. On la trouve principalement dans les lieux cultivés , les endroits sabloneux , le bord des chemins , et jusque dans celles des rues de Rio-de- Janeiro , qui sont le moins fréquentées.

Etymologie. Quoiqu’on ne trouve dans la province de Rio-de- Janeiro , rien qui ressemble aux pâturages naturels que l’on appelle campos j et qui forment une si vaste portion des provinces de Saint- Paul , des Mines de Goyaz , etc., on a cependant nommé Poaya do campo la plante que je décris ici, parce qu’elle ne croît point dans les forets vierges , mais seulement dans les endroits où elles ont été détruites, et dans les espaces de terrain trop sabloneux pour avoir jamais produit de grands arbres.

Usages. Cette plante sans avoir, à beaucoup près, des propriétés aussi héroïques que le Richardsonia rosea peut cependant, au besoin, remplacer avec succès le Cephaelis Ipecacuanlia > et si l’on n’en fait pas un très-grand usage dans la province de Rio-de-Janeiro , où comme je l’ai dit , elle croît en abondance , c’est qu’on n’a généralement aucune peine à s’y procurer le véritable Ipecacuanha.

Observations botaniques particulières. i° La comparaison attentive des descriptions et des échantillons les plus authentiques m’a démontré que les Richardsonia scabra , L., pilosa, Ruiz et Pav., Kunth , etc., et Brasiliensis Gomes n’élaient qu’une seule et même espèce, et, comme le nom de Linné est le plus ancien , c’est celui que je conserve ici. A la vérité , Linné dit que sa plante a les poils dirigés dehauten bas ; mais ce caractère est souvent le résultat de quelque circonstance accidentelle, et, dans le R. rosea où les poils sont ordinairement horizontaux , il s’en trouve quelquefois une partie dont la pointe est tournée vers le sol.

20 Le R. scabra a de très-grands rapports avec le R. rosea; mais il s’en distingue parce que ses racines sont blanches , et non d’un noir-violet ; parce qu’il est plus petit dans toutes ses parties ; qu’il est beaucoup moins hérissé ; que sa tige et ses rameaux portent des poils plus durs, et beaucoup moins longs; que ceux des feuilles sont plus nombreux; que celles-ci sont beaucoup moins aiguës, plus charnues, généralement moins grandes, et plus décidément ovales; que les nervures latérales sont plus souvent au nombre de six seulement; que les entrenœuds sont moins longs; que les stipules ne sont pas découpées jusqu’à moitié; que la corolle est trois fois plus petite , et blanche au lieu d’être rose ; enfin que les. di visions de cette dernière ne sont chargées de poils qu’au sommet. Les deux plantes en outre croissent dans des localités totalement différentes.

Observations botaniques générales. La plupart des auteurs qui ont décrit l’embryon des Rubiacées , l’ont fait d’une manière vague et souvent peu intelligible. J’ai dit dans la description des R. rosea et scabra que l’ embryon suivait la courbure de la semence , quil était placé dans l’axe du périsperme y et parallèle au plan de V ombilic , et que sa radicule était inférieure. Mais ce n’est pas seulement dans ces deux plantes qu’existent ces caractères; je me suis convaincu par un nombre prodigieux de dissections qu’ils sont constans dans la plupart des Rubiacées, et s’ils rencontrent quelques exceptions que je signalerai , à mesure que l’occasion s’en présentera, ce n’est, je crois, que dans les espèces polyspermes. M. Richard avait parfaitement reconnu que l’embryon des Rubiacées suit la direction de la graine; mais on sent que celle-ci étant aplatie, et l’ombilic à la face , il est géométriquement impossible que la radicule arrive à l’ombilic, comme l’avait pensé l’illustre auteur de l’ Analyse du fruit.

EXPLICATION DES FIGURES

i Calice grossi. — 2 Corolle id. — 3 Corolle ouverte pour montrer l’insertion des étamines. — 4 Portion du style grossie. — 5 Coque id. vue du côté du dos. — 6 La même , Vue du côté de la face. — 7 Semence grossie. — 8 La même id. coupée longitudinalement pour montrer la place de l’embryon. — g Embryon id. tiré du périsperme.

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