P. VIII
K . Bkimliard
R I € H A R D S O N IA S C A 1 i RA .
IONIDIUM POAYA.
IONIDE POAYA.
famille des violacées.
J. hirsutissimum ; cauïe suffruticoso , scepius simplici ; foliis al ternis } subsessilibus y ovatis > basi subcordatis > acutiusculis y obsolète dentatis; stipulis lincaribus , integerrimis } vix manifestis y laciniis calycinis integris; petalo inferiore maximo , late obcordato y filamentis extiis apice barbatis ; antherarum processu membranaceo minimo.
Nom vulgaire : Poaya do campo.
Description. Sous-arbrisseau hérissé, dans toutes ses parties, de poils longs, simples et d’un vert jaunâtre. Racine blanche. Tiges longues d’un demi pied à un pied et demi , simples ou rameuses , anguleuses, striées, à peine ligneuses. Feuilles alternes, souvent assez rapprochées, sessiles ou à peine pétiolées, longues de 6 à 12 lignes, larges de 3 à 7 lignes, ovales, un peu aiguës , échancrées en cœur à leur base , grossièrement dentées , peu étalées : nervure moyenne proéminente en dessous. Deux Stipules latérales , grêles , filiformes , cachées au milieu des poils qui les entourent. Pédoncules axillaires au sommet des tiges , tantôt plus courts et tantôt plus longs que les feuilles, articulés au-dessous du sommet, nus ou chargés de deux bractées alternes , linéaires , très-étroites. Calice 5-partite, inégal, à divisions lancéolées-linéaires , étroites, acuminées , à une seule nervure; trois des divisions courbées en faux, et deux presque droites. Pétales au nombre de 5, très-inégaux : deux supérieurs rapprochés, oblongs-lirjéaires, obtus, un peu recourbés au sommet , à une seule nervure hérissée de poils ; deux pétales latéraux presque d^ix fois aussi grands que le calice , un peu courbés en faux , onguiculés , velus en dehors ; à onglet plus long que la lame, linéaire-oblong , un peu rétréci de la base au sommet, muni inférieurement d’une oreillette, chargé de 5 nervures; à lame obovée quelquefois simplement obtuse , quelquefois obtuse et échancrée en N° IX.
cœur, réfléchie : pétale inférieur très-grand, onguiculé, velu en dehors; à onglet canaliculé, plus large à la hase, un peu plus long que la lame ; à lame large d’environ n lignes, transversalement elliptique, échancrée en cœur, arrondie sur les côtés. Étamines au nombre de 5 , hypogynes , un peu inégales : filet un peu plus long que l’anthère, étroit, aplati : anthère aplatie, orbiculaire- elliptique, dont la face est tournée du côté de l’ovaire, et dont les loges s’ouvrent longitudinalement; chaque anthère se termine par une membrane fort petite, beaucoup plus étroite qu’elle, un peu tronquée et denticulée ; dans les deux étamines inférieures qui sont un peu plus courtes, le filament est épaissi à son sommet. Style courbé en s épais , glabre, tronqué horizontalement au sommet. Stigmate terminal, petit, en mamelon. Ovaire ovoïde, très-velu, i-loculaire, 8-9-sperme : ovules pariétaux, attachés sur trois lignes, sans placenta particulier. Je 11’ai pas vu le fruit.
Localités. Cette plante est commune à l’ouest du Rio-de-S. -Francisco, dans les pâturages naturels ( campos ) de la province de Minas-Geraes , et ceux de la partie méridionale de la province de Goyaz , principalement auprès de Paracatiij de Santa-Luzia-de- Goyaz , de Meia-ponte etc. Je l’ai trouvée en fleur depuis le mois d’avril jusqu’au mois d’aout.
Usages. Les habitans du pays oii croît la plante que je viens de décrire la substituent avec succès au Cephaelis qui ne se trouve pas chez eux. Tantôt ils emploient la racine de Y lonidium Poaya sans la mélanger , et tantôt ils la mêlent au tartrate de potasse et d’antimoine , comme on fait ailleurs pour l’Ipecacuanha véritable. Mais ce n’est pas seulement comme émétique qu’on administre Y lonidium Poaya ; à d’autres doses il devient un évacuant , et 1 2 vintems guKil. o,ooo34o de sa racine purgent un adulte.
Cette plante confirme les propriétés émétiques que l’on a reconnues aux Violacées , et il est à croire qu’en faisant quelques expériences, on retrouvera ces propriétés à un degré plus ou moins
éminent dans les nombreuses espèces de cette famille que fournissent les différentes parties du Brésil.
Observations botaniques . Le genre Ionidium Vent. (Hybanthus J acq. — Pombalia Vand . — lonidium , Hybanthus , et Pombalia Gin.) présente les caractères suivans : Galice profondément 5 -partite dont les divisions ne sont ni prolongées au-dessous de leur base ni entièrement séparées. Pétales au nombre de cinq , périgynes ou plus rarement hypogynes , très-inégaux ; V inférieur plus grand , onguiculé, sans éperon, h onglet ordinairement plus large et concave a la base , rétréci au sommet. Etamines au nombre de cinq , insérées comme les pétales , et alternes avec eux : filets libres ou soudés , le plus souvent courts , quelquefois nuis : anthères aplaties , membraneuses au sommet, attachées par la base, immobiles , tournées vers le pistil, biloculaires et s’ ouvrant longitudinalement : les connectifs ou les filamens des anthères inférieurs le plus souvent bossus ou munis d’un appendice plus ou moins sensible. Style courbé , épaissi au sommet , persistant. Stigmate un peu latéral. Ovaire libre , sessile , olygosperme oupoly sperme : ovules attachés a trois placentas pariétaux. Capsule entourée du calice , des pétales et des étamines qui persistent , uniloculaire , olygosperme ou poly sperme , s’ ouvrant en trois valves étalées , plus épaissies sur le dos , portant les semences dans leur milieu. Semences petites , horizontales , ovales-globuleuses , creusées au sommet d’une chalaze orbiculaire et ridée ; quelquefois relevées d’un côté d’une ligne proéminente ( raphe) : ombilic un peu latéral , rarement tout -à -fait terminal. Tégument propre double ; l’extérieur crustacé, l’intérieur membraneux , adhérent au périsperme. Périsperme charnu. Embryon axile, droit , ayant presque la même longueur que le périsperme : cotylédons planes : radicule aboutissant presque à l’ombilic, le plus souvent obliquement et quelquefois directement .
N. B. En décrivant 1 ’ lonidium Ipecacuanha , je dirai quelles sont les raisons qui obligent de réunir les genres lonidium , Pombalia et Hybanthus. On trouvera aussi des dissertations sur les organes les plus importans des lonidium , et en général des Violacées dans la 6e livraison de mon Histoire des plantes les plus remarquables du Brésil et du Paraguay.
EXPLICATION DES FIGURES
i .Un des pétales supérieurs vu en dehors. — 2. Un des pétales intermédiaires vu en dedans. — 3. Le grand pétale vu en dedans. — Ues étamines. — 5. Calice et pistil.
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