‹ PlatonChapitre 10 sur 286 · Loc. cit., vol. V, sect. 11, pp · texte numérisé non relu

Loc. cit., vol. V, sect. 11, pp

sivement moral au point de vue scientifique : 1] y conçoit un ordre universel des choses qui est l’objet de la dialectique !. Le mot οὐσία y prend pour la première fois le

sens plus précis d'essence ὃ; l'immutabilité de cette es-

sence s’y trouve affirmée comme la condition de l'être et celle aussi de la connaissance * : ce qui constitue l’un des aspects ontologiques de la théorie des idées. Encore un pas sur la même route, et l’on arrive à leur subsistance.

D'autre part, on ne peut croire, avec Ast et Peipers, que le Cratyle soit postérieur au Phédon et au Phèdre. Vu ses marques stylistiques, 1] se situe sans conteste avant ces deux dialogues ὁ. De plus, vers la fin du Cratyle, la théorie des idées est donnée comme une hypothèse qu'il convient d'examiner plus à fond, d'établir et de développer : on y doit revenir dans la suite 5. Or le Phédon et le Phèdre sont précisément deux dialogues où cette tâche s’accomplit avec une ampleur et un éclat extraordinaires.

Certains auteurs ont cru pouvoir déterminer la position du Cratyle avec un peu plus de précision, en se fondant sur un passage de ce dialogue où il s’agirait de la fermeture des portes d’Egine f. Il leur ἃ paru que ce passage faisait allusion à la loi d’après laquelle 1] était interdit aux Athéniens de pénétrer dans cette île; et ils ont conclu de là que le Cratyle n’a pu être composé avant 387, l’année du traité d’Antalcidas. Mais rien ne justifie une telle interprétation. Outre que la phrase que l’on met en avant est

2, 8855, 386°, 388°, etc.

3. 986" : ἢ ἔχειν δοχεῖ σοι αὐτὰ αὑτῶν τινὰ βεδαιότητα τῆς οὐσίας. Ici la question est posée; la solution en est indiquée vers la fin du dialogue, 439-440“,

4. V. les règles précédemment données et le tableau de la fin du volume.

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