Cic., De nat. deor., particulièrement II, XIIL et
4. PLAT., Bang., 190° et 544. (Toutefois, il ne faudrait pas exagérer ici la portée des paroles du Banquet relatives aux dieux de la mythologie. Elles sont tirées du discours d’Aristophane. Or il est très probable que ce discours est une critique où Platon venge Socrate de la comédie des Nuées); — Phædr., 259“; — Polit., 272°.
ss « L ῳ- "Δ BE L
Ris.
ils prétendent raconter l'histoire de leur propre famille, le meilleur est de se rendre, comme le veut d’ailleurs la coutume. » La raillerie reparaît dans le Critias; et, bien que moins directe, elle n’en a pas moins de portée . « Autrefois, écrit Platon, les dieux se partageaient la terre entière, mais sans querelle. Car comment supposer que les dieux aient ignoré ce qui convient à chacun d’eux, ou que, sachant ce qui revenait aux autres, ils aient entrepris de le conquérir par la violence ?? » N'eussent-ils pas du même coup cessé d'être des dieux °?
Il ne convient pas cependant de détruire l'Olympe par sa base. Le peuple n’a pas la vue assez forte pour contempler la vérité à découvert. Il veut des symboles qui l'incarnent et la lui rendent sensible; et le meilleur, autant du moins qu’on le peut, est de lui conserver ceux dont 1] a pris une longue habitude. Il faut, au point de vue social, sauver les dieux des poètes, mais à condition de les purifier.
Les dieux ne mentent pas; ils ne se vengent pas; ils ne commettent n1 parricide ni adultère ; ils ne se marient pas non plus avec les filles des mortels. C’est une erreur aussi de croire qu'ils se déguisent en hommes et descendent au milieu de nous pour être utiles à leurs amis ou triompher de leurs ennemis. Hésiode et Homère ont profané le ciel d'indignes légendes. La Sainteté trône au séjour des bienheureux, accompagnée de la Toute-Puissance qui est son ministre; etles dieux sont trop grands pour revêtir la forme humaine : ils demeurent fixés à jamais dans l'immutabilité de leur essence très pure 1.