V. plus haut, p
3. V. plus haut p. 136. C’est la pensée qu'a reprise Leibniz. Puisque l'idée du meilleur préside à l'être, ses anéantissements n’ont qu'une limite, celle où le mal commence à l'emporter sur le bien.
ἜΡΙΑ. Tel, 170":
178 PLATON. ASE
est à ce prix. Que le sage se console d’ailleurs. Pour lui, tout finit toujours par se changer en bien!. Dieu ne saurait avoir le dessous dans la lutte : au dernier terme,
la finalité l'emporte, et la justice s’accomplit.
C'est encore la définition de Dieu qui nous permet de comprendre l'attitude de Platon à l'égard des dieux.
Les astres fixes et les planètes sont des dieux?. Ainsi de la terre; elle est même « le premier et le plus ancien de ceux qui ont pris naissance à l’intérieur du ciel » 5,
Platon parle aussi des divinités de la mythologie grecque ;et il ἃ sa manière d’en tirer parti. D'après le mythe du Phèdre, « Vesta reste seule dans le palais des immortels ; maïs les onze autres grandes divinités marchent chacune à la tête d’une tribu, dans le rang qui leur ἃ été assigné ». Et c’est Jupiter, « le chef suprême », qui « s’avance le premier, conduisant son char aïlé, ordon- ἊΝ nant et gouvernant toutes choses ». Un peu plus loin,
4 ces mêmes dieux nous apparaissent comme ayant marqué 110 l'empreinte de leurs caractères distinctifs sur les âmes Re qui composaient leur cortège. « Ceux qui ont suivi Ju- 3 k. piter, veulent trouver une âme jupitérienne dans leurs
amants »; « ceux qui ont voyagé à la suite de Junon, 1 recherchent dans un jeune homme une âme royale ». Ainsi de ceux que présidaient Apollon et les autres dieux‘.
᾿ 1. PLar., Rep., X, 6135 : οὕτως ἄρα ὑποληπτέον περὶ τοῦ διχαίου ἀνδρός, ἐάν τ᾽ Y
ΑΝ ἐν πενία γίγνηται, ἐάν τε ἐν νόσοις ἤ τινι ἄλλῳ τῶν δοχούντων χαχῶν, ὡς τούτῳ 4 à ταῦτα εἰς ἀγαθόν τι τελευτήσει ζῶντι ἢ χαὶ ἀποθανόντι; — Lois, LV, 715e- ᾿ Li 716». “3 ᾿ς, 2. Id., Rep., VI, 5083; — Lois, VII, 820°-822°; — Ibid., X, 898-899“; — &
ne Tim., 40 #4, ὺ ἯΙ 8. Id., Tim., 40°.
ἸΗ͂Ν 4. Id., Phædr., 255-253",
Ἕ, : “é € PAU NA Fr AS PT Fe
Vers le milieu du Politique, Platon nous raconte que le premier âge du monde se divise en deux périodes : celle du gouvernement de Chronos, puis celle du gouvernement de Jupiter !. Le même mythe reparait sous une autre forme au IV° livre des Lois ?. Au VIIL° livre de ce dernier dialogue, Platon veut que « chaque jour un des corps de magistrature offre un sacrifice à quelque dieu ou à quelque génie »; « qu'il y ait douze fêtes en l’honneur des douze divinités qui donnent leur nom à chaque tribu »; et « que l’on prenne bien garde de ne pas confondre le culte des dieux souterrains avec celui des dieux célestes » 5. Et « voici », nous est-il dit dans le Timée, « la généalogie de ces immortels », s’il faut en croire ceux qui les regardent comme leurs ancêtres : « Du Ciel et de la Terre naquirent l'Océan et Thétis, qui engendrèrent Phorcys, Saturne, Rhéa et plusieurs autres. De Saturne et de Rhéa sont descendus Jupiter, Junon et tous Les dieux qu'on leur donne pour frères, et enfin toute leur postérité #. » On voit aussi, dans le Critias, que Neptune, auquel était échue l'Atlantide, épousa Clito, la fille d’un mortel, et que « cinq fois son épouse le rendit père de deux jumeaux » *.
« Tout est donc plein de dieux 6. » Le monothéisme, pour Platon, se double de polythéisme. Mais comment? Où se trouve le moyen terme dans lequel se concilient deux conceptions en apparence si divergentes? A cette question, les historiens ont fait des réponses assez diverses. Voici la solution qui me semble la plus conforme à ce que l’on a vu plus haut.
. 269° et sqq.
. 7130 et sqq.
82824; — Cf. Ibid., IV, 7172, . 409-41",
. PLAT., Lois, X, 899b.
E OT À DD me
Les astres, y compris la terre, ne sont pas autre chose que « l'âme royale », en tant qu'elle réussit, dans son effort vers le Bien, à donner à ces corps une forme éternelle et parfaite ! : c'est Dieu lui-même devenu visible. Là se trouve sans doute la raison pour laquelle il arrive si souvent à Platon de dire indifféremment Dieu ou les dieux *. Α son sens, le premier de ces mots désigne la cause organisatrice du monde; et le second, les formes immortelles que cette cause revêt : ce qui est encore elle. C'est d’ailleurs cette facon de parler que l’on retrouve chez les stoïciens, dont la théologie dérive de Platon peutêtre plus encore que d’Aristote 5. Pour eux aussi, les expressions Dieu et les dieux signifient au fond la même chose considérée sous des aspects divers.
Tout autre est le sens que Platon attribue aux divinités mythologiques. En réalité, ce ne sont pour lui que des fictions. Il le fait assez voir par la liberté presque aristophanesque dont 1] use à leur endroit #; 1] le montre également par la fine ironie avec laquelle 1] en parle lui-même. « Quant aux autres dieux, dit-il dans le Timée après avoir expliqué la naissance des astres, savoir et raconter leur génération est une besogne qui nous dépasse. Il faut s’en rapporter aux récits des anciens; puisqu ils sont descendus des immortels suivant leur dire, ils connaissent sans doute leurs ancêtres. Comment d’ailleurs ne pas croire aux enfants des dieux! Leurs récits, 1l est vrai, ne paraissent pas très fondés ni même vraisemblables; mais, comme