‹ PlatonChapitre 133 sur 286 · Id., Phileb., 53° et sqq · texte numérisé non relu

Id., Phileb., 53° et sqq

ὅ. 64404, — V. aussi sur ce point, dans LurosLawski (loc. Οἷξ., p. 506), des remarques fort justes.

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ouvrage ! et au cours du Timée ?, le plaisir et la douleur se présentent sur le même plan que le désir. Platon semble avoir senti d'une manière de plus en plus forte le rôle prépondérant que joue l’affectivité dans notre existence morale : l'expérience lui ἃ donné l'impression vive de l’empire qu'exerce sur nous cette énergie profonde et mobile.

Malgré ces retouches, il n’a pas réussi à constituer une classification tout à fait rationnelle des facultés de notre âme ; et peut-être était-ce chose difficile, vu le principe dont il est parti. « Les puissances, dit-il, se distinguent par leurs objets. » Mais alors il faut que « le cœur » et « la partie rationnelle » s'identifient, au moins par un côté. Car l'un porte exclusivement sur le bien pratique, et l’autre partiellément, puisqu'on raisonne sur « le meilleur et le pire » comme sur la vérité purement spéculative. Aristote sera plus heureux en se plaçant au point de vue des formes que revêt notre activité psychologique ; il pourra, sans se contredire, relier « le vouloir » à «la partie rationnelle » et « la partie rationnelle » elle-même à « la pensée » 5.

Il est vrai que Platon ne semble pas ajouter une importance souveraine à ces questions d'ordre périphérique ; c'est du moins ce que l'on pense naturellement, à voir la manière infiniment mobile dont 1] en parle “. Il se préoccupe avant tout de la chose qu'il veut mettre en lumière; le rôle du cadre logique qu'elle comporte est de s’y ajuster : ce qui le rend souple comme la vie.

La sensation est un phénomène mixte : il y faut un

. IX, 864? : ἡδονῆς δ᾽ αὖ vai ἐπιθυμιῶν τὸ δεύτερον. . 77» : αἰσθήσεως δὲ ἡδείας nai ἀλγεινῆς μετὰ ἐπιθυμιῶν. . Eth. Nic., Z, 2, 1189", 3-15. — V. notre Arist., p. 151-154. 4. Comparer, par ex., le livre 1 des Lois (6444) et le livre IX° du même ouvrage (864°);et l'on pourra voir que, si la division trinaireest maintenue,

le θυμός et ᾿᾿ἐπιθυμία ne sont pas loin de s’embrouiller. — CF. Tim., 42#b.

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certain concours de l'âme et du corps !. Mais ce concours, Platon ἃ sa manière à lui de l'entendre, qui ne prépare en rien l'interprétation aristotélicienne. Si l’on sent à travers le corps, cenest point par lui; car il n’est de son chef qu'un système d'éléments bruts et demeure toujours tel, quoique l’on fasse. L'âme seule peut connaitre; et, par suite, l’âme seule est capable de sentir ?. Imaginez d’ailleurs que l’on voie réellement par l'œil, que l’on entende par l'ouïe et qu'il en soit de même pour les autres sensations: chacune d’elles va rester isolée dans l'organe qui l’éprouve; et l’on n'aura plus aucun moyen d'expliquer comment nous pouvons les comparer les unes aux autres, la couleur par exemple au son ou le son à l'odeur. De telles opérations supposent un principe unique qui saisisse d’une même vue toutes les qualités sensibles. Or que peut être ce principe? sinon l'âme’. L'organisme 10] n’a qu'un rôle, qui est de transmettre le choc subi. « Lorsqu'un corps facile à mouvoir reçoit une impression même légère, chaque partie la communique circulairement aux parties voisines en respectant sa nature, jusqu'à ce que le mouvement parvenu à l'intelligence l’avertisse de la puissance de l'agent » : c'est ce qui ἃ lieu pour les organes sensoriels, principalement « pour la vue et l’ouïe », où «le feu et l’air ont une très grande influence ». « Au contraire, les corps plus stables, ne produisant aucune transmission circulaire, concentrent l'affection dans la partie affectée »; « alors l’animal entier reste immobile » et la sensation ne se produit pas : « c'est ce qui arrive pour les os, [65 cheveux,

1. PLAT., Phæd., 79° : τοῦτο γάρ ἐστι τὸ διὰ τοῦ σώματος, τὸ à αἰσθήσεως σχοπεῖν τι; 7ϊ᾽ώ., 99°; — Phileb., 33°-34° : ... τὸ δὲ ἐν ἑνὶ πάθει τὴν Ψυχὴν χαὶ τὸ σῶμα κοινῇ γιγνόμενον χοινῇ καὶ χινεῖσθαι, ταύτην δ᾽ αὖ τὴν χίνησιν ὀνομάζων αἴσθησιν oùx ἀπὸ τρόπου φθέγγοι᾽ ἄν. --- ᾿Αληθέστατα λέγεις.

2. Id., Phæd., 79“. — Theæt., 184°; en ce passage, les sens sont regardés comme τὰ δι᾽ ὧν ἕχαστα αἰσθανόμεθα..., μᾶλλον ἢ οἷς; — Tim., 64e,

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