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| hommes soutiennent le pour et le contre avec une égale ardeur. Cette conséquence qui vient tout droit de son système, Protagoras se refuse à l’admettre : 1] condamne les autres philosophies au nom de « sa vérité », tant il de- | meure convaincu qu elle est la seule vraie ! Et là se trouve apparemment le motif pour lequel il fait payer ses lecons si chert,
Chose plus grave, Protagoras se met en contradiction avec les données les plus indéniables de l'expérience intime. 11 ne suffit pas, pour entendre une langue, de percevoir par l'ouïe ou la vue les signes dont elle se compose *. On ne connaît pas non plus ce que c’est qu'un objet | par le fait même que l'on en a la sensation visuelle; auτ trement, comme 1] ne tient qu'à nous de fermer un œil en : laissant l'autre ouvert, il pourrait nous arriver au même instant de savoir et de ne pas savoir une même chose: ce qui est plus qu'étrange*. Derrière chaque sensation s’éveille une énergie d'un autre ordre, et sans laquelle tout demeure à jamais incompris. La même énergie apparaît encore, et avec plus de relief, dans la perception des rapports qui s'établissent entre les qualités sensibles. Nous les comparons toutes entre elles, quel que soit l'organe dont elles dépendent. Et, grâce à cette mise en présence, nous n'y discernons pas seulement des traits de similitude et de disparité ; mais encore nous nous élevons jusqu'aux concepts du même et de l’autre, du semblable et du dissemblable, de l'être, de l’un et du plusieurs. Où se passent donc de telles opérations? Ne leur faut-il pas un principe commun, un principe qui déborde chaque sensation, et qui par là même les déborde toutes ‘? C'est ce