Id., Ibid
ct
que l'on voit d’ailleurs sous un autre jour, en passant de l’objet de la connaissance à la connaissance elle-même. 51 la science et la sensation ne font qu'un, il faudra dire que « l’on peut savoir d’une manière aiguë et d’une manière obtuse, de près et de loin, fortement et faiblement»; puisque la sensation elle-même admet ces diverses conditions. Et ce sont là autant de pièges dont 1] serait difficile de sortir, si l’on avait affaire à un disputeur habile. Car l’intellection ne comporte pas de degrés, elle est ou n’est pas; les questions d’espace et d'intensité lui restent étrangères !.
Mais c’est aux conséquences du Protagorisme qu'il faut regarder surtout, si l’on en veut sentir le vice radical. Ce système est la nézation de la politique et de la morale, pourtant si nécessaires au triomphe de la justice et par là même au bonheur de l’homme; car la sensation se borne au présent, et la politique et la morale enveloppent essentiellement l’avenir?. C’est la négation de la science ellemême, et cela pour deux raisons également foncières. La science vit de fixité; 1] n’y en a pas d’après le Protagorisme. La science suppose le principe de contradiction; et le Protagorisme l’ébranle par la racine, comme on l’a déjà νὰ 3. C’est la négation de la mémoire et par là même de la responsabilité ; vu que le souvenir postule l'identité du sujet qui se souvient et que, suivant la théorie de l’écoulement universel, chacun de nous est toujours en passe de devenir un autre“. Bien plus, Protagoras ne réussit pas même à sauver les deux phénomènes qui constituent la base fragile de sa philosophie : elle est aussi la négation de la sensation et du mouvement, qu'il considère pourtant comme inattaquables. Si tout se meut sans cesse et sous
ΠΤ IPLAT., Theët., 165".
9. 1d., Ibid., 177°-179b; — Cf. Cratyl., 38694. 3. 1d., Theæt., 170%+.