Id., Ibid., 1962-b
& Id}; S0ph:,1267,
L'erreur cependant ne saurait tout envahir: il existe au plus haut de la pensée une zone qui lui demeure inaccessible. « Souviens-toi si jamais tu t’es dit à toi-même que le beau est le laid, ou l’injuste le juste. En un mot, vois si jamais tu as entrepris de te persuader qu'une chose est une autre; ou si, tout au contraire, tu n’as jamais osé, même en dormant, te dire que certainement l'impair est le pair, ou quelque autre chose semblable ? — Non jamais !. » Il y a dans notre esprit un certain nombre d'intuitions, et par là même de principes, qui sont si simples et si fortement éclairés que nous devenons incapables de nous tromper à leur sujet.
L'empire de l'erreur est donc grand. Et comment peutil en être ainsi? Qu'est-ce donc que l'erreur?
De prime abord, elle paraît absolument impossible. Avoir une opinion fausse consiste à penser ce qui n'est pas; penser ce qui n'est pas consiste à le voir. Et comment comprendre un tel phénomène?? « Il y a là un abime de difficultés et dans tous les temps, autrefois comme aujourd'hui. » Pour que l’on puisse voir le nonêtre, il faut qu’il soit encore de quelque manière. « Or voici, mon enfant, ce que le grand Parménide nous affirmait jadis quand nous étions à ton âge, et au commencement et à la fin de ses discours, en prose et en vers :
Jamais tu ne comprendras que le non-être soit : éloigne ton esprit de cette recherche *. »
I n’y ἃ donc que des erreurs apparentes, il n’y ἃ que des erreurs nominales. C’est la conclusion qu'ont tirée les mé-