‹ PlatonChapitre 155 sur 286 · PLAT., Soph · texte numérisé non relu

PLAT., Soph

4, V. notre Aris{., p. 226-231.

bout 1, C'est encore de cet adage socralique qu'il part, au neuvième livre des Lois, pour savoir comment il con vient de graduer les peines. D’après ce passage, le vulgaire se trompe en distinguant des fautes volontaires et des fautes involontaires. Tous nos manquements, graves ou légers, sont de la seconde espèce. IL n’y ἃ que des fautes délibérées et indélibérées; et c’est sur leur degré de délibération qu'il faut mesurer le châtiment ?.

Pourquoi cette constance d’attitude? Platon ἃ toujours pensé que la science est en morale d’une efficacité souveraine. Il lui a toujours paru qu'elle nous révèle dans le bien notre propre bien; que personne, à moins d'être fou, ne fuit son intérêt; et que, par suite, « l'intelligence suffit à défendre l'homme contre toute espèce d'attaque ». Il n’a jamais cessé de croire à ces paroles du Protagoras : « La science est faite pour commander à l’homme; quiconque ἃ la connaissance du bien et du mal, ne peut être vaincu par quoi que ce soit 5.» Non point que cette connaissance triomphe toujours d’un coup, quand elle pénètre dans une âme; car elle s’y heurte le plus souvent à des habitudes qu'il faut dissoudre; mais elle a par elle-même de quoi triompher avec Le temps. Si donc l’homme tombe dans l’intempérance et l'injustice, s'il devient mauvais, c'est qu'il ignore. Or l'ignorance est contraignante par nature #; vu que l’on ne saurait vouloir ce que l’on ne sait pas. L'homme fait le mal malgré lui.

1. Lach., 194%; — Apol., 255-265; — Protag., 345° : ἐγὼ γὰρ σχεδόν τι

οἱ τὰ αἰσχρὰ χαὶ καχὰ ποιοῦντες ἄχοντες ποιοῦσι; --- Rep., III, 4185; — Soph., 2280. — Lois, V, 7315: τὰ δὲ αὖ τῶν ὅσοι ἀδικοῦσι μέν, ἰατὰ δέ, γιγνώσχειν χρὴ πρῶτον μέν, ὅτι πᾶς ὁ ἄδιχος οὐχ᾽ ἑχὼν ἄδιχος; --- Tim., 86“ : χαχὸς μὲν γὰρ

4. PLAT., Rep., II, 4139-C. — ARISTOTE, Sur 66 point, est très supérieur à son maître (V. notre Arist., p. 281).

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