‹ PlatonChapitre 161 sur 286 · PLAT., Phileb · texte numérisé non relu

PLAT., Phileb

est « le contraire » 1; et l’on comprend cette manière de dire dans sa théorie. Entre le plaisir et la douleur, il place un intermédiaire qui est un état neutre ou d’'indifférence”. Ces deux émotions sont donc deux espèces du même genre qui présentent la plus grande opposition possible : ce qui est la marque de la contrariété. Socrate, dans le Phédon, détermine assez bien ce rapport, quoiqu’en un langage de forme mythique : « Dieu, dit-il, voulut un jour réconcilier ces deux ennemis; et, comme il ne le pouvait, 1] les attacha par la tête. »

Infini de sa nature, le plaisir est du même chef intiniment mobile et varié; 1] ressemble par là au désir sensible avec lequel 1] soutient d’ailleurs un rapport d'union particulièrementintime. Aussi n’est-il pas aisé de discerner toutes les formes qu'il peut revêtir : c’est une sorte de Protée. Il faut cependant, pour en parler avec une certaine exactitude, s’y choisir quelques points de repère ; et voici comment 1] convient de prendre la question.

Si l’on se place au point de vue de la cause, on distingue trois sortes de plaisirs : ceux qui sont produits par un ébranlement corporel; ceux qui viennent à la fois de l’âme et du corps; et ceux qui viennent de l’âme seulement. Si l’on se met sous l’aspect des besoins de l’exis-

1. PLar., Phæd., 60° : on pourrait croire que Platon ne fait ici qu'exprimer l'opinion populaire... Πέφυχε [τὸ ἡδύ], dit-il, πρὸς τὸ δοκοῦν ἐναντίον εἶναι ; mais, outre que le reste du passage tend à préciser sa pensée, il l’exprime à nouveau, et d’une facon dialectique, dans la Rep. (IX, 583°) et dans le Philèbe (65°).

2. Id., Phileb., 32°-33°, 42%-43%; — Tim., 64 : τὸ δὲ ἠρέμα καὶ κατὰ σμιχρὸν ἀναίσθητον,

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