‹ PlatonChapitre 187 sur 286 · PLaT., Phileb., 64%-65°, 606-66“: — Cf. Bang · texte numérisé non relu

PLaT., Phileb., 64%-65°, 606-66“: — Cf. Bang

connaissance, elle devient la réduction de toutes nos énergies à la mesure de l’ordre. Elle enferme donc tout ce qu'il y a de « fini », c'est-à-dire de réel dans le bonheur. Par suite, le juste peut être heureux même dans la pauvreté; 1l peut l'être jusque dans la douleur, aussi longtemps qu'il y conserve la maitrise de 501] 1. Le bonheur habite le temple de l’âme : considéré dans son essence, il se ramène à la joie du bien.

En outre, puisque cette joie ne doit avoir aucun manque, puisqu'elle est comme la rive où s’apaisent tous nos désirs ?, il faut qu'elle déborde les frontières de la vie présente; car, autrement, 1l s'y mêlerait de la tristesse et nous désirerions encore quelque chose. Le bonheur n’est possible qu à condition de durer toujours. C'est la joie immortelle du bien *.

Comment cette joie se rapporte-t-elle à sa cause? L’être a-t-il une excellence intrinsèque? Ou bien ne vaut-il que par la jouissance qui en émane? C'est une question dont la réponse se trouve dans le Philèbe. « Supposez, dit Socrate dans ce dialogue, que quelqu'un possède toute la sagesse, l'intelligence, la science et la mémoire que l'on peut avoir; mais qu'il ne ressente aucun plaisir, n1 petit ni grand, ni pareillement aucune douleur ; qu'il n’éprouve absolument aucune émotion de cette nature. Voudrait-il de ce genre de vie? — Cet état, Socrate, ne me paraît pas plus digne d'envie que le premier {la vie de plaisir]; et je ne crois pas qu'il paraisse jamais tel à personne. — ... C'est donc une chose évidente que le bien ne réside pas plus dans l’un que dans l'autre #. »

1. PLAT., Rep., Il, 387° : λλα pnv χαὶ τόδε λέγομεν, ὡς ὁ τοιοῦτος [ὁ ἐπιειχὴς ἀνὴρ] μάλιστα αὐτὸς αὑτῷ αὐτάρχης πρὸς τὸ εὖ ζῆν χαὶ διαφερόντως τῶν ἄλλων ἥχιστα ἑτέρου προσδεῖται.

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