‹ PlatonChapitre 193 sur 286 · I, 631#4; XII · texte numérisé non relu

I, 631#4; XII

4. PLAT., Rep., IV, 435°-444*; VI, 504* : μνημονεύεις μέν που, ἣν à’ ἐγώ, ὅτι τριττὰ εἴδη, ψυχῆς διαστησάμενο: ξυνεδιδάζομεν δικαιοσύνης τε περὶ χαὶ σωφροσύνης χαὶ ἀνδρείας Lai σοφίας ὃ ἕχαστον εἴη.

5. Cette vertu prend, à travers les dialogues, toute une série de noms qui ne laisse pas d'être un jeu gênante. Platon l'appelle d'abord ἐπιctéun : Cest la désignation fondamentale. Il l'appelle aussi σωφροσύνη : elle porte ce nom dans le Charmide dont elle est l'objet, dans le 1“ AZcib. (133°), dans le Protag. (332*-333°), dans le Gorg. (507°-507°), les Lois (III, 696b—, IV ; 710*). C'est également la σοφία (Protag., 3305. 332%-333° ; Euthyd.., 279c°-281°; Bang., 202*; Rep., IV, 427-428). C'est enfin la φρόνησις; et il ne faudrait point croire, avec certains historiens, que celte appellation ne soit venue que sur le tard : Platon l’a employée dès le commencement. Voir sur ce point : Alcib. I, 133°, où l'on trouve à la fois les termes φρονεῖν φρόνησις et σωφροσύνη (on peut élever un doute sur φρόνησις : car le texte dont il fait partie n'est pas bien établi; mais le verbe de ce substantif, φρονεῖν, demeure); — Men., 88-89": — Phæd., 69b-c, 79%; — Rep., IV, 433"; — Lois, 1, 63104; — Tim., 90b<.

G. ARIST., Eth. nic., Z, 2, 1139"; 1-15; Zbid., 3, 1189", 14-18; Zbid., 7, 1141*, 16-20 ; 1141°, 2-22.

7. PLAT., Alcib. I, 133° ; — Euthyd., 279*-281°; — Bang., 202"; — Rep.,

Le courage est la réduction du « cœur » aux proportions voulues par l’idéal du bonheur; et la tempérance, la ré- ‘duction de « l'appétit sensible » aux proportions voulues par le même idéal.

Considérées en elles-mêmes, ces deux dernières définitions sont nettes : elles indiquent que le courage consiste à savoir souffrir et s'exposer au péril, dans la mesure où 1] le faut, comme 1] le faut!; et la tempérance à ne faire des plaisirs corporels que l’usage nécessaire. Platon, cependant, ne semble pas avoir clairement distingué les zones respectives de ces deux vertus : sa pensée, à ce sujet, présente de singulières incohérences.

Au premier livre des Lois, le courage ne consiste plus seulement à surmonter la douleur et la crainte, mais encore à résister au charme du plaisir?; et par là même 1] empiète sur le domaine de la tempérance. La réciproque est vraie d'ailleurs : la tempérance use de représailles. Platon nous dit bien, dans le Phédon, que le propre de cette vertu est de maitriser les plaisirs qui se rattachent à « l’appétit sensible » 5; mais 1l nous avertit en même temps qu'il prend ce terme dans son sens vulgaire. D'autre part, suivant le livre III° de la République, la tempérance enveloppe, avec la maîtrise des jouissances physiques, l’obéissance aux chefs de la cité : ce qui la fait partiel lement dépendre du « cœur » et par « le cœur » du cou- VI, 5054-506*; VII, 514*-518°; — Phaædr., 239» : φθονερὸν δὴ [τὸν ἐραστὴν]

ἀνάγχη εἶναι, Lai πολλῶν μὲν ἄλλων συνουσιῶν ἀπείργοντα χαὶ ὠφελίμων, ὅθεν ἂν μάλιστ᾽ ἀνὴρ γίγνοιτο, μεγάλης αἴτιον εἶναι: βλάδης, μεγίστης δὲ τῆς ὅθεν ἂν

φρονιμώτατος εἴη. Τοῦτο δὲ ἡ θεία φιλοσοφία τυγχάνει: ὄν...; — V. plus haut, Ρ. 258.

ι. Lach., 1904-198"; — Rep., IV, 429*-430°.

3. 68° : τὸ περὶ τὰς ἐπιθυμίας un ἐπτοῆσθαι, ἀλλ᾽ ὀλιγώρως ἔχειν καὶ χοσμίως.

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rage. Dans le livre IV° du même dialogue, Platon semble débuter par une définition qui limite la tempérance aux plaisirs du corps !; mais on s'apercoit bien vite qu'iln'ÿ a là qu'une illusion. D'après la suite du texte, la tempérance relève de la partie inférieure de l’âme prise en bloc, c'est-à-dire de ce principe « irrationnel » qui contient le « cœur » aussi bien que « le désir sensible » ?, C'est ce qui permet à Platon d'affirmer que la tempérance est l'harmonie de l’âme et de la cité; car, en ramenant à la mesure du bien ces deux puissances inférieures, elle y ramène aussi l'individu tout entier et par l'individu les classes sociales elles-mêmes 5,

Le concept de courage et celui de tempérance ne sont qu 'imparfaitement délimités dans l'esprit de Platon : il y reste des entrecroisements illégitimes#. Pour avoir, en cette matière, des notions rigoureusement distinctes, 1] faut attendre la venue d’Aristoteÿ.

Reste la quatrième vertu, à savoir la justice. Et comment faut-il l'entendre? ἃ quoi la rattacher, vu que l’âme n'enferme que trois puissances et que chacune d'elles ἃ déjà la vertu qui lui est propre? Nous faudra-t-1l « faire une battue, comme des chasseurs, prenant bien garde que la justice ne nous échappe par quelque issue et ne disparaisse à nos yeux »? — Non, «mon cher Glaucon »; «ce serait nous rendre aussi dignes de risée que ceux qui cherchent quelquefois ce qu’ils ont dans la main ». La justice « est ici même » et comme emprisonnée dans

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