‹ PlatonChapitre 200 sur 286 · V. notre Aristote, pp · texte numérisé non relu

V. notre Aristote, pp

de nous initier aux réalités parfaites, simples, pleines de béatitude et de calme qui se déroulaient à nos yeux dans la pureté de leur lumière, non moins purs nous-mêmes et libres de ce tombeau qu'on appelle le corps et que nous trainons avec nous comme l’huitre traine la prison qui l'enveloppe !. » « En apercevant la beauté sur la terre », celles des âmes humaines « qui sont encore pleines de ces merveilles », « se rappellent la beauté véritable, « prennent des ailes et brülent de s’envoler vers elle » ἡ. Un ami, c'est un dieu tombé qui trouve en son ami le souvenir des cieux.

L'amitié revêt aussi, dans Platon, un caractère tout particulier de tendresse et d’intime douceur : c’est comme l'aube matinale des affections chrétiennes. Au moins peut-on dire qu’elle nous apparait, sous cet aspect, en certains endroits. Qui n’a pas remarqué cette scène du Phédon, que nous représente Phédon lui-même?« J'étais assis à sa droite, à côté du lit, sur un petit siège; et lui, il était assis plus haut que moi. Me passant donc la main sur la tête, et prenant mes cheveux qui tombaient sur mes épaules (c'était sa coutume de jouer avec mes cheveux en toute occasion) : Demain, dit-il, ὃ Phédon, tu feras couper cette belle chevelure ; n'est-ce pas°? » Le trait est court; mais il semble significatif : on ne trouve

rien de pareil chez Aristote.

L'amitié joue un rôle important dans la morale et la politique platonicienne.

Depuis longtemps déjà, l'amour unisexuel sévissait dans la Grèce entière “. Platon ἃ vivement senti ce que cette

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