‹ PlatonChapitre 199 sur 286 · V. plus haut, p. 252, note · texte numérisé non relu

V. plus haut, p. 252, note

2. PLAT., Protag., 329° et sqq.; — Men., 71° et sqq.; — Politic., 306€; — Lois, XII, 963°-965°,

δ sis κα. ἃ

à Je

de démèêler toutes les causes et de tout convertir à son profit; et, par conséquent, la « bonne chance » s’identifie avec elle!. Plus tard, Platon apporte un tempérament à cette doctrine. D’après les Lors, l'homme n'obtient pas par lui-même la pleine anticipation de l'avenir; la sagesse est difficile. Mais les dieux prévoient pour ceux qui les aiment, et les conduisent du dedans? : l’inspiration, en ce qui concerne l'Eutyche*, se substitue à la sagesse de l’homme. Et la solution s'élève sans changer au fond; l'inspiration, considérée dans sa cause, c’est encore plus la science ou la sagesse.

A la justice s'ajoute l'amitié : chez les Grecs, ces deux choses allaient de pair et se complétaient l’une l’autre.

Entendue au sens large, l'amitié est une sorte de bienveillance naturelle qui rattache les individus entre eux et Les unit à la divinité. C’est de cette bienveillance que voulaient parler les sages, lorsqu'ils disaient que « le ciel et la terre, les dieux et les hommes sont reliés par des rapports de ressemblance et de sympathie » #. Tous les êtres ont la mème vie, bien qu’à des degrés divers; tous ils suivent la même loi fondamentale, qui est celle du meilleur. De là résulte comme un sentiment de fraternité qui est aussi vaste que le monde.

Entendue au sens strict, l'amitié s'oppose à l’amour sensuel : c’est une affection entre deux personnes qui « se fonde sur la vertu ». Celui qu'inspire un tel sentiment ne regarde plus qu'à l'âme de l’objet aimé. Il Le respecte

2. III, 690“: — Cf. Phædr., 244€; — Phileb., 400; — V. aussi sur ce point notre Arist., p. 371, note 1.

3. Iln'y a pas de terme francais qui corresponde rigoureusement à 1᾿ εὐτυχία des Grecs.

4. PLAT., Gorg., 507°-508%, 510"; — Bang., 1862-188° (discours d'Erymaque); — Lois, VI, 756°-757*,

et « le révère à l’égal d'un Dieu »; son désir le plus ardent est de le voir grandir en tempérance, en magnanimité, en sagesse. C'est là le spectacle inaccessible aux sens qui le ravit; et il y trouve lui-même un surplus d'énergie morale : il en devient plus fort lorsqu'il s'agit d'accomplir des actions belles et bonnes.

L'amitié suppose toujours une certaine égalité; elle ne s'établit qu'entre les personnes qui ont quelque chose de commun; c'est la raison pour laquelle il n'y en a pas des dieux au méchant ni du tyran à ses sujets. On peut dire aussi qu'elle tend à l'égalité absolue comme à son idéal, vu que l’ami parfait est « un autre nous-même »; cependant elle ne la requiert pas : l'amitié, ainsi que la justice, admet l'égalité géométrique*.

Mais ces choses-là ont été dites par Socrate d'une manière plus ou moins explicite* et traitées par Aristote avec une finesse supérieure d'analyse #. L'amitié, telle que Platon l'entend, a deux traits spéciaux qu'il convient de signaler.

D'abord, 1] y fait intervenir sa théorie de la réminiscence. « La beauté était toute brillante lorsque, mêlées au chœur bienheureux, nos âmes, à la suite de Jupiter comme les autres à la suite des autres immortels, contemplaient le plus divin des spectacles et célébraient ce que l’on peut appeler le plus saint de tous les mystères : jouissant encore de notre perfection naturelle et ignorant les maux de l'avenir, il nous était donné alors

{. PLAT., Banqg., 180°-185° (discours de Pausanias), 2082-209° ; — Rep., IL, 4038< : V, 468b; — Phædr., 338-242, 245», 249%252°; — Lois, VIII, 83724.

2. Id., Gorg., 507°-508r, 510» : φίλος von er ἑχάστῳ εἶναι ὡς οἷόν τε μάλιστα, ὅνπερ οἱ παλαιοί τε χαὶ σοφοὶ λέγουσιν, ὁ ὅμοιος τῷ ὁμοίῳ ; — Lois, IV, 72099. VI, 756-757. VIII, 8372.

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