‹ PlatonChapitre 224 sur 286 · PAST NT ON CESR EC NE. "RS · texte numérisé non relu

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du nécessaire et de procéder par degrés à leur endroit. La cure la plus douce est de les congédier avec bienveillance, « sous le prétexte honnête de fonder ailleurs une colonie ». Ensuite, on a recours à l'exil violent, et enfin à la mort, quand il le faut. Le mal qu'il convient de combattre avec cette énergie, peut d’ailleurs se produire au cours de la vie sociale, quelque soin qu'on prenne de l’éviter. Et toutes les fois qu'il se manifeste, le bien public exige que l'on y remédie de la même façon; c'est « une plaie de l’État » qui en vient avec le temps à le gangrener entièrement !.

L'épuration faite, il faut organiser les éléments qui demeurent; et Platon exprime à ce sujet deux manières de voir assez différentes, mais quis’expliquent l’une et l’autre par le système politique dont elles dépendent.

D'après la République, on discerne dans l’État trois besoins dominants : 1] faut qu'il se gouverne, qu’il se protège soit contre les ennemis du dehors soit contre ceux du dedans, et qu'il pourvoie à sa subsistance quotidienne *. A ces besoins correspondent trois classes sociales : celle des chefs ou archontes *, celle des guerriers ὁ, celle des

Jaboureurs et des artisans®. Il en va donc de l'Etat comme de l’âme humaine, qui contient aussi trois fonctions prin-

1. PLarT., Politic., 308°-309; — Lois, V, 735b-e, — Dans le Politique, Platon ne parle que de peines graves, d’exil et de mort. C’est dans les Lois qu’il introduit la gradation de contraintes dont on parle ici. Il s'est adouci en vieillissant et semble se rapprocher de nos idées actuelles sur la pénalité. — Cf. Rep., 11 372».

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