‹ PlatonChapitre 241 sur 286 · PLAT., Rep., IV · texte numérisé non relu

PLAT., Rep., IV

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ENCHERES 319

Elle le devient aussi d'une autre manière. Les riches sont ambitieux ; ils s'unissent et forment des intrigues contre l'ordre établi : ce qui constitue un danger permanent, et des plus redoutables, pour la stabilité de l'État. La misère, de son côté, n’est pas moins perverse. Le pauvre a l'âme naturellement basse et servile; il nourrit une jalousie féroce contre ceux qui possèdent. À ce double titre, il est, lui aussi, un agent de honte et de désordre : on le trouve toujours prêt à soutenir les desseins les plus mauvais, dès qu'on le paye ou qu'il y entrevoit quelque autre avantage; et, quand il devient le nombre, il trouble tout !.

La meilleure manière de prévenir ces graves inconvénients, c’est de fixer une moyenne de fortune, à égale distance de la richesse et de la pauvreté; et de faire qu'elle soit, autant que possible, Ia même pour tous. Car alors les citoyens ne seront entrainés au mal ΠῚ par les séductions du luxe n1 par les contraintes de l’indigence ; ils n’auront que peu d'envie à l’égard des autres et n’en provoqueront pas davantage autour d'eux”. C'est la simplicité dans l'égalité qui assure la noblesse de la vie et l’accord mutuel des citoyens.

Mais les moyens d'attendre cette fin ne sont pas toujours faciles à découvrir, encore moins à mettre en œuvre. Lorsqu'il est question d’un pays qui a déjà des riches et des pauvres, où 1] s’agit par là même d’abolir les dettes et de transformer la propriété, on se heurte d'ordinaire à des résistances acharnées et dangereuses. Dans ce cas, l’on ne peut « faire que de légers changements, par degrés et avec des précautions infinies »; à moins « que les riches n'aient la sagesse d'innover d’eux-

1. PLAT., Rep., IV, 4214422 ; — Lois, V, 741°, 742.743; VIIT, 831c+ ;

IX, 870%; XI, 919b<.

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