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les lois religieuses qui, par ironie peut-être, sont abandonnées aux soins d’Apollon!. Il est vrai qu’en parlant ainsi, Platon se place au point de vue de la constitution préconisée dans cet ouvrage, constitution qui n’est à ses propres yeux qu'une limite, et la plus haute, pour l’'humaine activité. Les Lois sont animées d'une confiance moins superbe. Là, l'éducation joue encore un rôle capital; mais elle n'est pas tout. On y voit édicter une série complexe de règlements, de décrets et de peines. C'est sans doute que la catégorie d'hommes auxquels Platon s'adresse en ce dialogue final n’est pas capable de s’élever jusqu'à la dialectique et par là même de subir intégralement l'influence de la sagesse.
L'économie vient à l'appui de l'éducation, afin d'établir le règne de la justice; et grand est le concours qu'elle lui apporte : la plupart des cités grecques ont péri pour n'avoir pas su résoudre le problème de la richesse. Aussi Platon en est-il préoccupé; 1] s'y attarde presque autant de fois qu’à l'éducation elle-même.
Le principe dont il faut partir en cette matière, c'est que l'excès et le manque de fortune sont deux extrêmes également nuisibles. La richesse avilit les sentiments par ce goût du lucre qu'elle inspire et qui l'accompagne presque toujours ; elle engendre à la fois l'égoïsme, la mollesse et la débauche : on y vit content d'ordinaire, « pourvu que l’on boive et mange à souhait comme un animal et qu'on rassasie sa volupté ». De plus, et du fait même de son existence, la richesse suscite des jalousies et des haines qui ne peuvent d’ailleurs que s’animer avec le temps, grâce à la morgue de ses détenteurs. Elle détruit par là l'esprit de concorde et devient une cause d’émeute.