‹ PlatonChapitre 245 sur 286 · Id., Lois, IV · texte numérisé non relu

Id., Lois, IV

3. Id., 1bid., VII, 7884», 793%; Cf. Ibid., V, 730". 4. 1d., Ibid., VI, 773°.

ne déborde sur les places publiques !? La moralité, en pareille matière, n'est-elle pas nécessairement abandonnée à la droiture des individus et à l'éducation ?

Même dans la zone qui lui revient, la loi est loin de pouvoir tout assouplir à ses formules. Les actions humaines sont variées à l'infini; et par suite, si bien qu'on l'institue, elle ne s'applique jamais d'une manière exacte à tous les cas qui se produisent : il y faut sans cesse Le secours de la raison pour en tempérer la rigueur et la réconcilier avec le réel. C’est d'autant plus nécessaire que la vie change à tout moment. Elle change d’elle-même ; car la conscience d'un peuple évolue ?. Elle change aussi, et brusquement parfois, sous l'influence des événements extérieurs : une guerre, une famine, une peste, un dérangement prolongé des saisons, autant de surprises qui suffisent à mettre un gouvernement aux abois ?.

Bien plus, la loi, au moment même où elle s’élabore, se trouve aux prises avec un milieu spécial qui en fixe l'esprit et lui assigne des bornes. On ne légifère pas dans l’abstrait; on légifère pour un peuple donné. Et les peuples ne se ressemblent pas : leurs idées et leurs mœurs varient avec le ciel, la chaleur, les eaux, la nature des aliments, la structure et l'exposition du sol ὁ, Par exemple, le trait dominant des Thraces et des Scythes est la vaillance; celui des Grecs, la passion du savoir; celui des Phéniciens et des Égyptiens, l'amour du lucre ὃ. Impossible, à coup sûr, qu'un législateur digne de ce nom ne tienne pas compte de divergences aussi profondes. Son œuvre na de chances de suc-

. PLarT., Lois, VIII, 811».

. Id., Politic:, 294°-295°.

. Id, Lois, IV, 709°<.

. Id., Lois, V, 7474.

. Id., Rep., IV, 435°-436.

CO à Ο D μὰ

cès qu'autant qu'elle s'en inspire et s’y laisse guider!. Une loi une fois arrêtée, 1ls’agit d'en obtenir le respect. Et le vrai moyen d'y réussir n'est pas d’insister d’abord, selon l’usage des tyrans, sur la peine qui l'accompagne et la sanctionne ; il faut avant tout la faire aimer, en donnant avec bienveillance les motifs qui la fondent. Il convient de lui mettre un prélude, comme aux airs qu’on joue sur la cithare; les citoyens y trouvent alors le charme exquis de la raison et sont disposés par là même à l’accueillir docilement *. La peine, bien que moins agréable de sa nature, doit revêtir un caractère analogue. Il n’y faut aucune trace de vengeance, ni d’expiation, ce qui n’est encore qu'une forme déguisée de la vengeance; elle a pour règle la justice divine, qui est tout entière tournée vers l'avenir et ne châtie que dans la mesure du nécessaire #. Mais bientôt l'esprit d’absolutisme l'emporte à nouveau sur le respect de l'individu, et toujours en vertu de la même logique : 1] faut que l’ordre règne et que par suite rien n'échappe à l'État. La dénonciation est permise, elle est recommandée, elle constitue la marque distinctive du parfait citoyen; 11] est vrai que, pour être légitime, elle ne doit avoir d’autres mobiles que le zèle de la justice et de la 101 ὁ. Au lieu et place de la délation, Aristote recommande une sorte de police secrète ὅ: et cette autre idée est plus juste, bien que le sens moral souffre déjà de la nécessité d'une pareille institution.

Une autre nécessité, c'est la guerre. Elle s'impose à deux titres. Il se peut que l’on s’y voie contraint du dehors par les agressions des cités ou nations ambiantes. 1]

ΠΡ Ron ΠῚ 55.11.9. CE Ibid, ΝΕ 491"

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