Rep., N, 460%; — Lois, V
damnés de la vie sociale, « la mort est le seul remède » : « les juges et les magistrats qui emploieront à propos cette dernière ressource, ne pourront que s'acquérir les éloges de toute la cité »!. On sera un peu moins dur envers ceux dont les infirmités physiques sont inguérissables. Mais on ne leur prodiguera pas les secours d’Esculape : le meilleur est de les abandonner à leur sort et de les laisser mourir : car leur chétive existence a perdu sa signification et pour eux-mêmes et pour l'avenir de la cité”. Aux yeux de la raison, qui est la règle de toutes choses, les forts seuls ont droit à la vie. Paroles bien sévères, mais qui ne laissent pas d’avoir un fond de vérité. Prévenir la souffrance est encore mieux que de la soulager après l'avoir fait naître ; et c’est par une sorte d'épuration continue de la race que l’on y réussit. Nietzsché n a pas tort de tous points quand 1] proteste contre la manière dont les sociétés chrétiennes ont pratiqué jusqu'ici la vertu de charité; 1] y faut moins de pitié pour l'individu et plus d’égards à l'endroit de l'espèce : 1l y faut plus de discipline.
L'amitié est l'âme de l'organisme social. Pour l’entretenir et l’affermir, il faut instituer des fêtes religieuses, des jeux, des danses, des exercices militaires et des banquets. Les citoyens auront ainsi l’occasion de se connaître, de sympathiser entre eux et de nouer des relations amicales : ils formeront à la longue comme une seule et même famille #. Les banquets ont une importance spéciale; car, outre qu'ils permettent aux citoyens de prendre contact, 115 peuvent, à certaines conditions, de-