Id., Rep., II
3. V. un de nos articles intitulé: La polilique d'Aristole et les Queslions d'aujourd'hui (Revue de l'Institut catholique, juillet-août 1903).
4. PLAT., Lois, VI, 771°-772*; VII, 7955 et sqq., 814°-817°; VIII, 828"- 881», 835a-b,
venir un principe d'éducation morale. Qu'on organise ces réjouissances publiques, que l’on en confie la présidence à des chefs expérimentés; et les convives y trouveront dans l’action de boire avec mesure l'habitude mème de la sobriétéf.
Mais la garantie la plus forte de la stabilité politique est à coup sûr de ne rien changer aux lois une fois admises?. Ce principe, Platon le maintient constamment avec une force singulière. Il ne faut jamais toucher aux lois religieuses : elles relèvent d’Apollon et son autorité doit suffire*. Quant aux autres, il convient de les élaborer avec la plus grande prudence, et même d’y faire des emprunts aux constitutions étrangères, quand la chose parait utile. Mais, lorsqu'elles ont été dûment formulées et votées, le salut de l'État demande qu'on les tienne à jamais pour immuables *. Et cette sévérité ne se borne pas aux choses essentielles ; elle enveloppe tout, depuisla division du territoire, en passant par les règles de l’art, jusqu'aux divertissements publics des enfants : 1] faut, dès l’âge le plus tendre, apprendre aux citoyens à ne pas innover dans leur conduite. L'Égypte, si rigoureusement respectueuse de ses vieilles traditions, voilà le modèle à suivre. Ce n’est pas, assurément, que l’on puisse considérer la loi comme un idéal. Mais, en pratique, elle est la clef de voûte de l'ordre; et sa force réside principalement
1. PLar., Lois, 1, 635° et sqq., 6391-641%, 648-650»; IT, 665°-668?. Platon oublie peut-être ici qu'il y a des plaisirs dont on ne triomphe que par la fuite; mais il faut tenir compte aussi des garanties exterieures dont 1] entoure l'expérience par lui recommandée : c’est sous la direction d’un chef que le buveur apprend en buvant à résister au plaisir de boire, comme on résiste à la peur du danger.