Id., Ibid
3. Id., Phædr., 249%-c, 265° ; — Rep., VI, 507”; X, 596° ; — Theæt., 146°-148%, 1755, 186-b: — Soph., 226°, 253%; — Politic., 258°, 28500; — Phileb., 160 : δεῖν οὖν ἡμᾶς τούτων οὕτω διαχεχοσμημένων ἀεὶ μίαν ἰδέαν περὶ παντὸς
ἑκάστοτε θεμένους ζητεῖν εὑρήσειν γὰρ ἐνοῦσαν...; — Lois, XII, 9659 : Ἂρ᾽ οὖν ἀχριθεστέρα σχέψις θέα τ᾽ ἂν περὶ ὁτουοῦν ὁτῳοῦν γίγνοιτο ἢ τὸ πρὸς μίαν ἰδέαν ἐχ τῶν πολλῶν nai ἀνομοίων δυνατὸν εἶναι βλέπειν ; ---ἴσως --- οὐκ ἴσως, ἀλλ᾽
ὄντως; ὦ δαιμόνιε, ταύτης οὐκ ἔστι σαφεστέρα μέθοδος ἀνθρώπων οὐδενί. 4. V. notre Aristote, p. 235.
nous en rendre compte ; qui nous apprendra, par exemple, pourquoi telle mâchoire appelle telle nuque, tels reins et telles griffes? Leibniz disait que nous sommes empiriques aux trois quarts de nos actions, on peut ajouter que nous le sommes aussi aux trois quarts de nos jugements f.
Le résultat de l'induction une fois acquis, la question est d'en pénétrer le contenu, de démèler un à un les éléments qu’il enveloppe, comme on fait les fils d’un écheveau; autrement, l’on demeure dans le confus, et la science vit de distinction. Cette anatomie logique s’appelle l’analyse ?. Ainsi l’analyse est en un sens l'inverse de l'induction : au lieu d'aller du multiple à l’un, elle va de l’un au multiple*.
Cette seconde opération est délicate # et suppose un certain nombre de règles.
Π faut d'abord qu'elle soit conforme à la nature des choses. Les idées ne sont pas unies d’une manière quelconque ; elles s’articulent entre elles comme les membres d’un organisme : c'est à leurs points d'attache, et là seulement, qu'il convient de faire des divisions. Tout autre procédé ressemble au travail d’un cuisinier maladroit qui manque la jointure et gâche sa marchandise °.
De plus, l’analyse doit être exhaustive. D’une idée une fois fournie l’on tire deux ou trois autres idées; de chacune de ces dernières deux ou trois autres encore : ainsi de
1. V. C. Prat, L'idée ou Critique du Kantisme, p. 59, Poussielgue, Paris, 1900.
3. PLAT., Phædr., 270%; — exemples d'analyse : Soph., 219°%-221°, 2219- 2230, 223°-224%, 225%-226*, 226°-2311; Politic., 258%-267%, 2792 et sqq.; Phileb.,17° et sqq.
4. Id., Politic., 262°-263°. On sent, dans tout ce passage qui porte sur le fond même de l'analyse, que Platon a conscience de la difficulté que présente cette opération logique.
5. Id., Phædr., 265°-266? : τὸ πάλιν nat’ εἴδη δύνασθαι τέμνειν, κατ᾽ ἄρθρα, ἡ πέφυχε, HA μὴ ἐπιχειρεῖν χαταγνύναι μέρος μιηδέν, χαχοῦ μαγείρου τρόπῳ χρώμενον, etc — Phileb., 164-172.
LA MÉTHODE. μϑ
suite, jusqu’à ce que l’on se trouve en présence d'éléments qui ne se divisent plus, qui soient absolument simples f. Et le meilleur moyen de conduire à bon terme ce travail d’épuisement, c’est d'employer la division par deux, ou dichotomie; l’expérience montre qu’elle s'adapte d’ordinaire à la structure des choses : la nature est amie de la dualité 2. Supposez, par exemple, qu'il s'agisse du pouvoir royal, on distingue d’abord deux sortes de sciences, dont l’une est spéculative et l’autre pratique. Dans la science spéculative, on discerne à nouveau la science critique et la science épitactique; dans cette dernière ellemême, la science hétéro-épitactique et la science autoépitactique. De même pour le reste, aussi longtemps qu'il y a matière à distinction. Puis, on reprend chacun des termes de la série un moment négligés, pour lui faire subir à son tour une épreuve analogue *.
Au cours de cette sorte de dissection, se présentent deux dangers contre lesquels 1] est bon de se prémunir.
Le premier est de prendre pour une partie indivisible ce qui n'est enccre qu'un tout plus ou moins complexe. Imaginez que quelqu'un, après avoir mis de côté l’espèce humaine, vienne à ranger dans une seule catégorie tous les autres êtres vivants, sous prétexte qu’ils n’ont pas la raison : il risquerait fort de faire comme celui qui croirait bien diviser les nombres en deux espèces, dont l’une serait dix mille et l’autre le reste des unités groupées sous un
1. PLAT., Phædr., 2704, 277 : πρὶν ἄν τις τό τε ἀληθὲς ἑκάστων εἰδῇ περὶ ὧν λέγει ἢ γράφει, κατ᾽ αὐτό τε πᾶν ὁρίζεσθαι δυνατὸς γένηται, ὁρισάμενός τε πάλιν χατ’ εἴδη μέχρι τοῦ ἀτμήτου τέμνειν ἐπιστηθῇ. — Soph., 258%; --- Politic., 262°-263°; — Phileb., 16-172 : ἐὰν οὖν μεταλάδωμεν, μετὰ μίαν δύο, εἴ πως εἰσί, σκοπεῖν, εἰ δὲ μή, τρεῖς à τινα ἄλλον ἀριθμόν, καὶ τῶν ἕν ἐχείνων ἕχαστον πάλιν ὡσαύτως, μέχρι περ ἂν τὸ var’ ἀρχὰς ἕν μὴ ὅτι ἕν καὶ πολλὰ val ἄπειρά ἐστι μόνον ἴδῃ τις, ἀλλὰ χαὶ ὁπόσα.
2. Id., Polilic., 262" : Ἀλλὰ γάρ, ὦ φίλε, λεπτουργεῖν οὐχ ἀσφαλές, διὰ μέσων δὲ ἀσφαλέστερον ἰέναι τέμνοντας... ; — 1bid., 265*, 287“.