‹ PlatonChapitre 45 sur 286 · PLAT., Rep., VI, 487b-<c · texte numérisé non relu

PLAT., Rep., VI, 487b-<c

où l'on s'exerce à trouver le pourquoi des choses : on la développe par l'emploi de la dialectique. Telle est la doctrine du Lachès, du Charmide, du Premier Alcibiade , du Protagoras?; telle est la doctrine du Ménon lui-même : j'en donne pour preuve la fine ironie avec laquelle Platon conclut, dans ce dialogue, que, si la vertu ne s’enseigne pas, il n'y ἃ plus qu’à en faire une sorte d’instinct tel que celui des devins et des prophètes ὃ, tel que celui d'Euthyphron.

Avec le Banquet s’accuse une autre manière de voir. L'artiste succède au rationaliste et la dialectique de la pensée se double d'une dialectique de l'amour. La passion nous apparait ici comme un obstacle à l'ascension de l'intelligence ; il s’agit de la redresser en la tournant par degrés de l’apparent au réel. Pour y réussir, on part de cette émotion sensuelle que suscite en nous la vue d’un beau corps; on contracte ainsi l'amour de la beauté physique, c'est-à-dire de cet idéal de l’organisme quin'’est que le rayonnement extérieur de la pensée et que les Phidias

1. V. surtout 124b<, 128e-129*, 138“, — Les critiques on élevé des difficultés sur l'authenticité de ce dialogue (V. Cu. Huir, Loc. cût., IE, p. 220-223); il nous parait plus raisonnable de la maintenir. Il se rattache aux dialogues apologétiques, comme l’Apologie, le Criton, le Lachès, le Charmide : Platon y réfute l'accusation d'après laquelle Socrate aurait perverti Alcibiade et qui se produisit après le départ des Trente sous la nouvelle démocratie. De plus, la définition de la sagesse qui est donnée à la page 133° : τὸ δὲ γΥιγνώσχειν αὑτὸν ὁμολογοῦμεν σωφροσύνην εἶναι, paraît bien répondre à la promesse faite dans le Charmide (169%) : αὖθις δὲ ἐπισχεψόμεθα, εἴθ᾽ οὕτως ἔχει, εἴτε μή. Le Charmide écarte les fausses définitions; l’Alcibiade 1 apporte la vraie.

D'autre part, les objections qu’on fait valoir ne sont pas très fortes. Les indices d’inexpérience et de raideur qu'on relève dans l’Alcibiade (125* et sqq., 1282<, 1345) tiennent sans doute à ce que Platon ‘était encore jeune lorsqu'il composa ce petit dialogue. Quant à la théorie de l'identité de l'âme et de l'homme (129° et sqq.), elle est plutôt une preuve en faveur de l'authenticité ; car elle se retrouve dans d’autres dialogues qui sont sûrement de Platon (Phæd., 115°-<; Lois, XII, 959%4).

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