‹ PlatonChapitre 44 sur 286 · Id., Ibid. :... τάχα δ᾽ ἂν χαὶ ἄλλοσε παραφερόμενοι · texte numérisé non relu

Id., Ibid. :... τάχα δ᾽ ἂν χαὶ ἄλλοσε παραφερόμενοι

6. 1d., Ibid. : ... ἴσως μὲν ἀληθοῦς τινος ἐφαπτόμενοι ; --- Lois, IT, 6803,

7. Id., Phæd., 114% : τοῦτο καὶ πρέπειν μοι δοχεῖ χαὶ ἄξιον κινδυνεῦσαι οἰομένῳ οὕτως ἔχειν.

BRUT PEER) ui"!

LA MÉTHODE. δῦ

c'est la traduction humaine de l'irréprésentable 1.

Sitelle est la fonction du mythe, on discerne quelle place il occupe, au point de vue de la rigueur, dans l’ordre des procédés qui composent la méthode. Il vient après la dialectique et l'analyse qui ne portent que sur des idées, après l'induction qui nous élève du sensible à l’intelligible, après l'expérience elle-même qui est comme le marche-pied de la raison. Mais avec l'expérience, il soutient un rapport de parenté intime ; et de l’une à l’autre le passage est le plus souvent insensible, vu que la sensation renferme toujours un fond d’impénétrabilité quine se laisse pas réduire en formules distinctes et précises. C’est ce que Platon lui-même nous fait entendre dans le Timée, au cours de sa description des phénomènes physiques : « Il ne serait pas difficile, dit-il, de décrire encore d’autres faits de cette nature, en continuant à créer des mythes vraisemblables?. »

Aïnsi s’étagent les degrés de la méthode platonicienne. Bien que déjà puissante, surtout en métaphysique, elle présente des lacunes visibles et sur lesquelles il est inutile d’insister. Platon ne l’en croyait pas moins complète et

1. PLAT., Phædr., 246% : περὶ δὲ τῆς ἰδέας αὐτῆς (ἀθανασίας) ὥδε λεκτέον " οἷον μέν ἐστι, πάντῃ πάντως θείας εἶναι χαὶ μαχρᾶς διηγήσεως, ᾧ δὲ ἔοιχεν, ἀνθρωπίνης τε χαὶ ἐλάττονος. Ταύτῃ οὖν λέγωμεν. --- V. aussi, sur ce point et les précédents, Tim., 29b-d:... ἀλλ᾽ ἐὰν ἄρα μηδενὸς ἧττον παρεχώμεθα εἰχότας [λόγους], ἀγαπᾶν χρή, μεμνημένον, ὡς 6 λέγων ἐγὼ ὑμεῖς τε οἱ χριταὶ φύσιν ἀνϑρωπίνην ἔχομεν, ὥστε περὶ τούτων τὸν εἰχότα μῦθον ἀποδεχομένους πρέπει τούτου μηδὲν ἔτι πέρα ζητεῖν; — 1bid., 59c-4, 724, 90e, --- Voir sur le sens des mythes : DeusCuLe, Plat. Sprachphil., pp. 31-32, 38-44, Marburg, 1852; SUSEMIHL, Die Genelische entwikel. d. Plat. Phil., 1, 283-285, Leipzig, 1855-1860 ; Steinhart, Plat. Sämmitliche werke, VI, 73, Leipzig, 1850-1866; ZELLER, loc. cit., 582, note 1; CoururarT, De platonicis mythis, Paris, Alcan, 1896: Id., Revue de Mét. et de mor., vol. IV, suppl., p. 11, 1896; V. BrocHaARD, Les Mythes dans la phil. de Plat. (Année philos. 1900, p. 1 et sqq.).

souveraine : elle lui inspirait une confiance qui allait jusqu’à l'enthousiasme et qui s'est maintenue durant sa vie tout entière. Il déclare, dans le Phèdre, que c'est là l'objet de son amour et que, lorsqu'il rencontre quelqu'un qui soit à même d'exercer un tel art, il s'attache à ses pas, comme si c'était un dieu‘. Elle lui apparaît, dans le Sophiste, comme « la science des hommes libres »?; et1l affirme, en un autre endroit du même dia- ?

logue, que personne « ne se glorifiera jamais d’avoir échappé aux investigations de celui qui sait découvrir en chaque chose le particulier et l’universel 3 ». « Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de voie plus belle, nous dit-1l vers le commencement du Phrlèbe..; c'est un présent que les dieux ont fait aux hommes ἡ. » Et la même pensée se retrouve au XIF livre des Lois. Là aussi, la méthode nous est représentée, et sur un ton de certitude plus ferme que jamais, comme le plus lumineux et le plus rigoureux des moyens de recherche : elle est encore le procédé par excellence, l’art divin5. Ce n’est pas qu'il en méconnaisse les dangers®; il va même jusqu’à dire qu'il s’y est pipé lui-même à différentes reprises. Mais ni ces risques ni ces accidents ne diminuent la force de sa conviction : 11 garde jusqu'au dernier soupir la virginité de sa croyance; bien plus, il ne fait que s’y affermir avec les années.

. 16b<; V. aussi 57°-58*.

. 965“ : ἀχριδεστέρα σχέψις θέα ve... οὐχ ἴσως, ἀλλ᾽ ὄντως, ὦ δαιμόνιε, ταύτης

6. PLAT., Phileb., 1656 : ἣν δηλῶσαι μὲν οὐ πάνυ γαλεπόν, χρῆσθαι δὲ παγχάλεπον.

7. Id., 1bid. : πο)λλάχις δὲ με ἤδη διαφυγοῦσα ἔρημον χαὶ ἄπορον χατέστησε. - Ε. Horn (Zur Philebosfrage, in Archiv für Geschichle der Philosophie, vol. IX, p. 292, Berlin, 1896) pense qu'il y a dans le Philèbe des indices de mépris pour la dialectique; voir de la sorte, c'est prendre l'accidentel pour

le principal : ce qui domine, dans ce dialogue, c'est à coup sûr l'apologie de la dialectique.

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« Sans doute, répondit Adimante, personne, ὃ Socrate, ne saurait opposer une réplique à tes discours. Mais voici à peu près ce que l’on éprouve en entendant raisonner de la sorte. On s’imagine que, faute d'être versé dans l’art d'interroger et de répondre, on se fourvoye un peu dans chaque question : de telle sorte que la somme de ces petites déviations fait à la longue éclater une grosse erreur, toute contraire à ce que l’on croyait d’abord. Au trictrac, les bons joueurs finissent par bloquer les joueurs inhabiles et les réduisent à ne savoir quel dé amener. Il en est de même de cet autre jeu où tu manies, non les dés, mais le discours : le dénouement, c’est que l’on s’y voit emprisonné et condamné au silence. Mais la vérité n’y gagne rien!. » Le péril de la méthode tant vantée, c'est de tourner à l’éristique, de faire des vainqueurs et des vaincus sans que la question débattue en avance d'une ligne. Mais ce péril, Platon ne paraît pas l'avoir prévu dès les premières années de sa carrière philosophique.

Il défend d’abord la pensée de Socrate. A son dire, la science nous fait connaître notre véritable intérêt. Par suite, elle exerce toujours un charme dominateur : son empire est irrésistible. Si le sage se laisse parfois séduire à ses passions, c’est qu'il s’ignore encore de quelque manière, c’est que la lumière ne l’a pas pénétré jusqu’au fond. Et quel moyen de faire entrer la science dans les esprits? L'enseignement raisonné, l'induction et l'analyse. Moraliser l’homme, c’est développer sa raison et la rendre adulte; or l’on développe sa raison, dans la mesure

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