PLAT., Rep., VII, 518c-e
sir, l'intérêt et les intrigues et dont le regard se montre si aiguisé, toutes les fois qu'il s’agit du succès d’une affaire ἢ. Mais cet οἱ] de notre pensée, nous ne le tournons pas à « l'être ». Ce sont ses apparences qui nous captivent, c'est son ombre qui devient l'objet de nos désirs*; et de là tout un ensemble de passions, d’habitudes, de soucis et de troubles qui nous rendent indifférents ou hostiles à la cause de la vérité ?.
Ces attaches avilissantes, ces « poids » qui arrêtent notre essor naturel : voilà donc ce qu'il importe de détruire d'abord, si l'on veut faire de la dialectique avec profiti. « L'être » ne se révèle pas à celui qui est encore divisé ; 1l faut aller à lui « de toute son âme »°. Or ce travail d’extirpation et de redressement ne peut être que le résultat d'une thérapeutique austère, qui s'impose dès l'enfance et finit par plier l’automatef. En outre, lorsque l'âge et l'éducation nous ont rendus capables de regarder le « bien » en face, il convient d'assurer de plus en plus le calme des passions et de méditer sans relâche sur l’éternelle et divine vérité. Car c'est à force de s’en nourrir, c'est à force de la vivre et par la pensée et par l’action, qu’on lui devient semblable et comme identiques.
1 Pat ep; ὙΠῚ 519": ἵ