‹ PlatonChapitre 86 sur 286 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

De plus, il est nécessaire que ce sujet universel, par le fait qu'il doit recevoir toutes les formes, n’en possède lui-même aucune ; car, s’il en avait une qui lui fût propre, il deviendrait inapte à revêtir les autres. Il n’est donc «ni de la terre, ni de l’air, ni du feu, ni de l’eau, ni rien de ce que ces corps servent à composer, ni aucun des éléments dont ils sont eux-mêmes sortis »; tout ce qu’on en peut dire, c’est qu'il est «un certain être invisible, amorphe, qui contient toutes choses dans son sein » !. « Ceux qui composent des parfums s'appliquent d’abord à priver de toute odeur la liqueur qu'ils veulent parfumer ; et quand on se propose de faconner une substance molle, on commence par effacer toutes ses saillies : on la polit de manière à la rendre le plus unie possible ?. » C’est là l'image de la matière : 1] faut que, « pour être apte à recevoir, dans toute son étendue, descopies de tous les êtres éternels », elle perde elle-même toute détermination.

Absolument informe en son fond, la matière se meut de toute éternité. Car imaginez, avec le philosophe de Clazomène, qu'il y ait eu d’abord un état de repos absolu , jamais le mouvement n'aurait pu se produire. Antérieurement à la formation du ciel, « la nourrice du monde, humectée et enflammée, recevait déjà les formes de la terre et de l’air, subissait toutes les modifications qui s'y rapportent et apparaissait ainsi sous mille aspects di- Mers”. »

1. PLAT., Tüm., 51% : .. ἀλλ’ ἀνόρατον εἶδός τι χ χὶ ἄμορφον, πανδεχές...

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