‹ PlatonChapitre 87 sur 286 · Id., Ibid., 50e · texte numérisé non relu

Id., Ibid., 50e

3. J'emploie ici le terme de « matière » pour la commodité de l'exposition. Platon ne l’a jamais pris en ce sens. Le seul passage de ses écrits où le mot ὕλη ait une signification approchante est la page 54° du Philèbe. Encore est-on loin, dans cet endroit, de l’üxn d’Aristote.

4. PLaT., Tèm., 51%... Au fond, la théorie du πανδεχὲς de Platon est la même que celle d’Aristote (V. notre Aristote, p. 27, note 2).

5. Id., Ibid., 52%. Que le mouvement, εἰ sic, soit éternel, c’est une conclu-

sion qui ressort également du Phèdre (245°=). Si Platon, dans ce passage, affirme l'éternité de l'âme, c’est pour expliquer l'éternité du mouvement. La

Ce mouvement de la matière n’a de son chef ni trêve pi repos. À ne considérer que « le réceptacle » de la nature, tout s'écoule sans cesse, excepté lui-même : de telle sorte que, si le monde n’'enferme d'autre principe que celui-là, on ne peut dire d'aucune chose qu'elle a telle ou telle qualité; car, au moment même où l’on affirme qu'elle est ceci, elle a déjà changé, elle est devenue différente!. « Imaginons que l'on fasse prendre toutes les formes possibles à un lingot d’or, et de telle manière qu'il n'y ait aucun arrèt dans leur succession. Si quelqu'un, montrant l’une de ces formes, venait à demander ce qu'elle est, on serait sûr de dire la vérité en répondant que c'est de l’or. Mais on ne pourrait affirmer, comme si cette forme existait réellement, qu'elle est un triangle ou toute autre figure; vu que cette figure disparait au moment même où l’on en parle. Si donc l’on répondait pour éviter toute erreur : c’est quelque chose de semblable, il faudrait s’en tenir là. Ainsi du principe qui recoit tous les corps en lui-même : 1] convient de le désigner toujours par le même nom; car il ne change jamais de nature *. » Mais, par ailleurs, il varie sans relâche et n’a de permanent que son devenir ; si bien qu'on n'en peut rien affirmer.

De même que le mouvement de la matière ne subit pas d'arrêt, il ne comporte non plus aucune espèce de mesure. Le chaud et le froid, le sec et l’humide, le doux et le fort, le lent et le rapide ne trouvent jamais de « terme », aussi longtemps qu'ils sont abandonnés au caprice de leur mobile essence : tout y croit et décroit indéfiniment, au gré des impulsions extérieures”. De là,

question de l'éternité du mouvement se présente sous un autre jour, lorsqu'il s’agit des changements rythiniques, conformes « aux idées et aux nombres » ; et l'on verra plus loin ce qu'il en faut penser.

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