INTRODUCTION
Serait-il vrai qu'en ce temps d'activés et audacieuses recherches- le plus souvent couronnées de succès, quand le passé, comme le phénix, semble renaître de sa cendre avec tout le cortège de ses institutions, de ses coutumes, de ses mœurs, de ses civilisations, la philosophie, qui ne manque pourtant ni de vaillants explorateurs ni de monuments authentiques et en assez bon état de conservation, n'a pu parvenir encore à connaître au juste la doctrine de Platon, à déterminer le sens exact et la valeur réelle de cette fameuse théorie des idées, une des conceptions de l'esprit humain les plus justement vantées? Quand cela serait, il n'en faudrait éprouver ni dépit ni découragement. Outre que la pensée sera toujours à elle-même son plus mystérieux objet d'études, une des causes qui ont le plus contribué sans doute à rendre difficile l'interprétation de la doctrine platonicienne, c'est l'abus que l'on a fait en