‹ Platon et Plotin: étude sur deux théories philosophiquesChapitre 7 sur 24 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

dommage se substituer à celle du chef de FAcadémie. Platon, c'est la raison. même gouvernant une brillante imagination; Plotin, au contraire, c'est une brillante imagination gouvernant la raison. Or il est des temps où, par une contradiction bien surprenante, on accepte au nom de la raison le mystère que l'on repoussait sous le couvert de la foi. D'un autre côté, il ne faut rien moins que le génie d'un Plotin pour rendre tolérable un système dont l'imagination fait presque tous les frais. L'imitation, qui ne peut guère en pareille matière se défendre de Tengouement, court risque d'aboutir promptement aux rêveries extravagantes, à une sorte de pathos philosophique dont l'art consiste à dissimuler le vide et l'incohérence des idées sous l'enflure du style, sous les formules laborieuses et incompréhensibles. Puissent ces craintes trop vivement senties peut-être, sincèrement exprimées, excuser quelques hardis coups de pioche donnés dans le sol sacré de la Grèce et de l'Orient ! L'ouvrier maladroit qui défonce un coin de terre met parfois à nu quelques débris précieux d'un autre âge. Le numismate arrive, l'antiquaire aussi; tous deux recueillent pieusement ces richesses et les placent à l'abri de toute nouvelle atteinte.

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