PREFACE
Le droit moderne a de profondes racines dans les .civilisations disparues. Un lien puissant unit toutes les législations de l'Histoire. Leur étude révèle le développement progressif du sentiment juridique de l'Humanité et le ‘fonds permanent par où le passé et le présent s'unissent dans une aspiration toujours plus fervente vers le bien. Mais la règle du juste varie dans son application avec les temps et.les lieux et c'est ainsi que nous sont révélées, à côté de ce fonds commun loujours en progrès malgré les * éelipses de certaines périodes, les variations . propres à chaque peuple, la physionomie juridique de chaque civilisation. C'est ainsi que l'étude de toutes-les législations serait l'étude même de l'humanité.
Pour le jurisconsulte penché sur les anciens âges, c'est la comparaison des éléments communs du droit ancien et du droit moderne qui a le plus d'attrail ; c'est de celle comparaison qu'il tirera.les enseignements les plus pré-
EieUX.
Mais pourquoi, parmi tant de législations disparues avons-nous choisi le droit hellénique comme objet de celle étude ? D'autres civilisations ‘plus anciennes ont laissé des monuments juridiques considérables. Le droit hindou et le droit mosaïque, par exemple, offrent un passionnant intérêt. Mais cette législation orientale nous apparaît comme empreinte d'un caractère religieux qui la différencie trop de nos conceptions actuelles. Ses lors sont divines plus qu'humaines et leur intérêt en est diminué pour le jurisconsulte. 4
Par ailleurs, le droit romain, ce monument colossal dont les dispositions forment encore les assises du droit
moderne, présente dans sa forme primitive un caractère pratique et utilitaire, reflet des mœurs positives de l'ancienne Rome, qui semble peu fait pour séduire le chercheur épris d'idéal.
Nous avons voulu reposer notre esprit au contact d'une civilisation plus brillante et plus artistique. Nous n'y trouverons pas une législation aussi complète, des détours aussi ingénieux, des créalions aussi pratiques que chez les rudes habitants du Latium. Mais peut-être découvrirons-nous dans ces premiers efforts de la raison humaine quelques-uns des principes élevés, quelques-unes des idées supérieures dont s'enorgueillit notre droit moderne.
A la vérité aucun monument de cette législation n'est parvenu inilact jusqu'à nous. Les coutumes recueillies sous forme. de chants populaires se transmettaient ainsi de génération en généralion. Les lois et les chants avaient
reçu le même nom,véyet: « les anciens ont appelé du‘nom