‹ Platon [microform]Chapitre 113 sur 287 · Loc. cil., p · texte numérisé non relu

Loc. cil., p

On allègue d’abord les livres VIet VII dela République. Et d’après ces livres, il est vrai, l’idée du bien nous apparait comme « la partie la plus brillante de l'être! »; elle se situe au-dessus de la science et de la vérité, au-dessus des essences elles-mêmes? ; « elle est la cause de tout ce qu'il y a de bon et de beau » : c’est elle « qui, dans le mondeinvisible, produit la vérité et l'intelligence ; c’est elle aussi « qui, dans le monde visible, produit la lumière et l’astre dont elle émane » 3. Mais on ne voit nulle part, dans ces passages, que l’idée du Bien soit identifiée avec Dieu. Platon ne le dit pas; il ne le fait pas entendre non plus; et l'on n’est point fondé à le conclure des termes qu'il emploie : ce serait pervertir sa pensée. Sans doute, d’après sa doc-

trine, le Bien ne produit pas seulement les essences;

il concourt aussi à la génération des existences : 1] est la cause exemplaire de la nature. On peut même dire en un sens qu'il est la première et la plus profonde de ses causes éfficientes. Car rien n'existe que par le Bien : l'être, ses déterminations immuables et le devenir lui-même ne sont qu’en vertu d’une exigence dynamique de l’idée du meilleur“. C’est là une pensée dont 1] faut se pénétrer une bonne fois pour toutes, si l’on veut entendre la métaphysique des « intelligibles ». Mais l’on se hâte plus que de mesure, quand on infère de cette double causalité du Bien qu’il est Dieu lui-même. Dieu, d’après Platon, est toujours et partout l'organisateur du monde et celui qui lui conserve son éternelle jeunesse; c’est la cause immédiate de la nature, le principe auquel est directement suspendue la chaîne des mouvements cosmiques; et ce principe, il le représente comme un être qui « se meut

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