‹ Platon [microform]Chapitre 120 sur 287 · PLATON. DIEU · texte numérisé non relu

PLATON. DIEU

Platon? On a des raisons solides de le conclure. C'est ce qui un être « inférieur et dérivé », suivant l'expression de M. V. Brochard !; il tient d'un principe supérieur et son

existence et ses attributs et la règle éternelle de ses ac-

résulte de l'esprit du Philèbe et du dixième livre des Lois ;

c'est ce que le Timée suppose plus nettement encore. Ce

teur des dieux, et les dieux eux-mêmes comme les auteurs cette dépendance. Le « bien » est la forme des « idées » ;

. . ὁ Ὃ . ù Sais à Je FE : 2 ᾽ A

des âmes particulières : ce qui indique assez clairement à leur tour, les « idées » et la Pensée ne font qu'un; et que tout se ramène à l'unité d’une seule et même cause. l’âme divine elle-même n’est que l’activité de la Pensée. Platon a d’ailleurs sur ce sujet des expressions significati- Toutes ces choses ne sont que les aspects divers de la ves : à son sens, Dieu est «celui quia engendré le monde », souveraine perfection : de telle sorte qu'il a suffi aux

« le gouverneur du Tout » et « notre roi »!; vers la fin du théologiens catholiques de faire une coupure radicale

Critias, il l'appelle « le Zeus des dieux? ». Et cette ma- entre l'être et le devenir proprement dit, pour christia-

nière de dire est parfaitement conforme aux idées domi- niser le Dieu du philosophe grec : supposez la création ; nantes de sa cosmologie. D’après lui, le monde est unique ; et « le Démiurge » devient la cause des causes, la sub-

d'autre part, il doit être aussi le meilleur possible. Or, stance éternelle et parfaite.

qu'y a-t-il de meilleur pour un tout? C’est de n'avoir La seconde question est plus complexe : elle comprend qu’un chef. « La polya rchie n’est pas bonne, écrira plus les rapports de Dieu avec les âmes particulières, avec les tard Aristote en se servant des paroles d'Homère ; qu'il corps et l’ensemble des choses. n'y ait qu'un gouverneur ὃ,» Cette formule traduit aussi D’après le Philèbe, 11 existe une âme cosmique dont la pensée de Platon. les âmes particulières procèdent par voie d’émanation; et cette doctrine n’a été rapportée ni dans le dixième livre

des Lois où Platon n’en parle pas, ni dans le Timée qui

La notion de Dieu que l’on a formulée, nous permet

ΤΑΣ A fu et GE Re pie Dé διε

pr oi A RAT CN CAN FR de MRPENS φλέ, = EL AL UN δασοακφιυτ Tr + TN, ᾿ FETE ὩΣ μὰ ΜΡ ᾿ : κι, ἢ μος τὰ ΡΣ Pr : x

également de déterminer les relations qu'il soutient soit avec les « idées », soit avec le monde.

En tant que pensée, Dieu procède du « bien » parallèlement aux « idées » : à cet égard, il en est, ainsi qu'elles, l'effet direct et immanent. Comme âme, il procède à la fois de la pensée elle-même et des « idées »{. C’est donc

Page 1