Id., Rep., VIH
semble de déterminations éternelles et parfaites? Pourquoi se prolonge-t-1l en une « âme royale », qui n’a déjà plus la même excellence? Pourquoi cette âme elle-même compose-t-elle le monde de manière à ce qu'il ait le plus de diversité possible dans son unité? Ce qui fait éclore le mal sous toutes ses formes. Voilà ce qu'il faut dire en fin de compte; et Platon l'a vu : c'est pour répondre à ce problème fondamental qu'il introduit son « idée du bien ». « D'où vient, dit Bossuet, que quelque chose est et qu'il ne se peut pas faire que 16 rien soit, si ce n'est parce que l'être vaut mieux que le rien!...? » Telle est la pensée qu'a eue Platon tout le premier et que l’évêque de Meaux ne fait que redire en sa belle langue. Le bien est l'ultime raison de l'être et de ses modalités : sil existe, si la perfection s'épanouit à son sommet, s'il se dégrade ensuite en se multipliant, c'est qu'ainsi l'exige l'idée du meilleur. Et du moment que l’on voit les choses sous un tel jour, le bien n'apparaît plus seulement comme une cause exemplaire; il préside à toutes les déterminations de l'être : il est la première et la plus élevée des causes efficientes. Par là, Platon touche d'assez près à Hégel.
Par ailleurs, il est encore plus près d’Aristote, qui lui a pris le meilleur de sa substance. Il existe, il est vrai, des différences notables entre ces deux philosophes, même au point de vue où nous sommes placés ici. Platon tient pour « séparés » et la pensée et les intelligibles. Au regard d’Aristote, il n’y a plus que la pensée qui le soit; les intelligibles deviennent des « puissances » de la matière. De plus, pour Platon, l'âme du monde est « Dieu » lui-même. D’après Aristote, elle n'est plus que « queique chose de divin »: il la conçoit en outre comme identique