‹ Platon [microform]Chapitre 129 sur 287 · PLAT., Lois · texte numérisé non relu

PLAT., Lois

quelles ils aient passé au cours de l'histoire du monde, ces génies bienfaisants ont toujours exercé la même fonction principale ; c'est par eux que nous communiquons avec la divinité, et à l’état de veille, et dans le sommeil : ils sont les intermédiaires de Dieu et des hommes 1, Aussi faut-1l leur faire une place d'honneur dans la cité : on leur doit des sacrifices *.

Qu'y a-t-il de philosophique en cette description ? Platon lui-même prend soin de nous le faire entendre dans une page célèbre du Timée. Le « démon » réside en chacun de nous et constitue le principe le plus noble de notre nature; c’est la partie divine de notre âme : c’est notre raison elle-même. Par suite, c'est également, et au sens plein du mot. l'homme où la raison, à force de méditer les choses :mmortelles, a définitivement établi le règne de la justice. Ainsi le mythisme domine partout dans cet ordre de matière; mais aussi n'est-il vain nulle part : partout 1 garde quelque valeur réelle.

On peut voir maintenant à quoi se résume la philosophie première de Platon.

Il a recours à trois principes pour expliquer l’ensemble des choses : une cause exemplaire qui est le « fini », ou, οἱ l'on veut, le monde des idées; une cause matérielle qui est « l'infini »; une cause efficiente directe qui est l'âme du monde et qu'il appelle Dieu. La dernière de ces causes faconne la seconde à l'image de la première ; de là résulte l’harmonieuse et mobile nature. Mais tout n’est pas expliqué par ces trois principes; et, en conséquence, rien ne l'est. D'où vient que l'être revêt un en-

1. PLAT., Bang. 202-203? ; — Phædr., 247", 259b-d, 2. Id., Rep., VII, 540°; — Lois, IV, 717".

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