‹ Platon [microform]Chapitre 170 sur 287 · PLarT., Phileb · texte numérisé non relu

PLarT., Phileb

2. Id., Rep., IX, 584; — Cf. Hipp. maj., 297°-298*, 303%. 3. Id., Phileb., 51%,

. Id., Rep., VII, 5302-5310; — Cf. Phileb., 56* (il ne s’agit ici que de la musique appliquée). — 11 n’y avait pour Platon, comme pour les autres Grecs, que deux sortes de musique : celle qui, s'adressant aux sens, n'est qu'une caresse de l’ouïe; et celle qui s'adresse à la pensée, en y provoquant la claire vue des proportions mathématiques sur lesquelles se fonde cette science. La musique, de nos jours, a pris une troisième forme : elle tend à susciter en nous une sorte « d'autre nous-même », qui sommeille au fond de notre être sous l’amas des habitudes « créées par la routine de l'existence »; son but est

dialectique surtout, cette reine de la pensée, qui se meut uniquement dans l’absolu, sont autant de sources de jo1es

toujours pures, toujours réglées sur leur objet, d'où la

souffrance et le mensonge sont éternellement bannis ‘. Pourquoi? Parce que il n y ἃ que « du réel » dans la cause qui les suscite; et nous touchons ici à l’idée qui commande toute la théorie platonicienne du plaisir.

Plus l'être s'élève, plus il tend à se distinguer de tout ce qui n’est pas lui, plus il devient « pur » : 1l ne reste que du blanc dans le Blanc ὅ, de la vertu dans la Vertu et du beau dans le Beau. De même, plus l’être s'élève, plus il tend à combler en lui toute espèce de manque, plus il devient « réel ». D'autre part, à mesure que l'être gagne en pureté et en réalité, il se traduit davantage en plaisirs qui présentent les mêmes caractères “. Mais à quoi se réduit la pureté de l'être? à sa réalité elle-même : elle n’en est qu'un autre nom. Car devenir pleinement réel, c'est recevoir à fond la forme du Bien; et recevoir à fond la forme du Bien, c’est supprimer en soi-même toute espèce de mélange en y supprimant toute puissance, c'est se distinguer entièrement de « l'autre ». Voilà, nous semble-t-il, le fond du sujet; et dès lors on voit surgir en pleine lumière une idée qui se déguise sans cesse à travers les méandres des dialogues. Il n’y a, d’après Platon, que deux espèces de plaisirs : ceux qui sont réels et ceux qui ne le sont pas. C’est la grande distinction de l'être et du devenir qui reparaît, partout dominatrice et toujours fé-

conde.

de traduire cet inconnu, non en définitions, mais en émotions. Ainsi ont fait Wagner et César Franck (V. ABBÉ LAFONTAINE, Le plaisir d'après Platon et Aristote, p. 141, Alcan, Paris, 1902 ; SPENLÉ, Novalis, p. 159-169, Paris, 1903).

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