PLar., Phileb., 64°-65*, 65*-66°; — Cf, Bang
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connaissance, elle devient la réduction de toutes nos énergies à la mesure de l’ordre. Elle enferme donc tout ce qu'il y a de « fini », c’est-à-dire de réel dans le bonheur. Par suite, le juste peut être heureux même dans la pauvreté; il peut l'être jusque dans la douleur, aussi longtemps qu'il y conserve la maitrise de soi !. Le bonheur habite le temple de l’âme : considéré dans son essence, 1l se ramène à la joie du bien.
En outre, puisque cette joie ne doitavoir aucun manque, puisqu'elle est comme la rive où s’apaisent tous nos désirs *, il faut qu’elle déborde les frontières de la vie présente; car, autrement, il sy mêlerait de la tristesse et nous désirerions encore quelque chose. Le bonheur n'est possible qu'à condition de durer toujours. C'est la joie immortelle du bien *.
Comment cette joie se rapporte-t-elle à sa cause? L'être a-t-il une excellence intrinsèque? Ou bien ne vaut-il que par la jouissance qui en émane? C'est une question dont la réponse se trouve dans le Philèbe. « Supposez, dit Socrate dans ce dialogue, que quelqu'un possède toute la sagesse, l'intelligence, la science et la mémoire que l'on peut avoir; mais qu'il ne ressente aucun plaisir, ni petit ni grand, ni pareïillement aucune douleur; qu'il n'éprouve absolument aucune émotion de cette nature. Voudrait-il de ce genre de vie? — Cet état, Socrate, ne me paraît pas plus digne d’envie que le premier la vie de plaisir]; et 16 ne crois pas qu'il paraisse jamais tel à personne. — … C'est done une chose évidente que le bien ne réside pas plus dans l’un que dans l’autre *. »
1. PLar., Rep., II, 387° : ᾿Αλλὰ μὴν χαὶ τόδε λέγομεν, ὡς ὁ τοιοῦτος [ὁ ἐπιειχὴς ἀνὴρ] μάλιστα αὐτὸς αὑτῷ αὐτάρχης πρὸς τὸ εὖ ζῆν καὶ διαφερόντως τῶν ἄλλων ἥχιστα ἑτέρου προσδεῖται.