‹ Platon [microform]Chapitre 241 sur 287 · Id., Lois, VII, 813°%-814° ; Cf. Ibid · texte numérisé non relu

Id., Lois, VII, 813°%-814° ; Cf. Ibid

de l'État. Le bien public demande que les femmes exercent les mêmes fonctions et reçoivent par suite la même éducation que les hommes. Ce qui est sans doute un autre point où Platon, à force de vouloir l'ordre et la puissance dans l’ordre, pèche visiblement contre la na-

ture.

Quels que soient le degré de l’enseignement et les sujets auxquels il est destiné, il relève uniquement de l’'E-

tat. IL est donné dans des écoles publiques, par des professeurs publics, d'après un programme et des stages légalement définis; et c'est là un ensemble d'exigences auxquelles personne n’a le droit de se soustraire. En matière d'éducation, rien n’est abandonné à l'initiative individuelle 3. Système légitime : vu la supériorité des intérèts que représente l'État. l'enfant lui appartient encore plus qu’à ses propres parents *. Système nécessaire aussi: car il faut, dans un peuple, une certaine unité d'esprit et de vues : c’est une condition d'obéissance aux lois et de concorde entre les citoyens. Or cette sorte d'uniformité fondamentale ne peut être garantie que par l’uniformité de l'éducation, laquelle, à son tour, ne peut avoir son principe que dans l’autorité centrale. Le monopole de l’État en matière d'enseignement est un corollaire du concept même de société.

Quels fruits peut donner un tel système d'éducation? Platon s’est posé le problème; et, naturellement, il l’a résolu de la facon la plus optimiste. D'après la République, l'union de la dialectique et de la chorée assure à peu près infailliblement le respect de la justice : les lois humaines deviennent inutiles ; on ne laisse subsister que

. Puar., Lois., VII, 806° ; 1, 6380,

. Id., Rep., 11, 376° et sqq.; — VI, 502" et 5644. ; — Lois, VII, 804°, 810". 3. 1d., Lois, VII, 804°.

. Id., Ibid., 788.

les lois religieuses qui, par ironie peut-être, sont abandonnées aux soins d’Apollon!. Il est vrai qu’en parlant ainsi, Platon se place au point de vue de la constitution préconisée dans cet ouvrage, constitution qui n'est à ses propres yeux qu'une limite, et la plus haute, pour l'humaine activité. Les Lois sont animées d’une confiance moins superbe. Là, l'éducation joue encore un rôle capital; mais elle n’est pas tout. On y voit édicter une série complexe de règlements, de décrets et de peines. C'est sans doute que la catégorie d'hommes auxquels Platon s'adresse en ce dialogue final n’est pas capable de s’élever jusqu'à la dialectique et par là même de subir intégralement l'influence de la sagesse.

L'économie vient à l'appui de l'éducation, afin d'établir le règne de la justice; et grand est le concours qu elle lui apporte : la plupart des cités grecques ont péri pour n'avoir pas su résoudre le problème de la richesse. Aussi Platon en est-il préoccupé; il s’y attarde presque autant de fois qu’à l’éducation elle-même.

Le principe dont il faut partir en cette matière, c'est que l'excès et le manque de fortune sont deux extrêmes également nuisibles. La richesse avilit les sentiments par ce goût du lucre qu'elle inspire et qui l'accompagne presque toujours ; elle engendre à la fois l'égoïsme, la mollesse et la débauche : on y vit content d'ordinaire, « pourvu que l’on boive et mange à souhait comme un animal et qu'on rassasie sa volupté ». De plus, et du fait même de son existence, la richesse suscite des jalousies et des haines qui ne peuvent d’ailleurs que s'animer avec le temps, grâce à la morgue de ses détenteurs. Elle détruit par là l'esprit de concorde et devient une cause d'émeute.

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