PLarT., Lois, IT, 663°-664°; VIII, 838r
dividu par l'État, l'égalité des biens et sa fixité, la défense pour les chefs de faire du commerce et de l’agriculture et pour tout le monde d'avoir chez soi de l'or ou de l'argent, la vie de caserne, la communauté des femmes et leur éducation entièrement virile, l'usage des banquets, le respect des vieillards par les jeunes gens : autant de traits de la cité platonicienne qui rappellent de plus ou moins près la constitution des Spartiates. Les deux points où s’accuse le plus de divergence sont la communauté et l'éducation des femmes. Encore présentent-ils une véritable analogie : chez les Spartiates, on pouvait prêter sa femme à son voisin et la gymnastique existait déjà pour les jeunes filles. ΠῚ n’est pas malaisé non plus de reconnaitre dans la conception politique de Platon certaines traces d'influence orientale. L'Égypte en particulier, dont il blâme pourtant l'esprit commercial, le fascine par ce sens pratique et ce respect de la tradition qui faisaient la meilleure partie de sa force. Cest à son admiration pour ce pays qu'il convient de rapporter sa théorie de la fixité des lois, autant et peut-être plus
qu'à ses goûts aristocratiques et à l’histoire de la démo-
cratie athénienne.
On n’a là, d’ailleurs, que les principales sources aux-
quelles a puisé Platon. Il dit lui-même qu'il a visité nombre de villes et étudié une foule de constitutions; il n'hésite pas à se prévaloir de sa grande expérience en matière de politique !. On le croit sans peine, quand on ἃ lu ses ouvrages, particulièrement les Lois. 11 connaït, au moins à sa manière, l’histoire de la vieille Grèce et celle des Perses ?. Il nous parle tour à tour de Thèbes, de Milet, de Tarente, de Syracuse, de Locres, de Thurium, de Carthage; il fait allusion aux mœurs des Scythes, des Thraces, des