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mème nom !. Et peut-être mériterait-il qu’on lui tint à peu près ce langage : « 0 le plus brave des hommes, une grue procéderait comme toi, si elle avait à distribuer les rangs. Par respect pour son espèce, elle l'opposerait au reste des vivants et confondrait tous les autres êtres, y Compris l'homme, en une seule et même classe qui serait sans doute à ses yeux celle des bêtes *. »
Le second danger est de regarder comme essentiel ou spécifique ce qui nest qu’accidentel 3, Par exemple, en analysant le concept de piété, on trouve que l’un de ses caractères est d’être aimée des dieux. Mais on se tromperait, on deviendrait ridicule comme Euthyphron, en affirmant que ce caractère constitue le fond même de cette vertu. Il n’est qu'un effet de son essence; Car la question est de savoir pourquoi la piété est aimée des immortels *.
Nous sommes ici bien près de Descartes. Sommes-nous aussi près d’Aristote? Platon a-t-il eu quelque idée du syllogisme? On ne le voit pas, si l’on en juge par ses écrits. L’unique témoignage à l’aide duquel on le puisse soutenir est un passage du Philèbe, où Platon se plaint de ce que les philosophes passent trop brusquement soit de l’un à l'infini soit de l'infini à l’un. « Les milieux leur
LA MÉTHODE. k5
L'induction nous conduit à des reliquats de traits communs, qui constituent l'essence des choses! : elle donne des définitions. Ilen va de même pour l'analyse : au terme d’un effort plus ou moins long, elle nous découvre un caractère ou bien une somme de caractères qui suffit à former une différence spécifique; et, par là, elle distingue son objet de tout ce qui n’est pas lui ?. C'est ainsi, par exemple, qu'onarrive à savoir ce que c'estque le sophiste, en quoi consistent l’art du tisserand et la science royale. D'autre part, les définitions se rangent par ordres et constituent les diverses sciences : à savoir l’arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique.
Mais aucune de ces sciences ne s'explique par ellemême: la raison nous oblige à les dépasser.
Elles excitent déjà notre intelligence à s'élever encore plus haut. L’arithméticien s'aperçoit que l’un et le plusieurs se trouvent réalisés dans les mêmes individus; et cette opposition provoque la curiosité de son esprit. Il découvre en outre, au-dessus des unités sensibles, d'autres unités qui sont absolument égales, qui ne présentent plus aucune différence, qu’il ne peut voir des yeux de son corps; et il se demande ce que signifie ce spectacle tout intérieur #. Impossible au géomètre de formuler une seule de ses propositions, sans observer par là même qu’elle
échappent, dit-il, τὰ δὲ μέσα χὐτοὺς ἐχφεύγει". Mais il est assez
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clair par le contexte qu'ils’agit ici des termes de l'analyse, déborde ce qui naît et meurt et porte sur des réalités
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et non du « moyen terme ». Laissons donc au disciple sa
gloire, comme au maitre la sienne. 1. PLaT., Euthyphr., 5, 64e; — Men., 72, 76%; — Theæt., 146-148“. Partout. le résultat de l’induction est donné comme une définition.
2. Id., Theæt., 208b-4 : τὸ δὲ δὴ τρίτον τί λέγεις : — ὅπερ ἂν οἱ πολλοὶ εἴποιεν, 1, Par. Ροϊζιίις., 262%