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On la conçoit nécessairement comme réalisable à l'infini. dans tous les temps et tous les lieux; on ne comprend pas qu’elle puisse cesser de l'être. Elle contient donc un fond d’éternité. Et, Si elle est éternelle, 1] faut du même coup qu'elle 5 it immuable et parfaite : c’est cette beauté par excellence qui ne naît pas et ne périt pas non plus, qui ne connaît n1 croissance ni diminution, qui n’est point belle d’un côté et laide de l’autre. belle en comparaison de ceci et laide en comparaison de cela; mais qui, existant en elle-même et par elle-même, égale éternellement son propre idéal et n’en est que l'acte exhaustiff. On peut raisonner d’une manière analogue au sujet de la bonté, de la justice, de l'égalité, de l'inégalité et des autres notions qui S'éveillent en nous au contact de l’expérience : leur rôle n’est pas de symboliser l'absolu ; elles l’enferment*. Non seulement nous concluons les idées; mais encore nous les vovons : elles sont aussi intimement présentes à notre esprit qu'il l’est à lui-même; et quoi que nous pensions, c'est toujours et nécessairement cela et par cela.
A la définition des idées se rattache un certain nombre de caractères dont il faut faire la déduction.
D'après le philosophe d'Amsterdam, les idées ne sont pas des universaux; à chaque individu correspond un possible qui constitue son essence et fonde son immortalité : tel est, du moins, l’un des aspects dominants de la théorie spinoziste de la connaissance. On ne trouve rien de pareil dans celle de Platon. Au sens de Platon, chaque