I. 203-248, Alcan, Paris
BRANDIS, 5. PLAT. Phæd.. 75°: PRE Ù UE = es 49 . ..- περί ATAVTUWV οἷς ἐπισφρ νι ANR
gations. C'est ce qu Aristote ἃ bien remarqué ; et il 16 fait observer à plusieurs reprises Î. “ie | Cependant, Platon ne parait pas avoir enselgne jusqu au bout l'extension des idées à tout le domaine de la logique. On a déjà vu que, vers ses dernières années, il se mit à dire que les nombres ne peuvent être des idées, vu que chacun d’eux à une définition qui lui est propre. Il finit en outre par soutenir que les produits de l'art n'ont pins idée que celle qui réside dans l'intelligence de l'artiste ἣν Si l’on en croit Xénocrate, il serait même allé plus loin dans la voie des concessions : d'après cet auteur, les :dées de Platon « ne seraient que la cause exemplaire de ce qu’il y a de perpétuel et de constant dans la nature ἊΣ Aristote était là: et c’est probablement sous son influence, non par l'unique effet de la réflexion, que s’est opérée cette série de changements : le maïtre cédait parfois aux
objections du disciple.
Si l'on prend le catalogue des idées tel que Platon l'entendait aux jours de la plus brillante efflorescence de son génie, que devient cette immutabilité, cette invariabilité absolue qu'il leur prête à chaque instant et que suppose la science? C'est un sujet qu’il faut traiter en le divisant.
Il y a des idées qui sont entièrement immuables, telles que celles du bien, du beau, du juste; ce sont là comme es étoiles fixes du monde intelligible. IL y en ἃ d'autres
1. Arisr.. Met. À, 9. 990", 11-27; Ibid., M, 4, 10795,7-24 :... τ ὃν où μόνον περὶ τὰς οὐσίας ἀλλὰ καὶ κατὰ μὴ οὐσιῶν ἔσται ; 39 et 566. --- V. notre Aristote, p. 32.
9. Arist.. Met., À, 3, 1070*, 17-20 : ἀλλ᾽ εἴπερ, ἐπὶ τῶν φύσει. Δι χαχῶς ὃ Πλάτων ἔφη ὅτι εἴδη ἐστὶν ὁπόσα φύσει, εἴπει ἐστὶν εἴδη ἄλλα
οἷον πῦρ. σάρξ, χεφαλή: 1bid., 13-15.
τῶν χατὰ φύσιν. ἀεὶ συνεστώτων (PROCL. Oper... τὴ Parmenid., 133, éd.
Cousin. Paris. 1820-1827).
qui, conservant la fixité de leur essence, se meuvent relativement au reste, à peu près comme ces corpuscules insécables dont parle Démocrite : de ce nombre sont les idées des planètes. Enfin, il est une troisième catégorie d'idées qui sont par essence de véritables mouvements; car c’est encore du mouvement que le mouvement en soi, c'est un aspect du mouvement que la vitesse et la lenteur subsistantes. Et, dans ce dernier cas, que reste-t-il d’éternellement identique à soi-même? Une simple relation, qui est la proportion mathématique d’après laquelle se fait le mouvement. Ici, nous sommes très près de la notion de loi telle que l’entendent les modernes !.
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Conduite à ce point, la philosophie des idées est une sorte d'atomisme. Mais l’atomisme, quelque forme qu'il revète, ne peut être que l’une des étapes que traverse la pensée dans son ascension vers l’inconditionnel : la multiplicité n’est pas le dernier mot des choses.
Les Ioniens admettent deux principes, le chaud et le
froid; c'est de ces deux éléments qu'ils font sortir, par
voie d'agrégation et de séparation, l’ensemble des phénomènes qui constituent la nature ?. D’après Empédocle, il
- ! - a: 3 τῶν τοιούτων ἔχειν, τῶν δὲ ἀληθινῶν βραδυτὴς ἐν τῷ ἀληθινῷ ἀριθμῷ xai
1. PLAT., Rep., VII, 529“ : ὧδε, ἦν δ᾽ ἐγώ, ταῦτα μὲν τὰ ἐν τῷ οὐρανῷ χίλματα, ἐπείπε ριθέ πολὺ ἐνδεῖν, ἃς τὸ ὃν τάχος χαὶ ἡ οὖσα πᾶσι τοῖς ἀληθέσι σχήμασι φοράς τε πρὸς δὴ λόγῳ μὲν καὶ διανοίᾳ ληπτά, ὄψει δ᾽ οὔ.
11 y a véritablement, au gré de Platon, un ciel intelligible, qui a ses astres et ses mouvements; mais où tout obéit sans défaillance aux lois de la plus
exacte proportion et qui, parce qu'il est intelligible, ne peut étre connu que
de l'intelligence : ἃ δὴ λόγῳ μὲν χαὶ διανοίᾳ ληπτά, ὄψει δ᾽ οὖ; — Cf. ARIST.. Met., 997},
2. Id., Soph., 2425, 2483"; --- Cf. Cratyl., 402", 411°, 4124. 440“. — Theæt., 180a-d,
existe, à l’origine, quatre corps simples : la terre, l'eau, l'air et le feu: ils sont actionnés du dedans par l'amour et la haine. Et de là résulte une alternative éternelle où les choses vont de l’un au multiple, puis du multiple à l’un, suivant que domine l'antipathie ou l'amitié 1. Démocrite en est pour l’infinité du nombre des atomes et par là
même pour l'infinité des mondes *. |
Toutes ces hypothèses laissent le problème à demi ré solu.
Qu'est-ce d’abord que le chaud et le froid? Qu'est-ce que le sec et l’humide, qui résultent, dit-on, du chaud et du froid? En quoi consistent ces unions et séparations auxquelles ont recours la plupart des physiciens pour expliquer la machine cosmique? « Ce sont là des choses que j'entendais clairement dans ma jeunesse, du moins comme il me paraissait à moi-même et aux autres; mais, maintenant, ces belles explications m'ont tellement aveuglé que j'en ai désappris ce que je croyais savoir sur plusieurs points, comme celui-ci, par exemple : d’où vient que l'homme croit 3? » Les éléments physiques et leurs rapports ont un fond « d’infini » qui échappe aux prises de la pensée; et, par suite, tout homme qui cherche en eux l'explication scientifique de l'univers, est condamné d'avance à l’insuccès : ἢ] 56 bat contre l’inintelligible. De plus, le chaud et le froid ne font deux qu’en apparence et comme à leur surface. Il faut bien qu'ils soient réels l’un et l'autre; il
1. PLarT., Soph., 242°-243*; — Tim... 48", 490 et 544. (En ces passages, Platon
englobe dans sa physique les 4 principes matériels inventés par Empédocle). -
9. Id. Tim., 5504 : ἃ δή τις εἰ πάντα λογιζόμενος ἐμμελῶς ἀποροῖ πότερον ἀπείρους χρὴ κόσμους εἶναι λέγειν ἢ πέρας ἔχοντας, τὸ μὲν ἀπείρους ἡγήσαιτ᾽ ἂν ὄντως ἀπείρου τινὸς εἶναι δόγμα ὧν ἔμπειρον χρεὼν εἶναι... Il est assez clair que, dans ce texte, il s'agit de Démocrite ; et il y est traité avec une fine et dédaigneuse ironie. On ne voit pas par ailleurs que Platon se soit formellement occupé de ce philosophe. Consulter sur ce point STALLBAUM, t. VIT, p. 231; ED. Zeuuer, Loc. cit., 399, note 2.
3. Id., Phæd., 96" etsqq.; — Soph., 248"; — Lois, X, 889°-890*.
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faut qu'ils contiennent de l'être; autrement, ils n'existeraient d'aucune manière. Mais, 5115 contiennent de l'être, ils sont un dans la mesure même où ils en contiennent ; vu que ce qui est un pour la pensée, l'est par là même en soi, l’idée n'étant que la notion adéquatement connue !. Et ce raisonnement garde sa valeur, quelque nombre de principes que l’on mette en avant, quand même on les multiplierait à l'infini, comme l’a fait le philosophe d'Abdère. Car les prémisses sur lesquelles il se fonde sont absolues : tout ce qui existe enveloppe de l'être ; tout ce qui enveloppe de l'être se ramène à l'unité par quelque endroit.
Faudra-t-il donc se rabattre sur la théorie d’Elée et redire à l'infini, avec les disciples de Parménide : ΠΥ a l’un, rien de plus?? C’est là un autre extrème et qui, comme tel, ne satisfait pas non plus la pensée.
Les idées sont les formes de l'être; et lesidées sont multiples. On l’a déjà fait voir; et il convient de s'y tenir. On peut montrer en outre que la philosophie de l'unité absolue n’est pas moins insoutenable que celle de la multiplicité. I] suffit, pour y réussir, de regarder aux acceptions diverses dont « l’un » est susceptible.
Si l’un n’est pas du tout, c'est le néant; par suite, 1] devient impossible de le penser ou d’en affirmer quoi que ce soit 3. Si l’un est de quelque manière, il y a lui et l'être : ce qui fait deux: et l’on sort de la théorie en question par cette théorie elle-même ὁ. Si l’un est le tout, ce tout que Parménide se représentait « semblable à une sphère bien arrondie », « du centre projetant des rayons égaux